dimanche 14 juillet 2024

Flavia Pennetta : « Caroline Garcia doit montrer encore plus »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

De notre envoyé spécial Porte d’Auteuil

Quand certaines anciennes gloires du tennis mondial évoquent le nom de Caroline Garcia, elles peuvent admettre un passage difficile actuel pour la Lyonnaise. Mais elles sont unanimes sur son talent exceptionnel.

On a quitté Caroline Garcia (5eme) à Roland-Garros après sa décevante défaite au 2ème tour contre Anna Blinkova (56eme, 6/4, 3/6, 5/7). Dans une quête d’identité tennistique, elle a admis dans la foulée : « Je me suis tendue énormément. Autant dans le premier set j’allais vraiment à fond dans mes frappes, dans mes décisions, dans mes choix de jeu.

Du coup, ma balle va plus vite, elle fait plus mal. Surtout, je n’hésitais pas à y aller. Ensuite, je me suis mise à être passive, à ne plus aller chercher les points, et à lui laisser mener le jeu. Quand je suis comme cela, gén éralement, plus attentiste, j’ai beaucoup de mal à lire le jeu et à me déplacer sur le terrain. J’ai eu du mal à me sortir de ce moment. Quand je l’ai fait, c’était un peu trop par intermittence. J’ai du mal à l’expliquer. Ce sont des choses qui se sont déjà passées, et qui arrivent.

Caroline Garcia : « Un peu dur à accepter »

Je sais très bien ce que je dois faire sur le terrain, sur mon jeu. Et après, je commence à avoir un peu peur de rater en jouant à ce jeu-là, agressif. A partir de là, je n’ose plus trop y aller, ce qui cause encore plus de fautes, avec des frappes un peu décochées à moitié. Soit cela s’envole, soit cela fait des balles trop courtes pour l’adversaire. C’est un peu dur à accepter de perdre en ayant joué ainsi »

Interrogés sur son cas et ses difficultés actuelles, des icônes de la petite balle jaune essaient de résoudre l’énigme. Flavia Pennetta en particulier : « Un conseil pour Caroline ? Mais elle n’en a pas besoin, sourit la compagne de Fabio Fognini, lauréate de l’US Open en 2015. On ne va quand même pas affirmer que les choses se passent mal pour elle. Mais le tennis est un sport compliqué qui pompe énormément d’énergie. C’est neuf à dix mois de tournois dans l’année. C’est excessivement dur d’être constant toute la saison. Caroline doit certes montrer encore plus. C’est son intention. Cependant elle se trouve peut-être dans une forme de fatigue mentale. Elle a besoin de tranquillité car la pression tu la ressens toujours. Car si elle ne vient pas des autres, tu te la mets toi-même. Surtout quand tu joues à domicile. Personnellement je n’ai jamais très bien joué à Rome. Pourtant tu veux gagner le tournoi pour toi et les gens qui te suivent. Ce genre de paramètre est compliqué à gérer. Mais avec le temps et l’expérience , tu comprends mieux le système, tu pèses le poids sur les paroles qui te sont dites et sur ce qui est écrit sur toi. Avec la technologie actuelle et les réseaux sociaux, tout devient plus instantané. Les mauvaises paroles, elles affluent aussi. Cela fait toujours mal. Ce genre de choses, il faut savoir le gérer aussi. Pour le reste elle joue très bien au tennis, elle est très forte ». 

Gabriela Sabatini, trois fois demi-finaliste à Roland-Garros (1987, 1991 , 1992) et vainqueur de l’US Open en 1990, enchaîne : « Caroline est une joueuse que je regarde beaucoup jouer. J’adore son jeu. J’aimerais qu’elle gagne plus de tournois. Mais le plus dur en tennis est de maintenir son niveau de jeu tout au long de l’année. C’est compliqué et mental. Il faut bien analyser ce qui se passe et travailler dessus ». 

Kim Clijsters : « Elle cherche constamment à progresser »

Même son de cloche pour Radwanska, quart-de-finaliste à Roland-Garros en 2013, et finaliste à Wimbledon l’année d’avant : « Son potentiel est énorme, nous confirme la Polonaise. Ce n’est pas visible que depuis l’an dernier. Elle souffre d’un problème de constance. Soutenir la pression en France n’est pas évident non plus. C’est davantage un problème de pression que tennistique car elle peut pratiquer un super tennis et partout». 

Kim Clijsters, triple vainqueur de l’US Open (2005, 2009, 2010), et de l’Open d’Australie en 2011 nous concède : « Déjà pour disputer un tournoi comme Roland-Garros il faut avoir un sacré potentiel. D’accord elle n’a pas eu ici le résultat qu’elle escomptait. Mais ce que j’aime chez elle est qu’elle cherche constamment à progresser. Elle travaille énormément sur tous les secteurs possibles pour s’améliorer. Elle va bientôt débuter sa campagne sur gazon. Je suis impatiente de la voir jouer sur cette surface car c’est une joueuse très excitante à voir jouer. Je ne considère pas que ce soit chez elle un souci d’ordre psychologique. Elle a réalisé déjà de grandes choses. Et puis il y a aussi des joueuses en face, très fortes, qui veulent la même chose qu’elle. Et ce n’est pas parce qu’elle a bien réussi à New-York l’an dernier (demi-finale, ndlr) que dans la foulée, les choses arrivent à l’identique et instantanément à Paris ». 

Guy Forget, l’ancien double vainqueur de la Coupe Davis en 1991 et 1996 et ex capitaine de Coupe Davis et de Fed Cup, achève  : « Caroline est déjà à un niveau très élevé. Mais elle doit elle-aussi se poser des questions. Quand on voit le match qu’elle a disputé ici, elle est trop forte pour le donner aussi facilement. Si j’avais un conseil à lui donner, je le ferais directement… ». Espérons pour la lauréate du Masters féminin 2022, qu’elle va reverdir sur gazon.

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