jeudi 13 juin 2024

La chronique de Nöel Tosi* : pourquoi la Coupe du Monde au Qatar sera celle des surprises

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Entraîneur très expérimenté, qui a baroudé sur plusieurs continents, dirigé une douzaine de clubs et été sélectionneur en Afrique, Noël Tosi* nous livre chaque lundi sa chronique.

En regardant le Match de l’équipe de France contre la Côte d’ivoire, je me suis posé cette question, pour la simple et bonne raison que j’ai vu une superbe équipe de la Côte d’ivoire (qui n’est pas même qualifiée pour le Mondial au Qatar) qui a failli battre notre équipe nationale.

Sans deux gros arrêts d’Hugo Lloris en fin de rencontre, et sans ce but dans les arrêts de jeu, cette équipe africaine aurait tenu les champions du monde en échec.

L’Afrique est vraiment un vivier de footballeurs talentueux ! Est-ce qu’une équipe africaine aura le bonheur un jour de hisser le trophée grâce à tous ces talents ?

Une préparation physique difficile à maitriser

Certes les Français ne sont pas très bons lors des matchs amicaux, nous sommes des compétiteurs et nous aimons les rencontres officiels, alors pourquoi avoir cette interrogation ? Tout simplement parce que plusieurs paramètres m’interpellent.

Le premier c’est le timing de ce mondial : novembre et décembre. Jamais dans l’histoire de la coupe du monde, une compétition avait été programmée à ces dates. La coupe du monde arrivait, les autres années, en fin de saison de la plupart des championnats. Là, nous en serons à peine au troisième mois de compétition.

La préparation ne pourra pas être la même.
 Les autres fois, les équipes pouvaient récupérer leurs joueurs très tôt, et, suivant leur degré de fatigue, elles pouvaient les régénérer, les faire reposer, reprendre une préparation spéciale pour une compétition qui arrivait en fin de saison.


Là, il n’en sera rien, il va falloir préparer des joueurs qui seront au début d’une compétition pour certains pays, en fin de compétitions pour d’autres. Ce n’est pas simple à organiser, même si nos préparateurs athlétiques ont certainement planché dessus.

Une chaleur jamais connue pour un Mondial

Le deuxième argument est celui de la chaleur. Jamais une coupe du monde (malgré le fait qu’elle se déroule en hiver !) ne se sera déroulée dans ces conditions. Vous allez me dire, les stades seront climatisés. Ah, bonne affaire ! Les terrains d’entrainement aussi ? Les chambres d’hôtel ? Les lieux de réception ? La vie sous cette température va atteindre les organismes, cela parait évident. Les performances des équipes peuvent en subir les conséquences.


Nous allons vivre les plus grandes surprises de l’histoire de la coupe du monde car l’aspect physique et athlétique va jouer un rôle prépondérant.


Le troisième argument vient d’une association d’idées. Lors du championnat du monde de handball, le Qatar avait causé la surprise, en arrivant en demi finale contre toute attente. Peu de spécialistes avaient programmé ce scénario, et pourtant avec des moyens colossaux, ils avaient réussis à se hisser au plus haut niveau. Les moyens qui ont été mis à disposition de ces équipes (Qatar, Arabie saoudite…) peuvent faire la différence, dans un contexte qui n’a rien à voir avec le contexte habituel de la Coupe du monde.

Le quatrième argument, et on y vient avec ma réflexion de départ : jamais les équipes africaines n’ont été aussi fortes ! Dans un contexte différent, et malgré le fait qu’on ait limité le nombre d’équipes de la CAF, dans le quota de la coupe du monde, les équipes africaines vont certainement être plus à leur aise, si l’aspect physique est déterminant. Là encore des surprises en perspectives.

Le Brésil et l’Argentine ont peu de chances d’aller loin

Enfin, un peu d’humour, lors de la coupe Arabe qui s’est déroulée l’an dernier, il y a eu 17 minutes d’arrêts de jeu lors du match Qatar – Algérie. Tant que le Qatar n’égalisait pas, la montre tournait. On ose espérer que la VAR va fonctionner et les arbitres n’auront pas des montres qui font Tac Tic au lieu de Tic Tac…

Au fil des ans, on a une expérience et des sensations. La victoire de la Macédoine du Nord contre l’Italie confirme cette réflexion : la différence entre les équipes commence à devenir de plus en plus mince, on le voit tous les jours.

Les soit-disant petites équipes, sont mieux organisées, plus fortes tactiquement, mieux préparées physiquement… Si on suit ma réflexion depuis le début c’est dans ce domaine là ou beaucoup de choses vont se jouer.

Évidemment, si j’ai raison dans ma réflexion, ce sont les équipes sud-américaines au gros potentiel technique, qui seront les dindons de la farce et, si, le Brésil ou l’Argentine gagne le mondial 2022 j’aurai l’air d’une « marque de lessive » qui ne comprend que peu de choses au football ! Je prends le risque. La coupe du monde au Qatar sera la Coupe du monde des surprises ! Je persiste et je signe.

*Premier technicien français à avoir entraîné aux États-Unis, Noël Tosi a commencé sa carrière sur un banc à l’âge de 27 ans. Passé par Grenoble, Nîmes, Gueugnon, Arles-Avignon, Angers et Cherbourg (entre autres) en France, il a aussi été sélectionneur du Congo et de la Mauritanie.

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