lundi 4 mars 2024

L’arrivée d’Arctos Partners au PSG décryptée : 400 M€ et un geste fort de l’engament de QSI

À lire

L’information a été officialisée jeudi par le club de la capitale : le groupe américain Arctos Partners  va racheter 12,5% des parts du PSG à QSI. Que se cache-t-il derrière cet investissement, que représente-t-il concrètement financièrement et à quoi va-t-il servir ? Le Quotidien Du Sport vous explique tout.

La nouvelle a été très peu commentée dans les médias sportifs. C’est pourtant un pallier important que le PSG franchit en vendant 12,5% de ses parts au groupe américain Arctos Partners. Il ne s’agit pas d’un début de désengagement des Qataris, mais tout le contraire.

> Qui est Arctos Partners ?

Il s’agit d’un gros groupe américain, assez nouveau, puisqu’il a été créé en 2019. Il est déjà présent dans le monde du sport, notamment à Liverpool (Premier League), ainsi que dans plus d’une vingtaine de franchises américaines en basket-ball, hockey, et base-ball, avant d’investir dernièrement dans le monde de la Formule 1. Sur son site internet, le groupe se présente comme « un partenaire stratégique de sponsors de premier plan, fournit des solutions sur mesure en matière de capital et de liquidité pour aider à naviguer dans un secteur de la gestion d’actifs alternatifs en évolution rapide ».

Vincent Chaudel : « Des moyens pour gérer son propre stade sans les fonds du Qatar »

Vincent Chaudel, président co-fondateur de l’Observatoire du Sport Business revient sur les détails de cette opération financière d’environ 400 millions d’euros.

Acheter 12,5% des parts, ça se traduit comment concrètement ?

Vincent Chaudel : Selon les différents classements d’évaluation, le PSG est estimé entre 3,2 et 4,5 milliards d’euros. Le classement référence aujourd’hui par les médias est celui de Forbes, qui évalue le club de la capitale à 4,25 milliards d’euros. Après, tout dépend de la valorisation sur laquelle a été calculée la transaction. Après, il y a deux options possibles. Soit j’achète les parts au propriétaire, et ça n’a aucun impact sur le club, soit j’augmente le capital du club, pour avoir 10, 12 ou 15% des parts, et là, c’est de l’argent qui rentre dans le club. Vu la communication qui est faite autour de cet événement, on suppose que c’est la deuxième option.

Ça veut dire que le club va augmenter son capital de 400 millions d’euros ?

Pas exactement. En fait, imaginez que votre société ait un capital de 50 000 euros, mais on estime que cette société vaut 500 millions d’euros. Si je veux prendre 10% de la société, il faut donc que j’investisse à hauteur de 50 millions d’euros. Mais le capital est de 50 000 euros, ça veut dire que je vais augmenter le capital de 5 000 euros et que le reste sera de la valorisation. Une petite partie de l’argent que va mettre Arctos va aller dans le capital et l’autre va aller dans les capitaux propres du club.

Une façon de certifier la valeur du club

Comment doit-on analyser cet événement ?

On peut y voir plusieurs choses. Tout d’abord, c’est un message fort de QSI qui dit : « Je veux que mon club ne soit pas financé uniquement par des fonds qataris ». C’est un message fort, notamment par rapport au fairplay financier. Alors que l’on aurait pu reprocher à QSI de créer de manière artificielle une valeur de club, c’est une façon de prouver le contraire. Arctos, qui a des investissements à Dallas, New-York et Londres, n’est pas lié au Qatar. Le message est de dire que la valeur de 4,25 milliards d’euros évaluée par Forbes, et bien un grand groupe américain la prend comme base. C’est un geste fort vis à vis du fairplay financier, qui veut éviter que les clubs se refinancent par leur propre actionnaire.

Ce n’est pas un secret, cette opération financière va surtout servir au développement du Parc des Princes…

C’est déjà un message à deux acteurs principaux des négociations : le stade de France et la Mairie de Paris. Rappelons que QSI, qui ne peut plus se contenter d’un stade de moins de 50 000 places, a trois options : faire 500 millions de travaux au Parc des Princes, racheter le Stade de France, pour environ la même somme, ou construire un stade, ce qui coûtera environ un milliard. Avec cet apport financier, le club se donne les moyens de ses ambitions. QSI confirme qu’il a les moyens de financer par lui-même son stade. Ça change beaucoup de choses. Aujourd’hui, le club est évalué à 4,25 milliards d’euros, mais imaginez s’il a son propre stade, qui vaut entre 500 et un milliard ? ça va encore augmenter considérablement la valeur du club.

Il y a donc de moins en moins de chances que le club continue d’être un simple locataire du Parc des Princes…

Le PSG ne veut plus être locataire. La question est de savoir s’il reste où s’il part. Le PSG va avoir les moyens de gérer son stade, sans être dépendant du Qatar, au niveau du fairplay financier. C’est une information importante qui met la pression sur la Mairie de Paris, qui peut difficilement envisager un départ du PSG du Parc des Princes.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Actu

spot_img
spot_img

À lire aussi