vendredi 27 janvier 2023

Gazélec Ajaccio : comment la mafia corse a coulé le club

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Aujourd’hui en National 3, le Gazélec Ajaccio est proche de la liquidation judiciaire. Le tribunal d’Ajaccio prendra une décision le 30 janvier prochain sur l’avenir du club.

Le 9 avril 2016, quand le Gazélec Ajaccio reçoit le SCO Angers, il est déjà officiellement relégué. Le petit poucet de Ligue 1 est relégué à l’issue de sa seule saison dans l’élite française, marquant le début d’une lente descente aux enfers pour le club. Le club fait d’abord deux saisons de bonne facture, en Ligue 2, en se classant 9ème puis 12ème, mais en 2019, il perd sa place dans le deuxième championnat professionnel à la suite des barrages face au Mans.

2017 : la DNCG met le Gazélec sous surveillance

Touché financièrement, dès décembre 2017, le Gazélec Ajaccio a vu sa masse salariale et les indemnités de mutations (frais de transfert) encadrées par le gendarme financier des clubs français (DNCG), ce qui s’est reproduit en 2018. Le club était donc en difficulté financière au moment de sa relégation en National.

Cependant, rien n’est pas insurmontable pour le club corse qui a été autorisé à poursuivre sa saison au troisième échelin national, avec l’espoir de sauver sa peau. Sochaux, un autre club de Ligue 2, était également en difficulté financière et menacé de rétrogradation, mais le club du Doubs sera sauvé grâce au transfert de Lucien Agoumé à l’Inter Milan. Une chance que les Corses n’auront pas.

De la Ligue 1 au National 3, une courte descente aux enfers

Rétrogradé en National, le club décide de boycotter la première journée pour dénoncer le maintien de Sochaux en deuxième division, ce qui entraîne une défaite sur tapis vert face au Red-Star 3-0. Quelques mois plus tard arrive le Covid. Alors que les Corses se battent pour se maintenir, ils sont 17ème quand le Premier mintre décrète l’arrêt des championnats et que la FFF décide de figer le classement au 6 mars 2020, tout en conservant les montées et descentes. Le Gazélec jouera donc en National 2,  puis rapidement, privé de rentrées d’argent, en National 3.

En National 3, le club se sépare de la majorité de ses joueurs, 17 départs pour cette nouvelle saison, seuls quatre membres de l’effectif de National 2 décident de rester au club. Un nouveau coach, David Ducourtioux, ancien de la maison, est nommé. Deux nouveaux actionnaires viennent également épauler Mathieu Messina, alors propriétaire du club. Tout est parfait pour reconstruire le Gazélec. L’ensemble de l’effectif est reconstitué rapidement et réussit à terminer 5ème de sa poule méditerranée en National 3. Une bonne base pour l’avenir. Si sur le plan sportif, tout se déroule bien, plusieurs affaires judiciaires vont mettre le club en difficulté.

Les trois dirigeants mentionnés précédemment ont été placés en garde à vue par les gendarmes de la section de recherche de Corse dans le cadre d’une enquête financière. La justice leur reproche un abus de bien social et d’avoir eu recours au travail dissimulé. Cette première affaire judiciaire entraîne la mise en retrait des trois dirigeants.

Des faits mafieux achèvent définitivement le club

Un nouveau président, Johan Carta, prend ses fonctions en juin 2022. Mais, coup de théâtre, le 15 novembre 2022, il est également mis en examen. Les reproches concernent la gestion du club, ainsi que des crimes d’extorsion, d’escroquerie, de blanchiment en bande organisée et d’association de malfaiteurs.

Gros coup dur pour le club acéiste qui était en train d’être racheté par un investisseur britannique prêt à injecter 3 millions d’euros. Les affaires judiciaires font annuler la transaction.

Le 20 décembre dernier, la justice annonce le redressement judiciaire du club qui ne se remet pas de cet échec. Un administrateur judiciaire a été nommé pour une période d’observation d’un mois qui s’est terminée hier.

Lors de l’audience au tribunal de commerce d’Ajaccio, le tribunal a annoncé la liquidation judiciaire. Une décision qui sera confirmée le 30 janvier par le même tribunal. Un bien triste destin pour le club de Carlos Kaiser, célèbre joueur « fantôme », qui a une dizaine de clubs dans sa carrière, sans jamais jouer le moindre match…

                                                                                                                           Killian Ravon

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