jeudi 23 mai 2024

Le miracle Sébastien Haller

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Sauveur de la Côte d’Ivoire, l’ancien Auxerrois a marqué de son empreinte la dernière CAN offrant la victoire finale à sa sélection. Un destin miraculeux !

La Côte d’Ivoire, le pays hôte, est devenue championne d’Afrique le 11 février dernier à Abidjan. C’est la troisième victoire des Eléphants dans l’épreuve après ses succès en 1992 et 2015 (finaliste en 2006 et 2012). Qui aurait pu croire à un tel scénario ? Lors des phases de poules, les Eléphants étaient si proches de finir au cimetière…

Mais, dans leur effectif, il y a un joueur porte-bonheur ; Sébastien Haller. Contre le Nigeria, en finale (2-1), l’attaquant de Dortmund a marqué un but décisif dans les dix dernières minutes. Providentiel ! A l’image du joueur et de son histoire personnelle.

Car la résilience est bien le maître-mot qui colle à la peau du natif de Ris-Orangis. Rappelons qu’on lui a diagnostiqué un cancer des testicules à l’été 2022, peu de temps après sa signature à Dortmund pour 31 millions d’euros. Après avoir vaincu la maladie, il est de retour sur les terrains le 22 janvier 2023 contre Augsbourg en Bundesliga. Avant cette CAN à domicile ; son grand défi de vie, tous les feux sont pourtant loin d’être au vert pour l’ancien attaquant de West Ham.

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« Son parcours personnel l’a rendu beaucoup plus fort »

Dans le club de la Ruhr, son entraîneur, Edin Terzic, lui préfère Nicolas Fullkrug. Comme si cela ne suffisait pas, le 19 décembre, un joueur de Mayence lui abîme la cheville. Mais Haller est décidément fait d’un autre bois. Blessé, il manque les trois matches de groupe de la CAN.

Cependant, il répond présent ensuite. L’ancien attaquant de l’Ajax marque deux buts décisifs. Le seul de la demi-finale serrée contre la RD Congo et celui en finale synonyme de victoire finale. Au fil de la compétition alors que les Eléphants sont parfois proches du précipice, Haller, lui, est resté à la hauteur, décisif, résiliant, altruiste.

Un entraîneur français l’a eu sous sa coupe à Auxerre ; Bernard Casoni. « Je l’avais fait débuter. Il avait du mal à rester concentré pendant tout un match. Parfois il en sortait. Il fallait un peu le bouger. C’était un gros bébé. Il était encore un jeune joueur donc c’était normal. Son plus gros travail portait là-dessus. Cependant il avait déjà un gros potentiel. »

« Dos au jeu, il avait du gabarit amorti/poitrine. Il avait une certaine marge de progression, mais beaucoup d’aptitudes aussi. Il est ensuite parti aux Pays-Bas (au FC Utrecht en 2015, Ndlr) puis a fait son chemin. Il a eu aussi ses problèmes de santé. Ce sont des étapes de vie. Cela renforce. Son parcours personnel l’a rendu beaucoup plus fort ». Au point de libérer tout un peuple sur un magnifique coup de patte.

Adingra, la relève

Il n’a que 22 ans, mais Simon Adingra représente déjà l’avenir de la sélection ivoirienne. En finale de la CAN, il a particulièrement brillé contre le Nigeria (2-1). L’ailier de Brighton a été un passeur décisif sur le premier but ivoirien de Franck Kessié (62ème), puis sur le second offrant la victoire aux Eléphants suite à une concrétisation de Haller (81ème).

Forfait lors des deux premières rencontres en raison d’une blessure aux ischios contractée fin décembre, Adingra a achevé sa CAN en boulet de canon. Déjà décisif contre le Mali en quarts (2-1, ap), l’ailier des Seagulls a finalement été désigné meilleur jeune du tournoi et même homme du match lors de la finale !

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