lundi 4 mars 2024

Le Paris FC propose la gratuité des places : et si c’était LA solution pour gagner beaucoup d’argent ?

À lire

A jamais les premiers… à inviter gratuitement tous les spectateurs, lors de tous ses matches de championnat de la saison, le Paris FC espère retrouver l’ADN populaire du football, renflouer les tribunes jusqu’alors clairsemées de Charléty et attirer de nouveaux sponsors. Et si ça marchait ?

A défaut de pouvoir rivaliser avec l’autre, inaccessible, club de la capitale, avec lequel il partage les mêmes origines au début des années 70, le Paris FC a choisi de s’en démarquer complètement. Pour exister quand même à l’ombre du PSG, le club du président Ferracci propose en effet depuis cette saison la gratuité totale de toutes les places d’un stade Charléty dont la moyenne de spectateurs était de 4500 la saison passée.

Un rapide calcul permet de dimensionner la perte de recette billetterie autour du million d’euros. Dans un budget de 24 M€, sans être négligeable, le manque à gagner doit être compensé par des affluences plus importantes donc un soutien populaire susceptible d’offrir un supplément d’âme à un stade qui en manque cruellement.

À LIRE AUSSI : toute l’actualité des transferts dans votre mag

Une nouveauté pour remplir les stades

Surtout, cette grande première mondiale pour un club professionnel a vocation à attirer les regards, donc de nouveaux investisseurs. A en croire le président (dans le JDD), « une grande entreprise du CAC 40 et d’autres sponsors sont déjà intéressés . La gratuité contribue à les attirer. »

Ou plutôt ce qu’elle implique d’opérations de toutes sortes à monter autour de chaque rencontre. Ainsi, chaque match doit être l’occasion de mettre en avant une association ou une initiative de nature sociale ou environnementale, à charge aux actionnaires ou partenaires de s’y associer.

Pour la réception de Bastia, le Secours Populaire était à l’honneur et tous les spectateurs présents pouvaient effectuer un don. Face aux millions du Qatar, l’autre club de la capitale entend revendiquer d’autres valeurs que celles de l’argent et de la commercialisation à outrance.

Le club gagne de l’argent sur la buvette

« C’est pour ça que j’ai rejoint le projet de Pierre (Ferracci) nous dit le très investi Raï, l’ancienne idole du Parc devenu ambassadeur du PFC, pour toutes ces valeurs. Alors que le foot devient un sport de moins en moins accessible, je suis fier de représenter un club qui s’inscrit dans une autre logique. Je parle de la L2, mais aussi de la D1 féminine, du centre de formation qui fonctionnent de la même manière au service dactions de ce genre qui font du bien à la société et qui luttent contre toutes les discriminations. Que tous ceux qui croient que le foot peut aussi fédérer ce genre de valeurs nous rejoignent ! »

Avec ses 6500 personnes (le double que les premières affluences de la saison), le premier match open face à Bastia le 11 novembre a été une réussite ponctuée par une victoire (10). Après un succès de prestige à Geoffroy-Guichard, la réception de Bordeaux devant près de 14 000 spectateurs confirmait le renouveau d’une équipe et d’un club qui auront dans un premier temps plus de facilité à transformer leur image qu’à jouer la montée.

Plus d’affluence, plus de motivation pour les joueurs

Dans cette quête, un projet de rénovation d’un stade initialement conçu pour l’athlétisme est à l’étude pour le rendre plus chaleureux et accueillant. Plus foot.

« Pierre (Ferracci) a beaucoup de difficultés à remplir Charléty, note Francis Graille, l’ancien président du PSG (20032005), car ce n’est pas un stade de football, les tribunes sont trop éloignées de la pelouse, et l’offre concurrente dans une ville comme Paris est énorme. Toutes les initiatives sont donc bonnes à prendre pour créer une communauté plus importante autour du club. La gratuité des places en est une très intéressante qu’on va regarder de près car elle pourrait donner des idées à d’autres. »

Interdite pendant les matches de Coupes d’Europe, qui concerne les féminines (10 000 personnes étaient néanmoins présentes contre le Real !), parce que tout le monde en parle, cette gratuité a déjà atteint son premier but.

« Une initiative qui pourrait donner des idées à d’autres »

Il faut maintenant que les joueurs surfent dessus. La crédibilité du projet parisien est à ce prix. Seul le terrain pourra le valider ou pas. « Car il y a forcément la place pour un 2èmegrandclubàParis,poursuit Francis Graille ; Le rugby y est bien arrivé, pourquoi pas le foot ! Mais il faut un stade, pour y ancrer ses habitudes, donner des repères aux joueurs et aux supporteurs, faire l’histoire. »

A l’heure où le Red Star est aux portes de la L2, « le Paris FC a une place à prendre dans un registre populaire face à l’élitisme que représente le PSG. » Dans cet Est parisien en pleine recomposition, le président Ferracci rêve d’attirer un public familial et jeune qui irait au stade sans forcément se demander si le prix des places n’est pas exagéré, si le spectacle proposé vaut vraiment le coût.

Il rêve d’un derby qui permettrait à tous ses supporteurs d’encourager leur équipe tout en admirant les stars du PSG… sans dépenser un seul centime sinon pour s’acheter un sandwich ou une boisson avant le match.

À LIRE AUSSI : l’autre club de Paris qui rêve de la Ligue 1

Tom Boissy

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Actu

spot_img
spot_img

À lire aussi