mardi 25 juin 2024

Les chances des pays africains à la Coupe du Monde : le Sénégal au rendez-vous, le Ghana surprenant ?

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Attention au Sénégal, mais aussi au Ghana qui pourrait créer la surprise au Qatar. Notre analyse sur les chances des pays africain à la Coupe du Monde.

Dans sept mois pratiquement jour pour jour la 22ème Coupe du Monde (21 novembre/18 décembre), ouvrira ses portes au Qatar. Nous avons déjà eu l’occasion de souligner cette injustice ici-même, mais seulement cinq pays africains y participeront : le Sénégal, le Cameroun, le Maroc, la Tunisie et le Ghana.

Dans son avant-dernière chronique, le lundi 12 avril, notre consultant, Noël Tosi, nous expliquait que ce sera « la Coupe du Monde des surprises », laissant toutes ses chances aux pays africains. Il faut dire que, si l’Algérie, la Côte d’Ivoire, l’Egypte et le Nigéria, nations fortes du continent africain, ne seront pas là, il y a du beau monde, avec le Sénégal, le Cameroun, le Maroc, et, pas loin derrière, le Ghana et la Tunisie.

Au moins un quart de finale pour le Sénégal ?

Champion d’Afrique 2022 après avoir été finaliste en 2019, le Sénégal a logiquement le statut de meilleur pays africain du moment. D’ailleurs, les Lions de la Teranga sont logiquement les mieux placés au classement FIFA : 20èmes.

Les joueurs : le gardien de but, Etienne Mendy (Chelsea), le défenseur central et capitaine, Kaidou Koulibaly, et l’attaquant de Liverpool, Sadio Mané, sont les principales vedettes de l’équipe, mais les Parisiens Idrissa Gueye et Abdou Diallo sont des valeurs sûres, tout comme l’ancien Marseillais Bouna Sarr et les jeunes de l’OM, Pape Gueye et Bamba Dieng. U troisième marseillais pourrait même renforcer le groupe : Boubakar Kamara, dont la naturalisation sportive est en bonne voie.

Le sélectionneur : en poste depuis 7 ans, l’ancien joueur du PSG, Aliou Cissé a la confiance de ses joueurs et du peuple sénégalais. Même si ses choix tactiques sont souvent critiqués, c’est lui qui a amené les Lions de la Teranga en finale de la CAN 2019 et à la victoire en février dernier.

Expérience : la principale expérience du Sénégal, c’est celle de ses joueurs. Même si aucun n’a joué la Coupe du Monde, beaucoup jouent dans les meilleurs clubs européens, avec des titres à la clé.

La phase de groupes : le Sénégal est tombé dans le groupe A, celui du pays organisateur, des Pays-Bas et de l’Equateur. Même si le Qatar aura à cœur de briller chez lui, les Sénégalais sont favoris pour terminer dans les deux premiers. S’ils passent au détriment du Qatar, Koulibaly et ses coéquipiers bénéficieront du tableau préparé pour l’équipe locale.

Conclusion : le Sénégal est le favori du Quotidien du Sport pour aller loin dans la compétition.  On voit les hommes d’Aliou Cissé aller jusqu’en quart de finale, à condition d’éliminer le pays organisateur…

Le MAROC rongé par les polémiques

Présenté parmi les favoris avant les deux dernières CAN, le Maroc a déçu, tant en Egypte (éliminé en 8èmes de finale) qu’au Cameroun (sorti en quart de finale). Rongés en interne par des problèmes de gouvernance, liés notamment à la personnalité de Vahid Halilhodzic, les Lions de l’Atlas, seront-ils en mesure de briller au Qatar ? D’ailleurs, pas sûr que le Bosnien soit encore à la tête de la sélection dans sept mois. Au cœur des polémiques : les absences de Ziyech et Mazraoui, que le peuple marocain réclame et à qui le président de la fédération est prêt à tendre la main…

Les joueurs : le gardien de but,  Yassine Bono (FC Séville), le défenseur et capitaine Romain Saiss (Wolverhampton), le joueur du PSG, Achraf Hakimi, ainsi que l’attaquant du FC Séville, Munir El Haddadi, sont les stars de l’équipe. Sans oublier bien sûr les deux joueurs blacklistés par coach Vahid, Hakim Ziyech et Noussair Mazraoui, le latéral droit qui jouera la saison prochaine au Bayern Munich.

Le sélectionneur : impossible de dire aujourd’hui qui guidera les Marocains au Qatar. La guerre est déclarée entre le président de la fédération et Vahid Halilhodzic. Selon les rumeurs, Fouzi Lekjaa, le président de la fédération royale du Maroc serait déjà à la recherche d’un nouveau sélectionneur. Coach expérimenté, Vahid Halilhodzic (seul entraîneur à avoir qualifié trois pays africains différents pour une Coupe du Monde) a l’avantage d’avoir déjà connu la compétition sur un banc, avec l’Algérie (huitièmes de finale en 2014).

Expérience : dans la sélection marocaine également, on trouve plusieurs joueurs expérimentés, qui jouent dans de très bons clubs européens. Mais ce n’est pas le Sénégal, même si le Maroc était en Russie il y a quatre ans et certains joueurs ont l’expérience de la compétition, à l’image d’Hakimi ou Saiss.  

La phase de groupes : placé dans le groupe F, avec la Belgique, la Croatie et le Canada, le Maroc aura du mal à se qualifier pour les huitièmes de finale. Mais pourquoi pas ? La Croatie est vieillissante et peut se faire surprendre.

Conclusion : il est trop tôt pour dire quelle sera l’ambition du Marco au Qatar. On en saura plus quand on connaitra le nom du sélectionneur et s’il fera appel à Hakim Ziyech. Une chose est sûre : il y a du potentiel.

Le CAMEROUN a des raisons d’y croire

Après la qualification arrachée à la dernière seconde contre l’Algérie, Samuel Eto’o, le nouveau président de la fédération a annoncé la couleur à ses joueurs : le Cameroun n’ira pas au Qatar pour faire de la figuration.  La question est de savoir si les Lions indomptables en auront les moyens.

Les joueurs : Vincent Aboubakar (Al-Nassr), André Onana (Ajax), Karl Toko-Ekambi (Lyon) et Eric Choupo-Moting (Bayern) sont les principaux noms de cette équipe, surtout bâtie sur des bons joueurs de clubs (l’ancien Marseillais Zambo Anguissa, le Nantais Castelletto et l’ancien Rennais Lea Siliki).

Le sélectionneur : après la troisième place obtenue à la CAN, Rigobert Song a pris la suite de Toni Conceiçao. Le recordman de sélections avec le Cameroun est une véritable légende dans son pays. Double vainqueur de la CAN avec le Cameroun, il a joué en France à Metz et Lens, mais aussi en Premier League, à Liverpool et à West Ham, ou en Bundesliga, à Cologne.

Expérience : au Cameroun, c’est surtout le sélectionneur qui a le plus d’expérience du très haut niveau. Même si Aboubakar a joué une Coupe du Monde en 2010 (à l’âge de 18 ans) et que Choupo-Moting a remporté la Ligue des Champions avec le Bayern en 2020. D’autres, comme Toko-Ekambi et Onana ont connu la Coupe d’Europe avec leur club, mais l’équipe reste peu expérimenté sur la scène internationale.

Le groupe : placé dans le groupe G, avec le Brésil, la Serbie et la Suisse, le Cameroun va avoir du mal à atteindre les huitièmes. Mais il n’est pas insensé de croire que les Africains peuvent se qualifier au dépend de la Serbie et de la Suisse. La deuxième place est très ouverte.

Conclusion : comme dans les barrages pour la qualification, le Cameroun peut être une des belles surprises du premier tour de la compétition.

La TUNISIE va avoir du mal

4ème nation africaine au classement FIFA (la 2ème des qualifiées), la Tunisie n’est pas la mieux cotées avant la Coupe du Monde. Auteurs d’une triste CAN (qualifiée au titre de meilleur troisième dans son groupe, la Tunisie a fait un bon match : contre le Nigéria en huitième de finale), les partenaires de Wahbi Khazri étaient déjà au Mondial il y a quatre ans, mais n’ont pas réussi à sortir d’un groupe très compliqué (avec la Belgique et l’Angleterre, deux futurs demi-finalistes). Cette fois, les Tunisiens sont dans le groupe de la France.

Les joueurs : le Stéphanois Wahbi Khazri, meilleur buteur parmi les joueurs encore en activité, reste le joueur le plus connu d’une sélection en manque de grands talents. Si quelques jeunes joueurs pourraient émerger (comme Hannibal Mejri, 19 ans, Manchester United, ou Anis Ben Slimane, 21 ans, Brondby), ma majorité évoluent dans des clubs modestes ou les bons clubs locaux, comme l’Esperance Tunis et le Club africain.

Le sélectionneur : Jalel Kadri (Tunisien de 50 ans) était au bon endroit au bon moment. Après avoir remplacé le sélectionneur en place (touché par le Covid), pendant la CAN, contre le Nigéria en huitième de finale (victoire 1-0), il a été nommé officiellement n°1 après l’élimination de la Tunisie en quart de finale contre le Burkina Faso. Après avoir beaucoup officié dans des clubs modestes, en Tunisie et en Arabie Saoudite, il vit sa première expérience à la tête d’une sélection.

Expérience : la Tunisie était en Russie et peut donc s’appuyer sur plusieurs joueurs ayant déjà connu la compétition, à l’image de Khazri. Mais l’inexpérience du sélectionneur reste un inconvénient.

Le groupe : placée dans le groupe D, avec la France, le Danemark et un dernier qualifié (Pérou ou Emirats arabes unis), la Tunisie a très peu de chances de se qualifier pour les huitièmes de finale.

Conclusion : on voit mal la Tunisie sortir de son groupe et réussir un bon parcours au Qatar.

Et pourquoi pas un exploit du GHANA ?

Petit poucet des équipes africaines qualifiées pour la Coupe du Monde (avec la 60ème place au classement FIFA), le Ghana reste sur une CAN très décevante (élimination dès la phase de groupes) et débarque à la Coupe du monde sur la pointe des pieds, après avoir toutefois réussi l’exploit de sortir le Nigéria en barrage ! Ce sera la quatrième participation du Ghana (seulement absent en 2018) sur les cinq dernières Coupes du Monde.

Les joueurs : les frères (André et Jordan) Ayew sont toujours des atouts forts pour le Ghana, qui peut aussi compter sur l’excellent milieu d’Arsenal, Thomas Partey. On trouve aussi dans cette sélection, le Strasbourgeois Alexander Djiku et le Bordelais Gideon Mensah. Mais l’équipe manque de talents.

Le sélectionneur : nommé après la déroute de la sélection à la CAN, Otto Addo (46 ans) sera un des plus jeunes sélectionneurs au Qatar. C’est son premier poste de n°1, lui qui était entraîneur adjoint à Dortmund et travaillait déjà avec la sélection à temps partiel, en tant que deuxième adjoint du Serbe Milovan Rajevac. Il a commencé par un exploit, en se qualifiant pour le mondial au dépend du Nigéria !

Expérience : à l’image de son sélectionneur, la sélection du Ghana a très peu d’expérience, en dehors de Partey (vainqueur de la Ligue Europa contre l’OM, avec l’Atketico en 2018) et des frères Ayew, qui étaient déjà là en 2014 au Brésil.

Le groupe : placé dans le groupe H, avec le Portugal, l’Uruguay et la Corée du Sud, les Africains ont leur chance. Si les Portugais sont favoris, derrière, tout est possible.

Conclusion : et pourquoi pas un exploit des Ghanéens ?

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