samedi 26 novembre 2022

L’hypocrisie du boycott de la Coupe du Monde, par Paris, Lille et les autres

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Pascal Auchet
Pascal Auchet
Journaliste

Derrière le prétexte de dénoncer l’organisation de la Coupe du Monde au Qatar, se cachent d’autres arguments, notamment économiques, pour expliquer le refus de nombreuses villes d’installer des écrans géants pour la Coupe du Monde.

Après Bordeaux, Lille ou Strasbourg, la ville de Paris a annoncé hier qu’elle boycottera la Coupe du Monde. Enfin, « boycotter »… Il s’agit seulement de ne pas retransmettre les matchs en extérieur, sur écran géant.

Pour bien comprendre les décisions de ces municipalités, quelques explications s’imposent.

Il faut savoir que pour les grandes villes, la mise en place de ce que l’on appelle « fanzones » est un véritable casse-tête.

En 2018 déjà, Lille ne voulait pas diffuser la finale de la Coupe du Monde sur écran géant

Assurer la sécurité sur une zone coûte très cher. En 2018, une ville de moins de 6.000 habitants, payait environ 35 000 euros pour retransmettre la finale de la Coupe du Monde.

Il faut savoir par exemple qu’à cette époque, Lille, avec toujours Martine Aubry comme maire, ne voulait pas organiser la projection sur écran géant de la finale. La commune du nord de la France était finalement revenue sur sa décision, sous la pression des fans de foot de l’agglomération.

En  revanche, de nombreuses autres villes avaient renoncé. « C’était un poids important », expliquait à l’époque la Marie de Mont-de-Marsan, qui n’avait pas installé d’écran géant pour la finale.

Il faut savoir que les exigences du ministère de l’intérieur sont très contraignantes en terme de sécurité, ce qui demande un investissement important. Sans parler du cout de la location de l’écran géant qui va de 10 000 à 20 000 euros.

En 2018, une fanzone à 16 millions d’euros à Paris…

Pour rappel, la fanzone de la Tour Eiffel, installée en 2018 par la mairie de Paris, a couté 16 millions d’euros… Le tout alors que les fanzones ne rapportent rien, puisqu’elles sont gratuites.

Autre notion à prendre en compte : la période de la compétition. Elle n’a pas lieu en été, mais à la période la plus fraîche de l’automne (20 novembre – 18 décembre).  Pas sûr que les fans soient très motivés à l’idée d’aller regarder un match en plein air, sous la pluie ou la neige et à des températures frisant les 0 degré…

La finale aura lieu quand à elle, le 18 décembre, avec des températures qui pourraient même être négatives.

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