mardi 23 juillet 2024

L’Ukrainienne Marta Kostyuk crée le premier incident de Roland Garros

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

De notre envoyé spécial Porte d’Auteuil

Alors que l’ouverture de Roland-Garros est toujours synonyme de fête, cette entame de tournoi a été marquée par un moment de grand trouble entre la Biélorusse, Aryna Sabalenka, et l’Ukrainienne Marta Kostyuk !

C’est parti ! Le Grand Chelem Porte d’Auteuil a débuté. Aryna Sabalenka, tête de série n°2, une des grandes prétendantes au titre, a ouvert les hostilités sur le Court Philippe-Chatrier contre Marta Kostyuk. La lauréate de l’Open d’Australie s’est imposée en 1h11 sans jamais trembler (6/3, 6/2).

Ce qu’il y a surtout à retenir s’est produit après le dernier point joué. La vaincue, très abattue par le conflit qui frappe son Ukraine natale, avait pourtant prévenu. Elle ne serrerait pas la main à la deuxième mondiale. Elle a tenu parole.

Cette non-poignée de main à la fin du match, a évidemment marqué les esprits. La native de Kiev a même été visée par des sifflets du court central : « Les gens qui m’ont sifflé devraient avoir honte. Je ne suis pas certaine qu’ils réagiront de la sorte dans une dizaine d’années quand la guerre sera achevée. Je ne crois pas qu’ils se sentiront bien en fonction de leur réaction. J’avais dit avant que je ne lui serrerais pas la main. Je ne comprends alors pas pourquoi les gens ont pensé que je changerais ma position » a réagi l’Ukrainienne en conférence de presse.

Marta Kostyuk demande à Aryna Salabenka de se prononcer sur le conflit entre la Russie et l’Ukraine

Cette dernière a aussi demandé à son adversaire du jour de se situer plus clairement et fermement face au conflit : « Je n’assimile pas le fait qu’on dise que c’est une situation difficile pour elle (Sabalenka). Il se peut qu’elle devienne bientôt n°1 mondiale dans un sport très populaire. Si vous regardez les statistiques en Russie, 80 à 85% des gens supportent la guerre. Quelqu’un comme Aryna qui parcourt le monde, qui a une communauté énorme, pourrait au contraire renvoyer un message très fort. A un moment donné il faut parler pour toi-même.

Rejeter sa propre responsabilité sur un sujet aussi grave je ne peux l’accepter. Elle a dit que je la détestais. Je ne l’ai jamais dit publiquement ou vis à vis de qui que ce soit. Je ne la respecte juste pas du fait de sa réaction dans cette situation précise. Elle ne s’est jamais positionnée personnellement contre la guerre. Une joueuse comme Daria Kasatkina (9e, ndlr), a au contraire pris position. Elle ne retourne pas en Russie et c’est son choix ». 

Interrogée à son tour sur ce sujet sensible, Sabalenka a répondu et donné sa version : « Ce match a été très compliqué émotionnellement. Je suis heureuse de m’en être sortie. En début de rencontre, j’étais nerveuse. C’était lié au contexte et parce que c’était le premier match du tournoi. Quand vous jouez une Ukrainienne, vous ne savez pas à quoi vous attendre car vous ignorez si les gens vous vont soutenir ou pas. J’étais contrariée quant à savoir si les gens allaient être contre moi car je n’aime pas du tout jouer dans ce genre d’atmosphère hostile.Concernant la guerre je me suis exprimée sur le sujet à de maintes reprises. Personne dans ce monde, athlètes russes, biélorusses ne supporte cette guerre. Tout individu normalement constitué répondrait la même chose. C’est comme un plus un font deux. Mais pourquoi faut-il hurler pour autant pareille évidence ? Si on pouvait arrêter cette guerre on le ferait. Mais cette situation n’est pas entre nos mains. Marta ne mérite pas non plus de sortir du court sous les sifflets… ». 

C’est un fait. Cependant, aussi longtemps que le conflit s’éternisera, les relations entre ces deux joueuses ne devraient pas se réchauffer…

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