samedi 26 novembre 2022

Cyclisme : Marc Fayet, le comédien qui dirige le Tour du Finistère

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

La disparition brutale de Jean-Paul Waterloos a poussé Marc Fayet à prendre la succession de son ami à la tête du Tour du Finistère. L’occasion pour le comédien, l’auteur dramatique et le metteur en scène de 61 ans de matérialiser une passion pour le vélo qui remonte à l’enfance. Entretien réalisé avec nos confrères de Cyclisme Magazine.

D’où vous vient cet amour du cyclisme ?

De l’enfance et d’un grand-père paternel que je voyais tous les mois de juillet s’enfermer dans sa maison pour regarder la télé. Il ne l’avait achetée que pour ça, suivre le Tour. Il y avait quelque chose d’un peu mystérieux, de magique et de quasi-religieux dans l’esprit de l’enfant que j’étais de voir son grand-père absorbé par le spectacle des coureurs. Cette sorte d’émerveillement de jeunesse qui était de l’ordre du sacré, m’a poussé ensuite, en grandissant, à suivre l’actualité des champions, à acheter le Miroir du cyclisme, à afficher les posters dans ma chambre.

Jusqu’à faire du vélo vous-même ?

Non, je n’ai jamais été dans un club, je ne m’en sentais pas capable, j’ai toujours préféré pédaler pour le plaisir seulement, ce qui me permettait de continuer de rêver, rester dans l’imaginaire…

Du rêve à la réalité, vous voilà désormais à la tête d’une des courses emblématiques du calendrier de la Coupe de France ! Comment s’est effectuée cette transition ?

Cela faisait plusieurs années que j’avais commencé à intégrer l’univers du vélo au hasard de rencontres et d’amitiés liées à ma passion du cyclisme, avec Jean-Marie Leblanc, avec Roger Legeay, etc… jusqu’à ce que Jean-Paul Waterloos me sollicite il y a dix ans pour devenir ambassadeur de sa course. Dans un premier temps, je ne faisais qu’assister à l’épreuve mais, petit à petit, il m’a impliqué chaque année un peu plus dans l’organisation, comme relation publique sur Paris, pour prendre des contacts, faciliter les échanges, etc. Mine de rien, il me mettait, peut-être inconsciemment en condition pour être en capacité, un jour, de prendre le relais.

Aviez-vous envisagé cette perspective ?

Non, jamais, pour la simple raison que je pensais impossible d’assumer un tel rôle depuis Paris avec un emploi du temps qui ne me laisse que peu de temps libre.

« Guillaume de Tonquedec a le profil du futur ambassadeur »

Qu’est-ce qui vous a poussé alors à sauter lepas?

Malheureusement, son décès brutal en août 2021 a précipité les choses. Comme aucun membre du comité directeur ne souhaitait prendre la suite, je me suis engagé à tout faire pour trouver un successeur. Or, j’ai vite compris que personne ne souhaitait se lancer car la tâche est difficile. Parce qu’il l’avait créé, il y a 37 ans, et parce qu’il était à son image, le Tour du Finistère, c’était Jean-Paul Waterloos ! Les membres du comité directeur m’ont alors fait comprendre qu’ils ne continueraient à s’engager bénévolement dans cette aventure que si je prenais les rênes. Et comme il s’est avéré que c’était le seul moyen de sauver cette épreuve, j’ai dit ok. Je ne pouvais pas me défiler.

Vous n’êtes pourtant ni Breton, ni ancien cycliste…

Breton d’adoption (rires) ! Rien ne me prédestinait à me retrouver là sinon la confiance des membres du comité directeur, la passion commune pour le vélo, pour une région, un département, et la volonté de perpétuer une épreuve phare de la Coupe de France.

Comment s’est déroulée votre première édition de directeur de course cette année ?

Très bien, avec la victoire de Julien Simon, un Breton, comme un symbole fort, un hommage réussi à Jean-Paul. Avec l’aide de la ville de Quimper, de celle de Saint Evarzec, j’ai essayé d’apporter ma patte, mais sans changer la nature bretonne, finistérienne, très locale, de la course. J’ai de l’ambition et les idées qui ne manqueront pas de jaillir devront renforcer cette identité, l’enrichir.

Marc Fayet prudent pour le Tour du Finistère

Comment envisagez-vous l’avenir ?

Année après année, sur ce genre d’épreuve, l’incertitude demeure toujours d’avoir à faire face à la défection d’un gros sponsor, au désengagement des collectivités locales. Pour 2023, la crise énergétique et l’inflation risquent de compliquer les choses. Mais je reste optimiste en essayant de créer, sur place, un petit noyau de bénévoles pour pallier à mes absences. L’objectif est de pérenniser l’épreuve au-delà de l’engagement d’une seule personne.

Quelle est votre actualité théâtrale du moment ?

Je suis actuellement, et jusqu’en décembre, au théâtre du Petit Montparnasse pour interpréter une pièce que j’ai aussi mise en scène, « Un divan, des divas ». De janvier à mai, je serai en tournée dans toute la France pour « Times Square », une pièce où je partage l’affiche notamment avec Guillaume de Tonquedec, pour le coup, lui, un vrai breton (rires) !

Votre successeur comme ambassadeur du Tour du Finistère…

Pourquoi pas, il en a le profil. Il a déjà fait une vidéo pour vanter les mérites du Tour du Finistère et il m’a accompagné cette année sur l’étape de l’Alpe d’Huez dans une voiture de l’organisation. Il n’y connait rien, mais il a adoré (rires) ! Beaucoup de comédiens aiment le cyclisme. Pour moi, cette passion est complémentaire de ce que je peux faire au théâtre, c’est un autre univers plein d’aléas et de surprises. Deux domaines où on peut encore rêver…

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