vendredi 21 juin 2024

Nikola Karabatic : « Faire deux matchs par semaine et être en équipe de France, à bientôt 40 ans, c’est une fierté »

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Après plus de 20 ans de carrière, Nikola Karabatic fermera le livre d’une riche carrière à l’issue des Jeux Olympiques. L’international tricolore pro te pleinement de ces moments et se con e sur cette dernière année qu’il veut réussir aussi bien en club qu’en sélection.

Est-ce une année différente pour vous ?

Pour moi, cette saison est très spéciale. Premièrement, pour les objectifs sportifs que ce soit avec mon club ou l’équipe de France avec deux grandes compétitions, l’Euro en Allemagne et la perspective des Jeux Olympiques à Paris en fin de saison. Deuxièmement, il s’agit de ma dernière saison professionnelle. Je ne foulerai plus de parquets de handball après. Je serai en tribunes. Ça me permet de visualiser cette année d’une manière inédite et unique. Je tente de vivre chaque instant pleinement que ce soit avec mes coéquipiers, mes fans, mes adversaires… Je fais en sorte de la vivre à fond. Je sais que ça peut s’arrêter à tout moment. En fin de saison, c’est une certitude, mais on n’est jamais à l’abri d’une blessure ou autre… C’est très particulier. J’éprouve beaucoup de plaisir à vivre chaque instant.

Etes-vous inquiet par l’éventualité d’une blessure ?

Il n’y a rien qui m’inquiète. Je suis plutôt heureux d’avoir évolué avec toute mon expérience et d’arriver à un point où plus rien ne m’inquiète. Je suis simplement heureux d’être présent à chaque entraînement ou chaque match. L’important est de gagner et de passer au match suivant. Simplement s’accrocher à ce plaisir de gamin. De jouer, de faire son sport et sa passion. Un plaisir qu’on peut oublier au fil du temps, à certains moments de sa carrière, avec les objectifs de son club ou un entraîneur qui vous gueule dessus, des supporteurs pas contents, des déceptions personnelles. On a tendance à l’oublier. Aujourd’hui, je suis simplement heureux d’être à fond dans ce plaisir. Tout peut arriver dans une vie et dans une carrière de sportif. Rien n’est permanent.

Envisagez-vous de manquer les Jeux Olympiques l’été prochain ?


Je ne me pose pas la question. Je me donne simplement à fond. Je me donne tous les moyens pour être au maximum de mes possibilités et faire de cette saison une belle saison, tout en atteignant les objectifs que je me suis fixés, en remportant le plus de titres et de médailles. Mais c’est possible que je ne sois pas à Paris pour x ou y raisons, que je ne termine pas la saison, que j’aille aux Jeux et qu’on ne gagne pas de médaille. Je n’oublie aucune option. C’est la beauté du sport et de la vie. Tout dépend de son travail et de sa motivation au quotidien. Mais il y a un facteur chance qui peut tout chambouler. Je ne me focalise pas là-dessus. Je me donne à fond.

« Je me sens bien physiquement. Les douleurs au pied sont derrière moi »

Est-ce une fierté d’être encore compétitif après toutes ces années ?


Je suis déjà hyper fier, à bientôt 40 ans (il les aura le 11 avril prochain, Ndlr) de pouvoir être sur les terrains que ce soit en équipe de France ou en club et de rivaliser avec les meilleurs joueurs du monde. J’étais super fier de venir en équipe de France à 17 ans et d’avoir le niveau. C’est encore le cas aujourd’hui. Mon job est d’être bon sur le terrain et d’aider mon équipe à gagner des matches. Le reste, je le laisse à mes entraîneurs. 40 ans, c’est un âge et une étape. Je sens que j’ai évolué et que j’ai grandi. C’est cool. Faire deux matches par semaine et d’être encore en équipe de France, j’en tire une petite fierté. J’ai connu d’anciens coéquipiers qui ont dû arrêter à 32-33 ans après une grosse blessure. Je suis content d’arriver à cet âge-là et de connaître ma petite mort bientôt, en l’ayant décidé.

Votre corps vous laisse-t-il tranquille pour justement finir en beauté maintenant que la décision de prendre votre retraite est prise ?

(Il réfléchit) Avec l’expérience, j’ai appris à l’écouter et à comprendre les signaux. On est en phase ensemble. Durant sa carrière, on le met souvent en sourdine et, malgré la douleur, on ne l’écoute pas. Le mental permet de passer outre pour continuer à jouer. Dans le handball, on a un rythme effréné. Maintenant, j’ai appris à prendre soin et à le cajoler un peu plus qu’à une époque. J’espère finir et continuer à faire plus de sport à la retraite.

Comment vous sentez-vous en ce début de saison ?

Je me sens très bien. A l’entraînement, en match, je prends du plaisir dès que je suis sur le terrain. On fait une bonne entame de sai- son en club. Je me sens bien physiquement. Les douleurs au pied sont derrière moi. Je me sens en forme. Il y a des moments où j’aime- rais jouer plus (rires) surtout quand les sensations sont bonnes. Je m’adapte aux décisions du coach. La saison est encore longue. Je fais en sorte d’être utile à mon équipe.

Comment vivez-vous la concurrence au quotidien, notamment en équipe de France ?


Il y a une saine émulation. C’est bien d’avoir des options aussi vastes. C’est différent d’avant. Ça donne un beau réservoir pour le futur. On sait qu’il y a toujours des joueurs capables de garder un niveau intact. Je suis heureux d’être avec les gars. On retrouve vite nos repères. On se projette déjà pour la suite de la saison.

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