dimanche 2 octobre 2022

Nîmes : chronique d’une descente annoncée

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Pascal Auchet
Pascal Auchet
Journaliste

C’est la suite inéluctable de la gestion du club ces dernières années. Après avoir vendu ses meilleurs joueurs, Nîmes connaît son troisième entraîneur depuis son retour en Ligue 1 (après la mise à l’écart de Jérôme Arpinon au profit de Pascal Plancque) et, à moins d’un miracle, fonce tout droit en Ligue 2.

C’était il y a deux ans et demi. Le 1er septembre 2018, le Nîmes Olympique de Bernard Blaquart poussait le PSG de Neymar et Mbappé dans ses derniers retranchements aux Costières. Ce jour-là, les Parisiens avaient souffert contre le promu pour s’imposer finalement 4-2 grâce à des buts de Mbappé et Cavani dans les dernières minutes.

Au terme de la saison, les Gardois termineront à la 9ème place. Des souvenirs dorés pour les supporters nîmois qui depuis ont assisté à la déliquescence de leur club. Victime de son instabilité, le club du Gard, longtemps abonné au National (entre 1996 et 2008) dont il parviendra à s’extirper en 2008 pour se stabiliser en Ligue 2, n’aura vu que six entraîneurs rester au moins une saison pleine sur le banc : Pierre Pibaro, Marcel Thomazover, Kader Firoud, Henri Noël, Pierre Barlaguet et Bernard Blaquart.

2019 : l’été de tous les dangers

Pour Nîmes, les problèmes ont commencé en 2019. Un an après avoir retrouvé la Ligue 1 avec Bernard Blaquart à sa tête (l’ancien directeur de la formation avait repris le club, en position de relégable en Ligue 2 en 2015*) les départs durant l’été de Savanier (Montpellier), Bobichon (Angers), Bouanga (Saint-Etienne) et Ferri (retour de prêt à Lyon puis transfert à Montpellier), précédés par l’arrêt forcé de la compétition de Mustapha  Diallo (problème à la cheville) ont commencé à plonger le club dans la difficulté sportive.

La saison 2019/2020 a été celle de tous les gâchis, symbolisée par la brouille entre Laurent Boissier, le directeur technique à tout faire, et Bernard Blaquart, qui prend sa source durant le mercato estival. Le second reprochant au premier d’avoir mal fait son travail. Il s’en suivra le départ de Boissier, poussé vers la sortie par le propriétaire et président du club, Rani Assaf, et surtout, une saison galère avec Blaquart boudeur, conscient qu’il était en train de perdre son équipe. « Pour moi, il n’y a plus d’entraîneur à Nîmes depuis six mois » dira même Boissier en janvier 2020 chez nos confrères de La Provence. Boissier devenu depuis adjoint au sport de la ville de Nîmes.

Sans le Covid, Nîmes serait peut-être déjà en Ligue 2

Sans le Covid, Nîmes serait-il encore en Ligue 1 ? Rien n’est moins sûr. 18ème avec seulement quatre points d’avance sur Amiens à dix journées de la fin, les Gardois auraient au minimum dû jouer les barrages.

La longue période sans compétition entre le 11 mars et le 22 août n’aura servi qu’à plonger encore un peu plus le club dans la précarité. En guerre froide avec sa direction, Bernard Blaquart, qui ne cache pas son désaccord avec la direction et sa volonté de quitter le club (on dit même à l’époque q’un contrat l’attend à Toulouse), était encore officiellement l’entraîneur du Nîmes Olympique le jour de la reprise, avant que ne soit enfin officialisée la nomination de Jérôme Arpinon, son adjoint, à sa place. Pendant ce temps là, Bernardoni prenait la direction d’Angers et Valls celle du Servette, symbolisant la fin d’une époque.

Sur le terrain, qui ne pardonne pas, Nîmes montre tout de suite ses limites. Malgré une première victoire en trompe l’œil contre Brest (4-0), les Gardois ne remportent que trois matchs lors de la phase aller pour trois nuls et treize défaites. Toutefois, la physionomie du classement, aussi serré dans le bas que dans le haut, avec quatre équipes en quatre points (de Nantes, 17ème à Nîmes, 15 points et un match en retard), dédramatise la situation du club. Ce qui n’empêche pas de voir les supporters réclamer le départ de l’entraîneur. Le 9 janvier dernier ils manifestent leur colère à l’encontre de l’entraineur, mais aussi du président Assaf. En vain.

Combien de temps pour Pascal Plancque ?

« Quatre points, ce n’est rien », expliquait Arpinon mercredi soir après la défaite contre le PSG (0-3).   « On a un match de retard (ndlr : contre Lorient). C’est à nous de gagner les matches face aux équipes qui sont en concurrence avec nous. Il y a Nantes à domicile, Dijon en déplacement, Lorient à la maison… Ce sont des matches pour le maintien.»

L’entraîneur nîmois qui était en train de perdre le soutien de son vestiaire ne savait pas que ce serait la dernière fois qu’il se présenterait face à la presse en tant qu’entraîneur de Nîmes. 

Une équipe de Nîmes très pauvre techniquement, qui encaisse beaucoup de buts (45 depuis le début de la saison) et que l’on voit mal réussir à sauver sa place dans l’élite.

Pascal Plancque, arrivé il y a un mois pour le seconder, s’est vu confier les rennes de l’équipe sans aucune précision pour la durée. Quoi qu’il arrive, il y a peu de chance que cela dure plus d’un an.

*Nîmes attaque la saison 2015/2016 en Ligue 2 avec 8 ponts de pénalités infligés par la Ligue pour avoir tenté d’arranger certains matchs à la fin de la saison 2013/2014.

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