jeudi 25 juillet 2024

Olivier Dall’Oglio (St-Etienne) : « On va pouvoir s’appuyer sur une base de joueurs pour construire »

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Dans l’histoire des Verts, avant lui, il y avait eu François Wicart (1962), Henryk Kasperczak (1986), Robert Nouzaret (1999) et Frédéric Antonetti (2004). Olivier Dall’Olglio est le cinquième entraîneur à ramener l’ASSE dans l’élite du foot français.

Comment pourriez-vous qualifier cette demi-saison (il a été nommé le 12 décembre 2023 à la place de Laurent Batlles, Ndlr) vécue sur le banc de l’ASSE ?

Elle fut riche en émotions et en rebondissements jusqu’à la dernière minute du dernier match. Elle fut très intense sur une courte durée, cinq-six mois, ce qui m’a obligé à faire beaucoup de management et de communication au début pour que les joueurs s’approprient le projet. J’ai eu la chance de tomber sur un groupe réceptif à ce genre de message. Sans ça, ça n’aurait pas marché.

Vous aviez déjà connu une montée en L1 avec Dijon, est-ce comparable ?

Chaque club a ses particularités et cette demi-saison à Saint-Etienne a été très particulière. D’abord parce que c’était la première fois de ma carrière que j’arrivais dans un club en cours de saison. Il m’a donc fallu faire des choix très rapidement, avec l’obligation de se tromper le moins possible car nous avions déjà gaspillé tous nos jokers.

En fait, nous sommes restés en équilibre instable pendant toute la seconde partie de la saison, et jusqu’au bout. Ce fut aussi particulier en raison de la dimension exceptionnelle du club, de la passion qu’il génère dans la ville, dans la région et même au niveau national puisqu’il y avait des supporteurs des Verts dans tous les stades où nous avons joués. Il a donc fallu faire avec cette énorme caisse de résonance.

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Olivier Dall’Olglio a vécu une saison à bouleversement

Dans quelle mesure cette dimension exceptionnelle a-t-elle joué dans vos bons résultats ?

J’ai tout de suite essayé de faire prendre conscience aux joueurs qu’ils étaient dans un club différent, que cela demandait forcément davantage d’investissement qu’ailleurs au quotidien. Tout simplement parce que le bonheur de beaucoup de gens dans toute la France en dépendait.

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Apparemment, vous avez réussi…

Oui, ça s’est joué là dans un premier temps, mais aussi sur le terrain car il nous a fallu, avec le staff, modifier certaines choses, surtout dans le domaine défensif. Etre plus efficace défensivement a été une priorité que les joueurs ont validée en montant tous leur niveau de jeu. En arrivant, je trouvais que les entraînements manquaient d’intensité et ne correspondaient pas à la qualité des joueurs. Ils pouvaient faire mieux. Avant toute chose, ça a commencé par cette prise de conscience. Je savais que j’avais affaire à de bons gars, qui évoluaient dans un super état d’esprit, il fallait en faire des guerriers.

De quel poids a pesé la vente du club dans cette aventure ?

Elle n’a pas posé de problématique particulière. On a aussi facilement fait abstraction parce que les anciens et les nouveaux actionnaires ont fait preuve de beaucoup de discrétion, et parce que les joueurs étaient habitués à entendre toutes sortes de rumeurs depuis quatre ans. On a tous suivi ça de loin jusqu’au dénouement qui est intervenu quasiment en même temps que notre montée. Le message transmis a toujours été qu’il s’agissait d’une bonne chose pour le club. Le football évolue, l’ASSE avait aussi certainement besoin de suivre cette évolution.

« Une énorme fierté de faire monter les Verts »

A 60 ans, comment vivez-vous le fait d’être le coach qui a ramené l’un des clubs les plus populaires du pays en L1?

C’est une immense fierté pour moi qui suis d’une génération qui a vécu à fond les exploits des Verts dans les années 70. On a tous en tête Rocheteau, Lopez, Bathenay… Dernièrement, dans un restaurant, Oswaldo Piazza est venu me saluer. A 60 ans, vivre ça, c’est énorme ! Quand j’étais à Brest, aucun de mes amis n’est venu me voir, ils sont déjà tous venus à Saint-Etienne (rires) ! Je vis ça comme la récompense d’un parcours d’entraîneur qui était jusqu’à présent sur des clubs moins prestigieux et médiatiques. Sportivement surtout, ça correspond à une évolution, une progression dans ma carrière.

En pleine préparation pour la saison prochaine, quel sentiment domine chez vous ?

L’excitation, la crainte… La période est très excitante car je sais que la base des joueurs va rester donc on va pouvoir s’appuyer dessus pour construire. Là encore, notre responsabilité est grande pour ne pas se tromper. Ce Mercato est primordial pour trouver des joueurs qui peuvent entrer dans le moule et nous aider à élever notre niveau de jeu pour répondre aux exigences de la L1.

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