dimanche 2 octobre 2022

Ligue 1 : l’OM, un dixième titre dix ans après ?

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2010-2020. Il y a dix ans, l’OM de Didier Deschamps remportait son neuvième titre, pour sortir d’un tunnel de 17 saisons… et entrer dans un autre qui pourrait être aussi long, à moins que les joueurs de Villas-Boas aient la bonne idée de copier ceux de Deschamps ?

Il n’y avait pas plus de talent à ce moment-là au Vélodrome qu’aujourd’hui. Lorsque l’actuel sélectionneur champion du monde débute la saison, s’il a plus d’internationaux confirmés dans son groupe qu’aujourd’hui (Mandanda et Ben Arfa représentent la France, Heinze et Lucho Gonzalez l’Argentine, Mbia le Cameroun, Niang et Diawara le Sénégal, Koné la Côte d’Ivoire, Taiwo le Nigeria), ils sont peu à être au top de leur carrière.

Il n’y a guère que Mamadou Niang qui réalise la saison de sa vie, meilleur buteur du championnat (18 buts), et Lucho Gonzalez, un diesel qui arrive à plein régime au bon moment en remportant le classement du meilleur passeur de L1 (11 passes). Sans être flamboyants, avec Mandanda et Heinze, ils sont des leaders écoutés et entraînants, et adhèrent au discours plein de réalisme de Deschamps, successeur d’Eric Gerets sur le banc, appelé par Pape Diouf qui sera débarqué quelques jours après au profit de Jean-Claude Dassier.

Après avoir échoué à la deuxième place derrière les Girondins de Bordeaux de Laurent Blanc, qui ont mis fin à l’hégémonie lyonnaise, l’OM a l’ambition de faire mieux. Deschamps a la recette, qui n’est pas celle de Gerets. En compétiteur et manager hors pair, le dernier capitaine olympien à avoir soulevé un trophée, en 1993 la C1, a un plan qu’il n’aura de cesse de mettre en pratique, montant en régime toute la saison, prenant la pole à la 25ème journée, pour ne plus la lâcher. Sans beaucoup de panache, mais avec efficacité.

Un recrutement à 40 M€ pour l’OM

Quand Gerets avait échoué, de peu, en prônant un football offensif, et en n’hésitant pas à lancer des jeunes, à tenter des coups, Deschamps se recentre sur les fondamentaux collectif en se reposant sur des joueurs d’expérience, des tauliers qu’il a parfois déjà côtoyés.

Son recrutement illustre cette volonté d’offrir des certitudes à son jeu. Edouard Cissé, Souleymane Diawara, Lucho Gonzalez, Stéphane Mbia, Cyril Rool, Gabriel Heinze, Fernando Morientes ou Fabrice Abriel ont tous la trentaine et déjà un solide vécu en Ligue 1. Ils ont surtout un gros mental et la capacité de se mettre au service d’une cause, en l’occurrence l’OM : sa quête désespérée d’un nouveau titre. Au moment où Robert Louis-Dreyfus s’éteignait et laissait son épouse aux manettes, l’OM dépensait 40 M€ pour un recrutement qui allait bouleverser l’équilibre du groupe et redistribuer les cartes. Déjà au club depuis trois ans, Benoit Cheyrou faisait partie des cadres : « On avait un groupe très expérimenté qui s’est mis tout de suite en configuration pour gagner, et créer une dynamique. Toutes les recrues étaient de grands professionnels qui avaient déjà gagné avant dans d’autres clubs et arrivaient avec un vécu important. »

C’EST AU MENTAL ET AU PHYSIQUE QU’A ÉTÉ CONQUIS CE TITRE

Avec le savoir-faire de Deschamps, ça ne pouvait faire qu’une équipe qui gagne. Avec ses leaders de vestiaires (Cissé, Diawara, Hilton, Morientes, Cheyrou), d’entraînement (Heinze, Mandanda, Abriel) et de match (Mandanda, Mbia, Niang ou Lucho), le duo Ben Arfa-Valbuena apportait l’indispensable touche créative, le petit plus technique que Deschamps eut d’abord du mal à gérer avant de trouver la clé. « L’effectif était large et le banc assez profond, poursuit le cadet des Cheyrou, ce qui permettait un large turn-over et l’impression que personne n’était indispensable, tout le monde important pour le groupe. »

Dans la roue d’un Mamadou Niang irrésistible, c’est au mental que cette équipe a comblé son retard à mi-parcours (4ème à la trêve à 11 points du leader, Bordeaux), à l’expérience qu’elle a pu rester au sommet jusqu’au bout en alignant quinze matches sans défaite entre janvier et mai avant l’officialisation du titre face au Stade Rennais le 5 mai (3-1). « Tout le monde savait se gérer, dans la préparation, la récupération, on a vraiment beaucoup travaillé et à partir du moment où on avait réussi à prendre la tête, on savait qu’il allait être difficile de venir nous chercher. Parce qu’on était prêts : physiquement et mentalement à faire les efforts qu’il faut pour tout donner et gagner. »

L’OM de Deschamps est allée chercher le titre au mental

Dans cette montée en puissance, la victoire, nette et sans bavure, en Coupe de la Ligue face à Bordeaux, champion sortant et alors leader du championnat (3-1) fut un vrai déclic. « On était rentrés avec la Coupe sur le Vieux Port et l’engouement nous avait scotchés, poursuit l’ancien milieu de terrain, et motivés encore davantage en imaginant ce que ça pouvait donner si on était champions ». Sept victoires d’affilée allaient suivre pour une dynamique qui a aussi bénéficié de l’élimination en Ligue Europa (après une première phase de Ligue des Champions terminée à la 3ème place, derrière le Real, le Milan AC et devant Zurich) en 16èmes de finale face à Benfica, quand les Girondins de Bordeaux ont continué jusqu’en quarts de finale de la C1. Ce neuvième titre de champion, le dernier en date, c’est donc autant au mental et au physique qu’au panache et à la technique que l’OM de Deschamps est allé le chercher. Il offrait enfin au peuple marseillais, frustré par des années de disette et de déception, un doublé coupe (de la Ligue)-championnat digne de la réputation d’un coach qui n’allait pas s’arrêter là. Mais ça, évidemment, c’était avant que le PSG version QSI mette sa patte sur le championnat…

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