mardi 27 septembre 2022

OM : Les dix commandements pour respecter le maillot

À lire

Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

1/ La passion

Je t’aime, moi non plus… pourrait être le titre d’un documentaire en immersion dans le quotidien des supporteurs de l’OM. Comme dans toute relation passionnelle, ça réagit au quart de tour. La passion est le dénominateur commun de tous ceux qui prétendent représenter l’OM.

Gare à ceux qui ne montrent pas patte blanche. « Un président doit être passionné, amoureux du club » nous dit Lionel Maltese. Sinon il aura du mal à incarner l’institution OM, à avoir suffisamment de légitimité pour la diriger. C’est un minimum, non garanti, pour y réussir.

Celui qui l’a le mieux incarnée : Jean-Pierre Papin

2/ La fierté

 « Quand vous insul-tez l’OM, vous insul-tez toute la ville de Marseille ! » Dans le dernier entretien qu’il a accordé au Foot Marseille, en 2019, Tapie assimilait l’OM à sa ville. Il mettait le doigt sur un des principaux
traits de caractère du peuple marseillais : sa fierté, celle de représenter une histoire, une ville, d’en assurer la continuité et d’en être le garant.

À chaque épopée européenne, le même leitmotiv revient dans la bouche de joueurs ou d’entraî-neurs. Heureux d’avoir redonné la fierté à leurs supporteurs. Lors du denier Clasico remporté au Parc en Ligue 1, Thauvin était lui aussi « fier d’offrir cette victoire à tout un peuple ». Fier de gagner sur le terrain, d’accompagner l’équipe en tribunes contre vents et marées. Pour une fierté parfois mal placée qui pousse aux excès et fait perdre la lucidité.

Celui qui l’a le mieux incarnée : Jules Zvunka

3/ L’exigence

Une exigence qui se transforme en ambition les saisons où ça veut le faire, mais qui peut aussi s’avérer contre-productive dans la pression qu’elle engendre lorsqu’il existe un décalage entre les rêves de grandeur et la réalité du terrain. « Cette exigence est largement supérieure à la moyenne des autres clubs, des autres villes », rappelle Lionel Maltese. Elle est à la mesure de la passion et de l’investissement total des supporteurs pour leur club. Mais, contrairement à une idée reçue, elle n’est pas forcément liée aux seuls résultats.

«  La manière est importante, nous disait Bernard Tapie, et jamais les supporteurs ne critiqueront une équipe qui perd s’ils sentent qu’elle a tout donné et qu’elle n’a rien à se reprocher. »   

Les attentes sont fortes. Mais toujours connectées aux attitudes de joueurs à qui rien n’est pardonné, surtout pas un manque d’engagement ou d’investissement.

« On ne le fait pas aux supporteurs marseillais, précise Lionel Maltese. Parce qu’ils sont connaisseurs et s’intéressent à tout au sein du club, sont au courant de tout ». À Marseille, ceux qui font semblants sont vite détectés, les tricheurs ostracisés.

Celui qui l’a le mieux incarnée : Bernard Tapie

4/ La solidarité

La plupart des groupes de supporteurs n’ont pas attendu l’OM Fondation pour s’impliquer dans des actions sociales. Au sein de la cité phocéenne. S’ils vivent de leur passion. Ils s’en servent aussi pour venir en aide aux plus démunis, rappeler qu’ils sont aussi et avant tout des citoyens impliqués dans la vie de leur cité.

De tous temps, la solidarité s’est manifestée naturellement après des catastrophes naturelles, des accidents de la vie, et les hommages sont nombreux au Vélodrome pour ne pas oublier ceux qui souffrent.

Le dernier en date pour les victimes de la rue d’Aubagne. Le 2 novembre 2020 avant la réception de Lille avec deux énormes tifos en virages. Un point dans le coeur et cette inscription « Noailles 05-11 2018 » au sud, et une réplique de la plaque de la rue d’Aubagne au nord. Quelques mois avant, leur message à Bernard Tapie, touché par un cancer, était allé droit au coeur de l’ancien président.

Le Vélodrome est régulièrement mis à la disposition d’associations comme la Croix Rouge, les Restos du Coeur, la banque alimentaire ou des femmes victimes de violence via SOS Femmes 13.

Celui qui l’a le mieux incarnée : Michel Hidalgo

5/ La générosité

Le goût de l’effort et du combat. Bien au-delà de l’amour du maillot pour lequel les supporteurs ne se font plus beaucoup d’illusion, représente l’essence même de ce qu’ils attendent d’un joueur.

« L’une des équipes qui a le mieux incarné ces valeurs d’engagement et de sacrifice reste celle qui a vécu deux années en D2 après l’affaire VA-OM, poursuit Lionel Maltese. Avec des matches de Coupe UEFA qui n’atteignaient pas le top niveau sportif. Mais qui avaient enflammé le Vélodrome comme rarement. »   

Même en D2, même en se faisant éliminer par une équipe de seconde ou troisième zone européenne, le FC Sion. Les Olympiens avaient le soutien entier et total de leurs supporteurs. Une leçon qui n’a pas été retenue par tout le monde et a nécessité une piqûre de rappel de la part du groupe de supporteurs MTP, en début d’année, furieux du rendement de ses deux internationaux, Payet et Thauvin.

Le premier y est qualifié « d’enfant gâté qui se prend pour un autre ». Le second « se permet de ne plus jouer au foot car la prolongation proposée par l’OM ne lui convient pas. »  Et de conclure : « Messieurs les stars de wish, prenez vos affaires et barrez-vous loin de ce club, vous ferez du bien à toute une ville. »   

Celui qui l’a le mieux incarnée : Basile Boli

6/ La fidélité

Si quasiment plus aucun joueur n’effectue toute sa carrière dans un même club, la nostalgie resurgit à chaque « trahison ». Elle frappe de plein fouet tous ceux qui ont le mauvais goût de tourner le dos à l’OM. À l’instar d’un Valbuena ou d’un Ribéry pour ne citer que ceux qui sont revenus au Vélodrome dans le vestiaire d’en face. Aujourd’hui, c’est Mandanda qui incarne le mieux cette fidélité d’un autre temps dans laquelle Payet essaie de s’engouffrer en s’auto-proclamant Marseillais à vie !

Celui qui l’a le mieux incarnée : Steve Mandanda

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7/ L’identité

 « Quand je suis arrivé, j’ai été frappé de voir que 99% des collaborateurs du club étaient Marseillais. Je pense que c’est un danger. Pourquoi ? Parce que j’étais là depuis quelques mois et il se trouve que nous avons eu une série de deux défaites consécutives. J’ai vu dans l’entreprise à quel point les mines et les visages se refermaient. En termes de productivité, l’impact qu’avait une défaite sur les attitudes, les comportements au quotidien étaient fort. Et ça, ça ne va pas. »   

Jacques-Henri Eyraud va peut-être longtemps regretter cette déclaration effectuée en marge d’un séminaire d’entreprises. Car, depuis, les supporteurs n’en finissent pas de réclamer son départ. « Dans les gros clubs avec une forte identité, les mecs qui travaillent au club bandent pour leur club, insiste Eric Di Meco. Or, pour le président Eyraud, s’il a le choix, à compétence égale entre un Marseillais et quelqu’un de l’extérieur, il ne prendra pas le Marseillais… »

Celui-ci bénéficie toujours à l’OM d’un a priori favorable, à condition de vite obtenir des résultats !

Celui qui l’a le mieux incarnée : Eric Di Meco

8/ L’offensive

Droit au but n’est pas qu’un slogan. C’est une vraie philosophie qui épouse le sentiment que l’équipe ne peut pas gagner autrement qu’en prenant des risques, qu’en s’appuyant sur la réussite d’un grand buteur. « Cette histoire de grantatakan fait partie de la culture du club » confirme Lionel Maltese. Aucune grande page de l’histoire olympienne ne s’est en effet écrite sans la présence d’un attaquant hors norme. D’Andersson à Niang en passant par Skoblar, Papin, Völler, Boksic ou Drogba.

Celui qui l’a le mieux incarnée : Josip Skoblar

9/ L’allégeance

C’est le sentiment d’appartenance, à une communauté, à un peuple, un club et une philosophie qui constitue le ciment de tous les supporteurs de l’OM.

À l’inverse, ils s’en sentent aussi propriétaires, comme tous les Marseillais se sentent propriétaires du Vélodrome. Comme tous les monuments de la ville, le stade fait partie de son patrimoine et participe à cette identification. Cependant, le naming vient battre en brèche pour mieux rappeler que les vrais supporteurs phocéens ont fait allégeance à un club et non à une marque ou à un sponsor.

Ce qui rend leur communication plus difficile. Uber Eats en a fait l’expérience en début de saison passée. Pour respecter l’histoire du club et taire la fronde des supporteurs, le sponsor maillot principal a été obligé d’enlever le vert qui ornait son logo au profit du noir, plus conforme aux traditions phocéennes.

Celui qui l’a le mieux incarnée : José Anigo

10/ L’indépendance

Depuis toujours, à l’instar de la ville de Marseille, l’OM s’est construit dans l’opposition à la Capitale. Longtemps (le président Bouchet fut le premier) aucun dirigeant olympien n’a siégé dans les instances du football français comme pour être fidèle à cette tradition d’indépendance.

Exorcisée par l’affaire VA-OM et la rivalité avec le PSG née dans les années 80. La haine de tout ce qui vient d’en haut s’exprime à intervalles réguliers comme lorsque le président Diouf décide d’envoyer son équipe réserve au Parc pour le Classico ou qu’il bataille avec son homologue lyonnais pour l’empêcher de mettre la main sur le foot français.

Celui qui l’a le mieux incarnée : Pape Diouf

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