samedi 26 novembre 2022

Où va le Hand féminin en France ?

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L’équipe de France a été en demi-finale de l’Euro, le championnat est passionnant et disputé, mais le handball féminin français ne parvient pas à décoller. Certaines équipes sont même en grande difficulté économique.

La France est l’une des meilleures nations mondiales, les Bleues cumulent les médailles et les honneurs, mais les clubs n’ont jamais été autant en difficulté. L’un d’eux, Fleury Loiret Handball, relégué en D2 après 19 saisons au plus haut niveau, est l’un des plus emblématiques du handball féminin, il était en haut de l’affiche il y a quelques années seulement (champion de France en 2015), mais aujourd’hui il est au bord du gouffre, il manquait 150 000 euros dans les caisses :

« Fleury va se sauver je pense (le club espère une subvention exceptionnelle de 100 000 euros de la Métropole d’Orléans, Ndlr), mais cet exemple montre le danger qui guette le handball féminin français ».

Jean Pamart, président de Bourg-de-Péage, sait de quoi il parle puisqu’il est venu, il y a quelques semaines, à la rescousse d’un club qui était voué à disparaitre : « Je suis optimiste pour mes affaires à moi, moins pour le hand féminin. Nous, on met en place un nouveau modèle économique, on va gagner notre propre argent, on veut être autosuffisant pour ne pas dépendre du bien vouloir d’autres personnes. »

Malheureusement, la plupart des clubs dépendent des subventions extérieures, c’est le cas du Rennes Métropole Handball (D2) qui après vingt ans d’existence doit mettre fin à sa section professionnelle. Les dirigeants l’ont annoncé à travers un communiqué sans équivoque :

« Malgré nos demandes de prise en considération de nos difficultés organisationnelles aux différentes collectivités locales, aucune solution ne nous a été proposée. On ne peut plus s’entraîner faute de lieu mis à disposition. Après réflexion, nous ne voyons pas d’autre issue que d’arrêter notre activité. »

L’éternel problème du manque de médiatisation

Le handball féminin souffre depuis toujours d’un problème de médiatisation, la période du COVID a également affaibli les clubs qui vivent pour la plupart en grande partie grâce aux recettes guichets. Quelques matches de la Ligue Féminine peuvent être visibles sur Sport en France, mais c’est largement insuffisant. En plus d’être président de Bourg-de-Péage, Jean Pamart a également créé Handstar TV.

Il a essayé de faire bouger les choses à de nombreuses reprises, mais il n’est pas écouté par les instances :

« L’un des grands problèmes est le peu de médiatisation du handball féminin en dehors de l’équipe nationale. Il faudrait que les droits TV soient distribués de manière intelligente. Il y a des situations assez ubuesques, le club m’appartient, mais je n’ai pas le droit de capter mes propres images. J’ai fait plusieurs demandes pour filmer les matches de notre équipe sur Handstar TV, on ne m’a pas répondu. Qu’on ne me dise pas après ça que l’on veut valoriser le hand féminin. Avec Handstar TV, on est capable de diffuser des matches, on en a retransmis quatre par jour lors du Super Globe et ça s’est très bien passé. Le problème vient aussi du fait que ce n’est pas la Ligue qui gère le hand féminin, mais la Fédération. »

Le hand féminin victime d’un problème de gouvernance

Un avis partagé il y a quelques semaines par le président de Paris 92, Jean-Marie Sifre qui a pointé du doigt les luttes d’influence entre la Fédération et la Ligue :

« Le hand féminin est géré par la Fédération. C’est une totale reprise en main et les compétences sont retirées aux clubs. Comme chez les hommes, la Ligue féminine devait être autonome, ce que souhaitaient les clubs, mais c’est resté au stade de la promesse. On a l’impression que toutes les décisions prises vont à l’encontre de cette autonomie. Les clubs participaient notamment à la construction du calendrier, maintenant elle a été transférée au bureau directeur de la Fédération. Il faut que le calendrier soit lisible pour nos partenaires. Si on joue beaucoup de matches pendant deux mois puis plus rien les deux mois suivants, on ne va pas réussir à développer notre produit. »

Or le handball féminin est un super produit qui ne demande qu’à être développé, les idées sont là, mais tant qu’il y aura toutes ces luttes d’influence entre les différentes instances, le développement de l’un des sports les plus populaires de France sera freiné.

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