jeudi 29 septembre 2022

Patrice Canayer (Montpellier) : « On n’est pas à plaindre »

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Le Montpellier Handball a connu un début de saison particulier en ayant cumulé de nombreux cas de Covid. Malgré ce contretemps, la formation de Patrice Canayer a su tenir son rang au moment d’enchaîner les matches. De quoi redonner du plaisir à son entraîneur, aux joueurs mais aussi aux sup- porteurs devant leurs télés. 

Comment se passe ce début de saison ? 

Tout va bien pour le moment. Ça ira mieux quand on pourra enfin pleinement profiter de notre sport. Mais on n’a pas le droit de se plaindre au regard du contexte actuel. 

Arrivez-vous à faire avec cette pandémie au quotidien ?

Il y a deux choses différentes. La partie sportive et la partie économique. Concernant le sportif, on ne va pas se plaindre. On s’entraîne normalement. On joue. Quand on compare à d’autres sports, on n’a pas le droit de se plaindre. Après, ce n’est pas la même chose que de jouer sans public et avec. On essaye de s’adapter sur la partie sportive pour jouer dans des salles vides. D’un point de vue économique, la situation est compliquée pour tout le monde. On espère que les aides vont arriver et que l’on trouvera un compromis pour s’en sortir le mieux possible pour ne pas avoir trop d’impact sur l’économie des clubs. 

« On na l’impression de faire un autre métier »

Trouve-t-on un certain plaisir à pratiquer le handball dans une salle vide ?

Bien sûr. Tout est une affaire de comparaison dans la vie. Si on compare avec le premier confinement où l’on était enfermé chez nous, on ne pouvait pas faire d’activités. On ne pouvait voir les joueurs qu’à travers des appels visio interposés. Maintenant, si on compare avec ce que l’on faisait habituellement et le plaisir que l’on prenait, dans des salles pleines, avec de l’ambiance, on a l’impression de faire un autre métier. C’est différent. Pour le moment, la situation n’est pas normale. Sur le sportif, il y a du plaisir, mais par contre il y a de l’inquiétude sur l’aspect économique. 

Au niveau des joueurs, certains sont-ils en manque d’engouement et de public pour donner leur pleine mesure ?

C’est un facteur qu’il faut prendre en compte dans la motivation. Il faut être attentif aux attitudes, surtout en jouant deux fois par semaine. A un moment, l’énergie peut également venir du public qui vous pousse à vous dépasser. Cet aspect n’est pas là. Ça nécessite de faire plus d’efforts pour trouver une source de motivation et un petit plus supplémentaire. Pour le moment, je suis satisfait du comportement de l’équipe qui arrive à aller au-delà de cet environnement particulier. 

« Donner du plaisir aux gens malgré tout »

Sportivement, Montpellier est en haut du classement et joue les premiers rôles en Coupe d’Europe, malgré plusieurs matches de retard, à cause du Covid. Est-ce une satisfaction ? 

On a une période compliquée à gérer. On a été l’équipe la plus touchée. On a eu 11 cas qui se sont déclarés en l’espace de 10 jours. On a pris de plein fouet cette vague qui nous a arrêtés pendant quatre semaines. On a eu trois semaines sans pouvoir faire un travail collectif avec la semaine internationale en plus. Ça nous a coupé dans notre élan après une bonne préparation. On a eu un peu de mal à reprendre. Petit à petit, on remonte en puissance. Les joueurs font beaucoup d’efforts pour revenir. Dans la gestion, ça n’a pas été simple. Quand un joueur qui revient du Covid, on ne sait pas trop les séquelles qu’il a ou pas. Ça nous a perturbés dans le rendement de l’équipe. Globalement, on ne s’en sort pas trop mal. On est train de retrouver de la cohésion et un jeu collectif qui n’est pas mauvais, même bon. En termes de résultats, on est bien. Ce qui m’inquiète le plus, c’est le cumul des matches en retard. Avec les règles définies par la LNH, on va devoir les récupérer lors de la deuxième partie de saison. Pour les clubs qui ne jouent pas la Coupe d’Europe, ce n’est pas un problème, mais pour les autres, tous ces reports peuvent le devenir. On va avoir un calendrier complexe sur la deuxième partie, mais on va gérer. 

D’un point de vue sanitaire, comment vont vos joueurs au sortir de cette période de Covid ? On a beaucoup de chance. On a une population assez jeune. Mais certains salariés ont été touchés aussi. Il y a eu les joueurs. On a été très touché. Fort heureusement, on n’a pas eu de cas sérieux. Beaucoup de fatigue, mais rien de grave. On a très bien passé cette période difficile. On s’est serré les coudes. Maintenant, on attaque l’avenir avec envie, sérénité et optimisme. 

Dans cette période de pandémie, relativise-t-on les résultats ou la compétition reprend-elle vite le dessus ?

Il y a déjà le plaisir de faire son travail. Ce n’est que du bonheur d’être sur le terrain. On est des privilégiés par rapport à d’autres métiers comme les restaurateurs. Il faut après revenir à l’essence même du rôle de sportif professionnel, on est là pour donner plaisir aux gens. Il faut l’assumer. Il ne faut pas toujours parler de l’aspect sanitaire ou économique. Il n’y a pas que ça. On doit redonner de l’espoir aux gens. On a pris le pari de continuer à jouer malgré le huis-clos. C’est difficile économiquement. Mais notre mission est d’offrir du spectacle, du plaisir et du loisir, malgré tout. Malheureusement, pas dans les salles, mais derrière son écran. C’est notre rôle. 

Comment abordez-vous la suite de la saison ? 

Honnêtement, ça ne sert à rien de se projeter trop loin. Je l’ai déjà dit à mes joueurs. Il faut avancer au fur et à mesure. On est testés tous les trois jours. On a intégré que les cas peuvent apparaître du jour au lendemain. Le championnat peut s’arrêter. Nos adversaires peuvent être touchés aussi. Il faut jouer les matches comme ils viennent. C’est trop complexe de se projeter. Il ne faut pas décrocher dans les différentes compétitions. C’est le principal. On fait tout pour se qualifier dans notre poule de Coupe d’Europe. En championnat, on est bien positionné malgré nos matches de retard. Mais ces derniers ne sont pas synonymes de matches gagnés. On le sait bien. 

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