samedi 26 novembre 2022

Philippe Gardent (BBL) : « J’ai l’âme d’un bâtisseur »

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Un an et demi après son arrivée à la tête du projet girondin, le champion du monde 1995, Philippe Gardent nous dit tout ce que lui a apporté, à titre personnel, son déclassement en Nationale 1, tout ce que laisse entrevoir la montée en ProLigue et l’excellent début de saison de son équipe. Entretien réalisé pour Handball Magazine et Le Quotidien du Sport..

N’êtes-vous pas surpris du bon début de saison de votre équipe ?

Quand on espère quelque chose et que ça arrive, on n’est pas surpris. Mais ce n’est que le début, le championnat est long. Pour un club qui n’a qu’un peu plus d’un an d’existence, il était important de bien démarrer. Par expérience, je sais que ça peut basculer très vite dans l’autre sens.

Vos joueurs semblent avoir bien digéré la transition entre le niveau amateur et le professionnalisme.

Oui, et pour la bonne raison que nous avions déjà instauré des règles strictes et professionnelles en Nationale 1 même si nous n’avions que cinq joueurs pros dans l’effectif la saison passée. Pour anticiper la montée et rendre la transition moins compliquée, nous avions volontairement élevé notre niveau d’exigence. Dans cette logique, on agit dans la continuité.

Comment fonctionne votre duo avec Benoît Peyrabout, l’autre entraîneur ?

On continue à se répartir les tâches sportives, partie prenante dans tous les domaines, avec un principe simple : on prend toujours les décisions en commun. C’est pour cette raison qu’on ne peut pas dire qu’il y a un entraîneur et un adjoint, mais bien deux entraîneurs.

 « Notre ambition est d’être en starligue dans les deuxtrois ans »

Après 25 ans de haut niveau, vous avez accepté de relever un défi en Nationale 1, apparemment avec bonheur. Iriez-vous jusqu’à conseiller un tel retour aux sources à vos collègues ?

Pourquoi pas. J’ai trouvé ça régénérant. Un tel choix est peu commun, et quelque part courageux parce qu’on perd un statut en tombant dans l’anonymat, mais il correspondait à un manque, celui de ne jamais avoir été confronté à une autre réalité que celle du haut niveau professionnel. J’avais envie de me ressourcer au coeur du handball, revenir à la base, avoir ce parcours. Et j’ai eu la chance de le faire par choix, pas par obligation. Dès la fin de ma carrière de joueur, j’ai enchaîné comme entraîneur en D1 donc je n’avais jamais eu la possibilité de vivre ça. En plus, ça marche puisque nous sommes montés…

Vous fixez-vous des échéances pour atteindre la StarLigue ?

Monter en StarLigue est très difficile, ça passe par une ProLigue qui nous propose des combats tous les week-ends ! On est patient et conscient que nous avons encore beaucoup de travail à effectuer en interne pour structurer le club. On veut se donner le temps de bien le faire.

L’humilité nous oblige à viser le maintien comme objectif prioritaire… même si nous sommes compétiteurs et qu’on ne se plaindrait pas si ça pouvait aller plus vite que la musique (rires) ! Pour notre première année d’existence, nous avons été champions de France de N1, cette année est aussi bien partie… On verra bien où ça nous mène sachant que notre ambition est d’être en StarLigue dans les deux-trois ans.

Vous vous projetez déjà aussi loin !

On fait un métier bizarre… mais j’ai l’âme d’un bâtisseur. A Chambéry, nous avons transformé un club de campagne en champion de France. Ce genre de défis, ça me plait beaucoup !

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