mardi 11 mai 2021

Philippe Gilbert : « J’ai quasiment redémarré de zéro »

À lire

Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Après avoir connu une nouvelle blessure au genou, l’ancien champion du monde Philippe Gilbert n’a pas connu le début de saison rêvé, mais il souhaite maintenant repartir de l’avant et retrouver simplement ses sensations.

Avez-vous vécu un début de saison frustrant ?

J’ai fait beaucoup de travail ces dernières semaines pour que mon genou aille mieux. Je pédalais quasiment sans douleur, c’est un pas important. C’était compliqué de savoir où j’en étais parce que j’ai souvent dû m’entraîner seul avec la crise sanitaire. Puis j’ai roulé avec un groupe conséquent et j’ai pu me comparer avec mes équipiers. Je décidais de prendre les premières courses tranquillement.

Votre blessure au genou sur le Tour de France 2020 a-t-elle été compliquée à se résorber ?

C’était bien pire que ce que je pensais, j’ai eu beaucoup de problèmes avec mon genou et même toute ma jambe, parce que j’ai perdu beaucoup de force. J’ai quasiment redémarré de zéro, c’est la première fois depuis longtemps que j’étais à ce point-là.

J’avais le niveau d’un gars qui commençait le vélo lors de ma première semaine de reprise. C’est pour cela que je ne pouvais pas encore jauger ce que je valais. Tout est OK avec mon genou désormais, cela n’a rien à voir avec ce que j’ai connu à mon retour au Tour du Luxembourg. La blessure était plus complexe que la première fracture (sur le Tour de France 2018, Ndlr), c’était un deuxième choc sur le même os. C’était donc plus difficile. Maintenant je peux rouler normalement, sans trop de douleurs.

« Prendre les courses comme elles viennent »

Pourtant, vous avez décidé de couper en ce début de saison…

(Il coupe) Ça faisait déjà quelques semaines que ça n’allait pas. On a pris le temps d’analyser et la meilleure explication est que c’est un manque de fraîcheur mental et physique. Je pense que c’était dû à tout le travail que j’ai effectué après ma chute dans le Tour de France de l’année passée. Je reste humain. J’ai fait beaucoup de travail, sans vraiment de repos parce que les semaines où je ne faisais pas de vélo, finalement je faisais beaucoup de travail chez le kiné, les différents spécialistes,… A l’époque, il y a eu un mauvais diagnostic du genou. On n’a pas réalisé la gravité de cette deuxième chute.

Peut-être j’aurais dû arrêter ma saison 2020 à ce moment-là. Il fallait savoir que le vendredi avant Milan-San Remo c’était le premier jour que je pédalais sans douleur au genou. En stage avec l’équipe au mois de janvier, j’étais, je pense, encore au moins 20 ou 30% derrière la moyenne du groupe. J’ai eu alors une période de doute, surtout parce que je me mettais de la pression pour Milan-San Remo pour être prêt. J’ai encore travaillé plus pour essayer de revenir. Et j’ai fait une grosse progression physique depuis ce stage-là, mais peut-être un peu trop rapide aussi. Et maintenant je le paie.

Philippe Gilbert pas au top cette saison

Au Nieuwsblad, j’ai fait un beau résultat (5ème, Ndlr), mais c’était plus à l’expérience qu’avec les jambes. Finalement, cette saison, je n’ai pas encore été une seule fois au top. Il était temps de couper. J’arrive à un moment de ma forme où je n’évolue plus. Je stagne et je n’arrive pas à passer un niveau supérieur. Normalement chaque année après Tirreno ou après Paris-Nice je passais un niveau et je devenais plus fort. Ici, je suis resté au même niveau. Donc le corps n’accepte plus les charges de travail ou le système de surcompensation, comme on fait souvent.

Quand on est à ce stade-là, le seul moyen de laisser le corps travailler naturellement, c’est de le reposer. A Paris-Nice, je n’ai pas eu un seul jour où j’avais les jambes pour faire le final. J’étais juste ca-pable de suivre. Dans les courses belges, c’était chaque fois pareil. Aux environs du kilomètre 150, je commençais à avoir mal aux jambes. Normalement, c’est là où je commence à pouvoir faire la différence.

Qu’attendez-vous de la suite de cette saison ?

C’est encore trop tôt pour parler de choses précises. Je veux me sentir et avoir la tête à 100% pour jouer un rôle dans le final. C’est pour ça que je fais du sport. Je n’ai pas vraiment pensé aux Jeux Olympiques ou au Tour de France. J’aime bien prendre les choses une à une.

Les championnats du monde dans les Flandres peuvent-ils devenir une priorité ?

C’est une grande chance évidemment d’avoir un championnat du monde en Belgique. Je pense que la Belgique va partir avec le rôle de favori pour gagner. Que ce soit avec moi ou avec un autre coureur, ça on verra…

Retrouvez cet entretien, ainsi que toute l’actu du vélo, dans Le Sport Vélo, en vente ici ou chez votre marchand de journaux

spot_img

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

spot_img
spot_img

Actu

À lire aussi

spot_img