dimanche 2 octobre 2022

Pogacar les 6 tours de France dans le viseur, mythe ou possibilité ?

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Si, l’an passé, c’était une révélation, en 2021, ce fut une confirmation. Mais pas n’importe quelle confirmation. Tadej Pogacar a réalisé un véritable chef d’œuvre pour de nouveau rapporter le maillot jaune du côté des Champs-Elysées. Il n’a laissé que des miettes à ses adversaires, repoussant son dauphin, Jonas Vingegaard à plus de 5 minutes et Richard Carapaz, à plus de 7 minutes.

Le Slovène a su construire son succès tout au long des trois semaines de course avec des succès impressionnants sur le premier contre-la-montre de Laval puis des victoires plus que convaincantes dans les Pyrénées au Col du Portet et à Luz-Ardiden. D’ailleurs, à l’arrivée, on sentait la sérénité du leader de la formation UAE Team Emirates qui n’en finit pas d’impressionner par sa maîtrise tactique et sa gestion des émotions à moins de 23 ans.

« J’avais gagné le Tour de France l’année dernière et, au début, je ne savais pas comment approcher la plus grande course du monde. Mais je vais parler avec mon cœur, et remercier tous ceux qui ont soutenu tous les coureurs. Ça a été des sensations folles de revenir après le succès de l’an passé. C’est une réelle aventure, un grand bonheur de faire partie de cette famille, mon équipe, avec qui j’ai aussi préparé le Tour. Je ne vais pas pleurer cette année. » Avant de préciser sa pensée.

« C’est très différent de l’année dernière. La première fois, c’est incroyable, et maintenant c’est indescriptible, mais j’apprécie toujours ce moment. Je n’aime pas me comparer aux autres, chaque coureur a son style et sa personnalité. Je profite de la vie, je travaille en même temps très dur et c’est une récompense. »

« C’est très différent de l’an passé »

Pour décrocher son 2ème Tour, il avait autour de lui une équipe performante et des coéquipiers comme Rui Costa, Davide Formolo, Rafal Majkar ou Vegard Stake Laengen, qui ne manquaient pas de métier pour gérer les situations les plus compliquées, sans oublier des jeunes talents comme Mikkel Bjerg, Marc Hirschi et bien évidemment Brandon McNulty. Le Slovène n’a d’ailleurs pas manqué de souligner le travail de ses coéquipiers quand il avait un coup de moins bien sur le Mont Ventoux.

Cela ne l’a pas empêché de toujours les encourager et de les suivre quand c’était difficile. Si, l’an passé, on a surtout vu la naissance d’un talent hors norme, sur cette édition 2021 de la Grande Boucle, on a vu un véritable patron et chef de bande capable de susciter une belle cohésion autour de sa personne. Et l’image de ce dernier venant annihiler les quelques offensives des favoris avec une grande facilité en a découragé plus d’un. Et notamment Richard Carapaz qui a confirmé qu’il n’avait pas les armes pour rivaliser avec le Slovène cette année.

« Dans le sport, il peut toujours y avoir quelqu’un qui est plus performant que vous »

« Pogacar était très fort. A la télé, ça a parfois l’air facile quand on monte une étape, mais en fait il y avait des moments où c’était très difficile à gérer. Je n’ai pas eu de points hauts en particulier, mais il n’y a pas eu de points bas non plus. Je pense que c’est pourquoi je suis satisfait car j’ai pu prendre la 3ème place en restant stable tout le long. Pogacar a fait une course incroyable et je ne peux que le féliciter. Toutes les équipes viennent ici pour gagner et c’est ce que nous voulions quand nous avons commencé. Mais, dans le sport, il peut toujours y avoir quelqu’un qui est plus performant que vous. »

Tadej Pogacar a déjà marqué de son empreinte le Tour de France et tout le monde lui prédit un avenir digne des plus grands. A lui maintenant de s’offrir ce destin incroyable qui ne cesse de s’écrire sur les routes de la Grande Boucle en s’attaquant au record de cinq victoires détenu par Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain. Le plus dur commence pour le Slovène. Egan Bernal vainqueur du Tour en 2019 à 22 ans peut en témoigner…

L’histoire est en marche pour Pogacar

En s’offrant son deuxième maillot jaune, Tadej Pogacar a rejoint une belle brochette de grands champions du cyclisme comme Lucien PetitBreton, Ottavio Bottechia, André Leducq, Gino Bartali, Fausto Coppi, Bernard Thévenet, Laurent Fignon ou encore Alberto Contador.

Déjà deuxième plus jeune vainqueur de l’histoire du Tour, derrière Henri Cornet, à 21 ans, le Slovène possède le meilleur ratio de victoires/participations avec 100% de victoires en deux Tours devant Eddy Merckx et Fausto Coppi.

Mais cette statistique reste anecdotique au regard du fait que Pogacar a réussi à le faire d’une année sur l’autre comme Laurent Fignon, vainqueur en 1983 et 1984, Nicolas Frantz en 1927 et 1928, Ottavio Bottechia, en 1924 et 1925 puis Lucien Petit-Breton en 1907 et 1908. Sans oublier les légendes que sont Eddy Merckx, Bernard Hinault, Miguel Indurain, Philippe Thys et Louison Bobet qui ont su enchaîner avec un deuxième Tour de France après une première victoire.

Une performance rare que n’avait pas su faire Jacques Anquetil, Christopher Froome ou encore Greg LeMond. Et avec 6 succès d’étapes, il devrait rapidement s’installer dans le top 10 devant des coureurs comme Bartali, Indurain, Bobet ou encore Zoetemelk. Sans compter le record de 3 victoires du classement de meilleur jeune de Jan Ullrich et Andy Schleck qui pourraient vite être dépasser dans les prochaines années.

Pogacar a brillé sur le Tour de France. Le récit dans le nouveau numéro du Cyclisme Magazine.

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