mardi 11 mai 2021

Pourquoi Karim Benzema doit revenir en Equipe de France

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Incroyable mais vrai : la France s’apprête à jouer l’Euro sans l’un de ses deux ou trois meilleurs joueurs. « Un crime de Deschamps au foot » estime la presse espagnole pendant que les médias français restent silencieux. Plus rien aujourd’hui ne justifie son absence de la sélection.

La situation est incroyablement paradoxale. Alors que Karim Benzema est injustement écarté de l’Equipe de France par Didier Deschamps,  à quelques semaines de l’Euro, c’est la presse espagnole qui s’indigne.

Auteur d’un but exceptionnel face à Chelsea en demi-finale aller de la Ligue des Champions (1-1),  le n°9 du Real Madrid est devenu le 4ème meilleur buteur de l’histoire de la compétition avec 71 réalisations, derrière Ronaldo, Messi et Raul.

Marca : « Priver le monde du football en ne sélectionnant pas Benzema est tout simplement un crime »

Une grande performance de plus pour le Français cette saison qui a fait réagir Marca. « Il a marqué un grand but, il a failli en mettre un autre avec un tir qui s’est écrasé contre le poteau, et a montré qu’il était un leader majuscule en plus d’être un crack. Il a compris le jeu mieux que quiconque et même les imposants joueurs physiques de Chelsea ne pouvaient rien contre lui » écrit le quotidien madrilène. Avant de s’en prendre directement à Didier Deschamps : « Priver le monde du football en ne sélectionnant pas Benzema pour le Championnat d’Europe est tout simplement un crime » écrit Marca.

Pendant ce temps-là, le nom de Karim Benzema n’est même plus évoqué par les médias français dans les conférences de presse du sélectionneur… En Espagne,  on le veut Ballon d’Or, trophée que le Français du Real aura du mal à gagner sans jouer l’Euro. « Benzema gol de oro » titrait d’ailleurs AS au lendemain de son but stratosphérique contre Chelsea (contrôle de la tête et retourné acrobatique). Allusion à peine masquée au titre individuel suprême délivré en fin d’année. 

Le Graët en 2017 : « Il n’est pas suspendu. Et s’il continue à bien jouer, un jour il reviendra ». 

Merci à nos amis journalistes sportifs espagnols, souvent arrogants, régulièrement extrémistes et pas toujours objectifs, qui nous rappellent que Didier Deschamps a, de façon purement arbitraire, décidé de se priver de l’un des deux ou trois (avec Mbappé et Griezmann) meilleurs joueurs français en activité ! 

Il y a un mois, au lendemain d’une masterclass de son buteur contre le Celta Vigo, Zinedine Zidane avait pourtant montré la voie de la rébellion. « Karim est un p….. de joueur, quand tu aimes le football, tu aimes Karim » avait lâché l’entraîneur du Real Madrid. Un commentaire qui n’avait pas fait sourciller le sélectionneur. Pas plus du reste que les médias français pour lesquels l’absence de Karim Benzema n’est même plus un sujet. C’est un fait acquis, point. 

On se rappelle pourtant de cette déclaration de Noël Le Graët, le 24 février 2017 : « Karim Benzema est sélectionnable, il n’est pas suspendu. Si Didier (Deschamps) veut le prendre, il peut. Il n’y a aucun problème. Et s’il continue à bien jouer, un jour il reviendra ». 

Les Bleus auraient-ils perdu la Coupe du Monde avec Benzema ?

On doit donc en déduire que c’est la rancune de Didier Deschamps, qui n’a pas digéré les déclarations de Benzema expliquant qu’il avait cédé à une frange raciste de la France en ne l’appelant plus, qui est l’unique responsable de la fin forcée de la carrière internationale du joueur formé à Lyon.

Plus de cinq ans après les faits, il n’est plus possible de se cacher derrière la trop fameuse, et triste « affaire de la sextape », qui lui avait valu d’être écarté en 2015. Et ce même si la date de son procès pour « complicité de tentative de chantage » a été fixée au 20 octobre prochain.  

Certes, Deschamps et les Bleus ont atteint la finale de l’Euro 2016 et remporté la Coupe du Monde 2018 sans Karim Benzema. Mais peut-être auraient-ils battu le Portugal en 2016 avec Benzema, et surtout, ils auraient peut-être aussi gagné le mondial avec lui.

Manuel Valls en fait une affaire d’Etat

De plus, on a le sentiment que le Benzema de 2021 n’est plus le même que celui qu’il était il y a encore deux ou trois ans. Que dire alors de celui qu’il était en 2015 date à laquelle on l’accuse d’avoir voulu pousser Mathieu Valbuena à plier devant le chantage. 

Les années qui passent ne font qu’ajouter de l’obscurantisme sur la non sélection de Karim Benzema. Le 1er décembre 2015, Manuel Valls, alors premier ministre, avait fait de la non sélection du buteur du Real une affaire d’état en déclarant : « Tant  de jeunes se reconnaissent dans les grands sportifs, si le sportif ne l’est pas, il n’a pas sa place en Equipe de France ».

Quatre mois plus tard, le ministre des sports, Patrick Kraner lui avait emboité le pas. « Ma position est celle d’un ministre des Sports qui pense que l’exemplarité, la probité, la valeur humaine et judiciaire en l’occurrence  des joueurs  doit être prise en considération ».

A l’époque Karim Benzema avait répondu par un tweet cinglant : « 12 saisons que je suis professionnel : 541 matchs joués, 0 carton rouge, 11 cartons jaunes !!! Et certains parlent de mon exemplarité ??? » 

C’était le 15 mars 2016. Depuis, Karim Benzema a inscrit plus de cent buts avec le Real Madrid, il a remporté trois Ligues des Champions et trois Coupes du Monde des clubs… 

> Affaire de la sextape : toujours présumé innocent

Tout a commencé en octobre 2015 dans la cadre de la préparation d’un match amical des Bleus entre la France et l’Arménie. Karim Benzema a évoqué avec Mathieu Valbuena l’existence de la fameuse sextape (récupérée dans le téléphone de ce dernier par des maitres chanteurs). Une conversation interprétée comme une « mise sous pression » par Valbuena et présentée comme une simple « mise en garde » par les avocats de Benzema. Rappelons qu’à ce jour, Karim Benzema est juridiquement « présumé innocent », avant le procès qui aura donc lieu au mois d’octobre à Versailles. 

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