lundi 15 juillet 2024

Pourquoi Marquinhos (30 titres, 443 matchs) a-t-il encore des choses à prouver au PSG

À lire

Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

La longévité et le palmarès exceptionnel du défenseur brésilien Marquinhos, le prédestinent à laisser une trace indélébile dans l’histoire du PSG. Depuis son arrivée en 2013, en remportant 30 titres en 443 matches (record absolu), Marqui a tué la concurrence. Et ce n’est pas fini.

Jusqu’où ira Marquinhos dans la légende du PSG ? A 30 ans, encore sous contrat jusqu’en 2028, à l’aube d’entamer sa douzième saison dans la capitale, l’enfant de Sao Paulo a encore le temps d’ajouter de nombreux chapitres à son histoire parisienne. Neuf titres de champion de France, sept Coupes de France, six Coupes de la Ligue et neuf Trophées des Champions le placent au même niveau que son ancien coéquipier Verratti.

Il ne lui manque désormais que de soulever la Ligue des Champions pour supplanter tous ceux qui l’ont précédé, tous ceux qui peuvent aussi revendiquer le statut de légende. Espérée depuis son arrivée, à 19 ans, en 2013 après un bref passage par la Roma, cette ambition s’est pour le moment toujours heurtée aux limites d’un club qui lui a confié le brassard de capitaine depuis le départ de son alter ego de la Seleçao, Thiago Silva en 2020.

À LIRE AUSSI : toute l’actualité du foot dans votre mag

Marquinhos, une légende incomplète

« Il était meilleur avec Thiago Silva à ses côtés, nous dit un autre ancien défenseur central parisien, Eric Rabesandratana. Car Marqui n’est pas un leader naturel, il n’est jamais meilleur que lorsqu’il ne lui faut s’occuper que de ses propres performances. Avec Thiago qui, sans être un grand leader lui non plus, prenait tout de même plus de responsabilités, il rayonnait davantage et exprimait toutes ses qualités. Sans Thiago, on sent que ce brassard et tout ce qu’il implique lui pèsent parfois. »

On ne s’improvise pas leader. On l’est ou on ne l’est pas. De caractère plutôt discret, Marquinhos a dû se faire violence pour assumer un statut qui n’allait pas de soi face aux stars avec qui il a dû collaborer, Neymar, Messi, Mbappé et compagnie.

Ses performances en ont pâti, poursuit rabesandratana, autant que l’obligation
de devoir changer de charnière centrale quasiment tous les ans, donc de faire l’effort d’intégrer un autre profil, de s’adapter à lui, etc. Tout ça prend de l’énergie. »
Bien réglé avec Kimpembe, la blessure de l’international français est venue perturber un équilibre qu’il n’a jamais retrouvé avec Kehrer, Ramos, Skriniar, Hernandez, Danilo ou Beraldo.

« Pour qu’il soit à son top, il faut qu’il ne se concentre que sur son jeu, et alors il est énorme dans l’anticipation, aussi parce qu’il maîtrise tous les gestes défensifs, est très bon techniquement et intelligent dans la relance. »

Avant de peaufiner ses automatismes avec Beraldo, que Luis Enrique veut imposer à ses côtés, le Brésilien sait que son efficacité en dépend « parce qu’il se met au diapason du joueur avec qui il joue, poursuit Rabé. L’inexpérience de Beraldo n’est pas forcément une bonne chose pour lui qui préfère largement jouer avec des mecs capables de se gérer. Sans être réducteur, il s’épanouit davantage dans la peau d’un n°2 que d’un n°1. »

« Marqui est un grand défenseur, Thiago Silva et Ramos de très grands défenseurs »

Et c’est d’ailleurs pour ça que son parcours parisien, jalonné de nombreux hauts, l’est aussi de quelques bas. Pour cette raison qu’on lui a souvent reproché son manque d’interventionnisme quand les choses ne tournaient pas bien, en Ligue des Champions surtout.

« Attention quand même, relativise Rabé, il reste un des meilleurs du monde, mais pour moi, il n’est pas au niveau d’un Thiago Silva ou d’un Ramos qui avaient en plus la capacité à agir sur les événements, surtout l’Espagnol qui faisait preuve d’une grande agressivité. Marquinhos est un grand défenseur, les deux autres sont de très grands défenseurs… » qu’il peut encore espérer rejoindre à condition de marquer encore davantage son temps.

Déjà auteur de 38 buts sous les couleurs Rouge et Bleu, déjà décisif à de nombreuses reprises dans des matches capitaux de Ligue des Champions (en 2021, face à l’Atlanta Bergame et Leipzig en quarts et demi-finale, en 2022 à Manchester United, au Bayern et face à Manchester City en match de poule, quart et demi-finale), s’il ne l’est pas dans l’âme, Marqui est un leader par l’exemple qui aurait déjà soulevé la coupe aux grandes oreilles si certains de ses coéquipiers avaient su le suivre. Et alors il serait déjà le plus grand. Partie remise ?

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Actu

spot_img
spot_img

À lire aussi