samedi 8 octobre 2022

Le PSG avant QSI : Il était une fois un club familial au Parc des Princes…

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Le 9 janvier 1978, une nouvelle ère s’ouvrait pour le jeune club parisien avec l’arrivée à la présidence de Francis Borelli. Un titre de champion, deux Coupes de France et les premières campagnes européennes marqueraient les années 80 au fer d’un homme qui réussit à faire de son PSG un club à la fois populaire, familial et ambitieux.
Jusqu’à l’arrivée de Canal + le 30 mai 1991.

1/ la coupe de france : une vieille dame pour un jeune club

Comme un clin d’oeil du destin, c’est dans la plus vieille de toutes les compétitions (1917) que le plus jeune des clubs français (1970) s’est construit une identité. Après quatre 16ème de finale d’affilée, et sans jamais avoir dépassé les quarts (1974 et 1976) et les demi (1975), la première finale, en 1982, était la bonne.

A l’issue d’une épopée difficile, peuplée de matches d’anthologie, de qualifications arrachées face à l’OM en 8èmes de finale, puis Bordeaux après prolongations, et Tours aux tirs au but en demi, ce sont les Verts de SaintEtienne qui allaient faire les frais de la baraka parisienne. Malgré un doublé de Platini, l’égalisation de Rocheteau, l’ex-ange vert, annonçait une série de tirs au but parfaite.

Comme un symbole, c’est l’enfant du club, Jean-Marc Pilorget, qui transformait le dernier penalty. La légende l’avait déjà précédé avec le président Borelli qui embrassait la pelouse du Parc, où se déroulaient encore toutes les finales, au moment de l’égalisation à la dernière seconde des prolongations. Bathenay pouvait soulever le premier trophée de l’histoire du club, en offrant à ses supporteurs son premier moment d’émotion intense, le PSG était enfin lancé. Le 15 mai 1982, comme une seconde naissance.

Le baiser de Borelli…

Un an après, en 1983, la montée des marches fut plus paisible et la finale de toute beauté face au champion de France nantais propulsé par le meilleur buteur du championnat, et futur parisien, Halilhodzic. Mené 1-2 à la pause, après l’ouverture rapide du score par Zaremba sur coup franc, le PSG va une fois de plus tout renverser grâce à l’intenable Susic, buteur puis passeur pour Toko. Et Borelli d’embrasser de nouveau la pelouse.

Après Bathenay, remplacé en cours de match, c’est Baratelli qui soulevait la coupe : « Une des joies les plus profondes de ma vie de footballeur », se souvient le gardien qui fut le témoin malheureux d’un des plus beaux buts de l’histoire de la coupe, celui de José Touré après un sombrero et une série de jonglages aériens.

C’est dans ces deux victoires d’affilée, face au champion sortant ou au futur champion que le PSG est d’abord devenue une équipe de coupe. Depuis, onze autres trophées sont venus garnir son palmarès.

Le coach

Appelé par Borelli, Georges PEYROCHE aura été l’homme des deux victoires en Coupe de France. Avec 211 matches sur le banc parisien, il aura incarné les années Borelli entre 1979 et 1983 puis de 1984 à 1985, avec un management à l’ancienne, très affectif, proche des valeurs de son président pour un duo qui aura fonctionné pendant six saisons.

Le joueur

Nambatingue TOKO a marqué dans les deux finales, et en disputa même une troisième en 1985, mais sans parvenir à faire le triplé, battu

par Nice. Il fut aussi décisif en offrant la première qualification européenne de l’histoire du club, grâce à un retourné acrobatique fantastique face au Lokomotiv Sofia au Parc (0-1, 51) en 16èmes de finale de la Coupe des coupes.

Le match

A quatre jours d’intervalle, le FC TOURS d’un certain Delio Onnis était au programme d’une 37ème journée de D1 (gagnée 4-3 au Parc) et surtout d’une demi-finale de Coupe de France disputée sur terrain neutre, à Rennes, le 11 mai 1982. Sept ans après avoir échoué au même stade de l’épreuve face à Reims, le PSG ne manquait pas l’occasion. En arrêtant le tir au but de… Onnis, Baratelli ouvrait en grand les portes du Parc pour la première finale de l’histoire du club.

2/ le championnat à jamais les premiers !

Au soir du 26 juillet 1985, après une victoire sur Toulouse 3-1 (3ème journée), le PSG occupe pour la première fois de son histoire la 1ère place du championnat de France.

Neuf mois plus tard, après un succès sur Monaco (1-0), et sans jamais avoir quitté la 1ère place, il assure le premier titre du club et offre à Paris une consécration après laquelle la capitale court depuis 1936 !

Entre temps, les joueurs de Gérard Houllier ont battu le record d’invincibilité qui datait de 1959, propriétaire de l’AS Saint-Etienne, avec 26 matches sans défaite, et ont fait souffler un vent de fraîcheur sur le football français grâce à un style de jeu offensif supérieur au Nantes de Coco Suaudeau (2ème à trois points) et aux Girondins de Jacquet (3èmes). Boostés par l’efficacité d’un Rocheteau repositionné avant-centre, qui terminera deuxième meilleur buteur du championnat (19 buts), un Susic au top et un Fernandez en pleine ascension, les Parisiens manquent le doublé d’un rien, éliminés en demi-finales par Bordeaux.

Après la 3ème place en 1983, la 4ème en 1984; ce titre de 1986 confirme le changement de statut d’un club qui rivalise désormais avec les historiques du championnat, jouant d’égal à égal avec Monaco, Bordeaux, Nantes, Saint-Etienne ou Marseille.

Nonobstant une 2ème place en 1988/1989, sur les talons de l’OM de Tapie, jamais plus le PSG de Borelli ne parviendra à confirmer ce leadership national. Le départ de Fernandez au Racing annonçait deux saisons difficiles et l’éviction d’Houllier en 1988. Le début de la fin d’une époque révolue…

L’envol de Fernandez

Le coach

Révélé à Noeux les Mines en D2, puis à Lens qu’il qualifia pour la Coupe UEFA, Gérard HOULLIER est un jeune entraîneur sans expérience quand il débarque au PSG en 1985… pour offrir immédiatement au club de la Capitale un destin national. En développant une philosophie de jeu résolument portée vers l’offensive, l’ancien prof d’anglais va aussi changer l’image du club, rendre l’équipe plus attractive et spectaculaire, efficace et régulière, quand elle n’était qu’une équipe de coupe avant son arrivée.

Le joueur

On sous-estime trop l’impact de Safet SUSIC sur la montée en puissance du PSG au milieu des années 80. Au PSG entre 1982 et 1991, il fut d’une régularité exceptionnelle dans un rôle de meneur de jeu axial qui lui permettait d’exprimer sa technique, son sens du jeu et de la passe juste (66 buts et 61 passes décisives en 287 matches de D1). Lors de l’année du titre en 1986, il atteint des sommets, élu joueur parisien du siècle en 2010.

Le match

Le 20 septembre 1985, pour le grand retour d’Houllier à Bollaert, le RC Lens mène 2-0 grâce à deux penaltys, le second à l’heure de jeu. C’est un troisième penalty qui permet à Rocheteau de réduire le score à la 62ème, avant que Jeannol égalise à la 67ème et que Susic conclue la marque à la 81ème. En moins de vingt minutes, le PSG avait démontré un coeur suffisamment gros pour aller chercher une dixième victoire et des raisons de croire à son destin. Quelques années après, Gérard Houllier déclarait : « Ce soir-là, je me suis dit : « on va être champions ! » »

La Coupe d’Europe : Les années d’apprentissage

Entre 1978 et 1991, le PSG a croisé le chemin de 10 clubs, vécu 20 soirées européennes, de la plus improbable, face à Glentoran, club de Belfast, au 1er tour de la Coupe des vainqueurs de coupes (C2) en 1983, à la plus prestigieuse, au tour suivant face à la Juventus Turin de Michel Platini. C’est cette double confrontation qui fait office de sommet européen pour les années Borelli tellement l’issue fut incertaine.

En 1990, juste avant de passer entre les mains de Canal +, le club parisien retrouva la Juve pour une élimination toute aussi frustrante (0-1 et 1-2) qui en disait long sur le chemin qu’il restait encore à parcourir. Entre les deux, la déception la plus forte fut l’élimination face aux Belges de Waterschei.

Après avoir gagné l’aller 2-0, le retour fut un cauchemar avec deux expulsions pendant les prolongations (Lemoult et Boubacar) et une défaite 0-3 qui fut mal vécue par les supporteurs, mais qui n’empêcha pas les joueurs de Peyroche d’aller chercher une seconde Coupe de France d’affilée quelques semaines plus tard, histoire de remettre ça. Fort du titre de 1986, la coupe aux grande oreilles fit aussi une apparition à l’automne 1986 sous la forme d’un 16ème de finale face aux Tchèques de Vitkovice. Dans un Parc à moitié vide, le nul de l’aller (2-2) annonçait les difficultés du retour (0-1) et celles d’une saison décevante, loin des attentes nées du premier titre de champion.

Le coach

Des 12 coachs de l’ère Borelli, Tomislav IVIC fut le plus expérimenté de tous. Arrivé du FC Porto en 1988, il succéda à Houllier pour redresser la trajectoire et ramener le club au niveau européen après une 2ème place en 1989 juste derrière l’OM. La saison d’après, il était sur le banc pour les retrouvailles avec la Juve en Coupe UEFA et une 7ème place honorable en championnat qui confirmait que sa philosophie de jeu, très restrictive, ne correspondait pas aux attentes des supporteurs.

Le joueur

Luis Fernandez était presque comme un fils pour Francis Borelli qui prit la présidence à son arrivée au PSG et lui fit signer son premier contrat pro en 1980. Jusqu’en 1986, l’enfant des Minguettes était aussi celui du club, chouchou d’un Parc qui, à l’image de son président, ne digéra pas son départ pour l’ennemi parisien du Racing et les millions de Lagardère. Sans Luis, plus rien ne sera jamais vraiment comme avant…

Le match

La réception de la Juventus de Turin en 8èmes de finale aller de la C2, le 19 octobre 1983 est le premier choc européen de l’histoire du club. L’ambiance des grandes soirées européennes est enfin présente au Parc pour accueillir une grande partie des champions du monde italiens; Cabrini, Scirea, Gentile, Tardelli ou Rossi et évidemment Platini et Boniek. Même tiré par les cheveux, le 2-2 du match aller décomplexe les joueurs de Lucien Leduc. Pas assez pour s’imposer à Turin (0-0), mais suffisamment pour marquer les esprits et prendre rendez-vous avec l’Europe.

Tom Boissy

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