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Quand Livry-Gargan disait adieu à la D1…

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Au cœur de la Seine-Saint-Denis, terre de handball s’il en est, le HBC Livry-Gargan a pris en marche le train du professionnalisme au début des années 90 pour le quitter à l’issue de la saison 2004/2005, sa dernière en D1. Sur le parquet, Yérime Sylla y était. 

« Je venais de Pontault-Combault, j’étais en fin de carrière, et LivryGargan, malgré l’incertitude qui a longtemps plané autour de son avenir, a été une bonne opportunité pour moi de rester en D1. » Malgré le talent et l’expérience de Yérime Sylla, l’arrière de 34 ans, également passé par Villeurbanne et Dunkerque, la saison allait être difficile.

L’un des clubs les plus emblématiques du hand français, qui s’était appuyé sur une génération championne de France cadet, junior, de Nationale 1 et de D2, entre 1995 et 2003, pour revenir dans l’élite, après avoir été finaliste de la Coupe de France et 6ème de D1 en 1994, était confronté à de sérieuses difficultés financières, déjà rétrogradé en D2 en 2000, puis réintégré au prix d’un énorme bras de fer avec la Fédération.

En quête de 900 000 euros pour combler les dettes et régler notamment un conflit avec Raoul Prandi (le papa d’Elohim), le président délégué Blaise Million, qui était aussi secrétaire général de la LNH, avait fait feux de tout bois pour arracher l’aval de la CNACG (Commission nationale d’aide au contrôle et à la gestion).

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Livry-Gargan gagne 500 000 €

Finalement, ajoutée aux sponsors, aux cotisations et aux recettes billetterie, à la subvention de la municipalité, une augmentation de celle du Conseil général à 500 000 euros offrait un répit d’un an à ce qui apparaissait déjà comme inéluctable. « On ne savait pas trop où on allait, reconnait l’ancien international sénégalais aujourd’hui à la tête de la sélection féminine de Chine. La préparation avait été particulière… Pour se rendre en Croatie faire un stage, c’est nous qui conduisions les voitures ! »

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Sauvé in-extremis la saison d’avant avec le statut de promu, au détriment de Villeurbanne et de Pontault-Combault, Livry-Gargan s’appuyait sur Sébastien Ostertag, futur international, Vincent Moreno, Laurent Malatchoumy, Philippe  Lepoitevin, Olivier Anicette, Steeve Florella, Arnoldas Cepulis et les Croates Risto Arnaudovski et Sedin Zuzo, le gardien. Le tout coaché par Tomislav Krizanovic, international de l’ex-Yougoslavie, qui avait fini sa carrière de joueur à Livry-Gargan pour enchaîner avec un rôle d’entraîneur (19982006) qui n’allait pas vraiment de soi.

« Il était encore très joueur dans son approche, se souvient Yérime Sylla, pas vraiment motivé. On sentait qu’il était devenu coach un peu par défaut… »

22 défaites, le bilan délicat

C’est dans ce contexte pas vraiment stimulant que les Livryens débutaient leur saison par un premier succès plein de promesses face à Angers (2725). « Les difficultés de la préparation, la faiblesse du budget et du recrutement nous avaient beaucoup liés, poursuit Sylla. Sur cette dynamique collective, nous avons fait illusion en début de saison, mais nous manquions trop d’encadrement pour espérer se maintenir. »

Trois petites victoires, aucune à l’extérieur (pour un nul et 22 défaites) fermaient définitivement la parenthèse professionnelle d’un club qui allait s’associer avec Villepinte pour survivre en D2, sans éviter la descente jusqu’en N3 en 2009. Et attendre dix ans pour se retrouver de nouveau en N1.

« Dans d’autres circonstances, nous avions une équipe capable de se maintenir, analyse celui qui avait été nommé parmi les meilleurs arrière-droits du championnat. C’est un regret d’avoir terminé ma carrière comme ça, dans un club qui faisait quand même partie du paysage, dans une vraie région de handball. Mais, en fin de saison, le sportif était passé au second plan. On se demandait tous si on allait être payé jusqu’au bout… »

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Comme une métaphore d’une saison où les Livryens ne parvinrent que trop rarement à développer leur handball… jusqu’au bout de leurs matchs. « On tenait 30 ou 40 minutes, après on lâchait prise. »

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