lundi 3 octobre 2022

Ligue des Champions : Rennes, le petit grand d’Europe

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En décrochant enfin leur ticket pour la ligue des champions, les Bretons ont changé de dimension. Comme un déclic, la victoire en Coupe de France 2019 a permis à Rennes de franchir un palier pour accéder à la cour des grands.

LE PALMARÈS

Presque un demi siècle… il a fallu attendre exactement 48 ans pour voir les supporteurs de Rennes fêter de nouveau une ligne de plus au palmarès de leur club. Entre 1971 et 2019, entre deux victoires en coupe de France, face à l’OL puis face au PSG, le club breton n’avait rien gagné. Auparavant, une première coupe de France, en 1965 face à Sedan, avait ouvert une voie rapidement refermée et dans laquelle se succédaient des finales… perdues; de coupe de France en 1922, 1935, 2009 et 2014, de coupe de la Ligue en 2013. Jamais mieux classé qu’à la troisième place en championnat, cette saison 2019-2020, le club court toujours après son premier titre de champion de France de L1, se contentant de deux titres de champion de D2 en 1956 et 1983. Au niveau européen, le bilan se limite à une seule participation, à venir, à la Ligue des Champions, et à un huitième de finale de Ligue Europa disputé la saison passée face à Arsenal (1-3 et 0-3), après avoir éliminé le Bétis Séville en 16ème (3-3 et 3-1).

L’ENTRAÎNEUR

JULIEN STEPHAN

C’est une défaite du Stade Rennais face à Strasbourg, à domicile, en décembre 2018, qui amena Julien Stéphan, le fils de l’entraîneur adjoint de l’équipe de France, Guy, sur le banc des professionnels, à la place de Sabri Lamouchi. Jusqu’alors, l’ancien milieu de terrain passé par Toulouse, le Racing ou Saint Brieux, en National, n’avait jamais eu que des équipes de jeunes à coacher. Sa dernière expérience, avec la réserve du Stade Rennais, qu’il a fait monter en N2, s’est révélée suffisamment convaincante pour que les dirigeants lui offrent l’opportunité de devenir, à 37 ans, le plus jeune entraîneur de la saison en L1. Eu égard aux très bons résultats, l’intérim s’est transformé en contrat de deux ans, prolongé depuis, grâce à un succès historique en coupe de France, face à l’ogre PSG (2-2 aux tab), et un beau parcours en Ligue Europa jusqu’en 8ème de finale. En six mois, le jeune coach avait fait ses preuves et offert à son club les meilleurs résultats de toute son histoire. La troisième place de la saison dernière confirmait qu’il était bien l’homme providentiel.

LE STADE

ROAZHON PARK

Jusqu’en 2015, c’est au Stade de la route de Lorient, propriétaire de la mairie de Rennes, que jouaient les Rouge et Noir. C’est à l’initiative du président Ruello qu’une grande consultation populaire aboutit au changement de nom du stade en Roazhon (Rennes en breton) Park ! Entre la route de Lorient, la rivière la Vilaine, la nouvelle enceinte modernisée peut accueillir 30 000 personnes avec un record d’affluence de 29 490 spectateurs datant du 29 août 2005 face à l’OM. Les quatre tribunes (Lorient, Vilaine, Rennes et Mordelles) offrent un vrai stade de foot aux supporteurs, proche du terrain et dont l’affluence moyenne ne cesse de progresser pour battre un record la saison passée à 25 892 spectateurs.

LA STAR

MBAYE NIANG

S’il n’est pas le transfert le plus cher de l’histoire du club (15 M€ contre 22 M€ pour Severino Lucas), il est de loin celui qui s’est avéré le plus efficace sportivement. Formé à Caen, aguerri au Milan AC, puis à Montpellier, au Genoa FC, à Watford et à Torino, l’attaquant international sénégalais, finaliste de la dernière CAN 2019, a enfin trouvé en Bretagne un contexte favorable pour exploiter d’immenses qualités trop peu exprimées jusqu’alors. Objet de toutes les convoitises cet été, le Stade Rennais a été bien inspiré de lever l’option d’achat de son prêt et de prolonger son contrat jusqu’en 2023. A seulement 25 ans, avec 32 buts inscrits en deux saisons rennaises, Mbaye Niang est une star en devenir qui n’a pas forcément vocation à demeurer longtemps en Bretagne. Rennes doit donc en profiter…

LA RECRUE

MARTIN TERRIER

Sixième transfert le plus onéreux de l’histoire du club (12 M€), Martin Terrier est avec Serhou Guirassy, venu d’Amiens, la recrue phare de cet été post-Covid. L’international espoirs de 23 ans arrive de Lyon pour apporter son expérience de deux campagnes de Ligue des Champions et d’un club où il a pu toucher le très haut niveau. Formé à Lille, prêté une saison à Strasbourg, il monte en puissance depuis deux ans et devra confirmer sa capacité à entraîner les autres dans son sillage dans une équipe moins expérimentée qui va découvrir la Ligue des Champions. Attaquant de rupture, à l’aise sur un côté, Terrier a signé cinq ans et était une des priorités de Julien Stephan, séduit par l’intelligence et la polyvalence offensive du joueur.

LE SYMBOLE

ROMAIN DANZÉ

Il n’est pas une star mais à Rennes, c’est un menhir qui détient le record de matchs disputés en Ligue 1 (376) entre 2006 et 2019, pour une carrière 100% rennaise qui s’est arrêtée la saison passée, après treize saisons de bons et loyaux services, sur une victoire historique en coupe de France… qu’il n’a pas pu disputer, blessé à un genou, mais à l’issue de laquelle il a pu soulever un trophée qui lui était passé sous le nez en 2009 et en 2014. Défenseur de devoir, capitaine à partir de 2012, l’enfant de Douarnenez a intégré le centre de formation rennais en 2001 pour ne plus quitter un club où il est encore aujourd’hui, en reconversion, après avoir obtenu son DEF, responsable des relations publiques et du développement du club. Son numéro 29, devenu mythique, a été retiré le 3 juin 2019 de la liste des numéros de maillot du club.

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