mercredi 22 mai 2024

Rétro : 1970, l’arrivée discrète du PSG dans l’élite

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Si le PSG est devenu ce club ultra dominateur en France, sa mise en route a été discrète, lente et progressive. Autres temps, autres mœurs. 

1970 a été l’année retenue par le club comme date de fondation. Au cours de cette décennie le club va se maintenir  dans l’élite à partir de 1974/1975 (15ème en 1975, 14ème en 1976, 9ème en 1977, 11ème en 1978, 13ème en 1979).

Quand un certain Jean-Marc Pilorget débarque au PSG au milieu des années 70 en tant qu’aspirant, voilà à quoi ce club devenu dix fois champion de France en 2022, ressemblait : « Quand je suis arrivé au PSG, c’était presque un club amateur, relate ce dernier. En pleine construction. Il y avait une équipe première qui venait de monter en première division. Ce n’était pas le néant non plus quand même. Il y avait eu la fusion avec Saint-Germain en Laye. Mais il n’existait pas à cette période de véritable centre de formation. Quand j’ai fait partie de ces jeunes joueurs qui ont intégré l’équipe réserve, on était logés à Achères. C’était un centre d’émigrés ».

Le PSG un club amateur avant les paillettes

« On était arrivés en plein ramadan. Ensuite, il y a eu ce début de logements pour les jeunes. C’était à Saint-Germain en Laye. Cela résonnait alors comme un début de formation pour moi. J’étais arrivé en juillet. J’avais intégré l’équipe professionnelle en décembre. En juin, je jouais en DHR, en juillet en équipe réserve en 3ème division, et en décembre je me retrouvais donc avec les professionnels. On s’entraînait également au Camp des Loges. Mais ce n’était pas aussi privatif que maintenant. Tout le monde pouvait venir nous voir nous entraîner. C’était une autre époque (rire) ».

Quand le bizuth Pilorget fait ses premières armes au club, d’autres noms sont déjà connus ou ne vont pas tarder à se faire connaître. Citons par exemple sans exhaustivité les Mustapha Dahleb, le grand gardien serbe Ilija Pantelic, l’international congolais François M’Pelé, le capitaine Jean-Pierre  Dogliani, l’international français Jacky Novi, le solide défenseur international portugais Humberto Coelho.

Ou encore les Dominique Baratelli et Lokoli, Jean-Michel Larqué, Jean-Claude Lemoult, Dominique Bathenay devenu capitaine, Philippe Redon, François Brisson, Carlos Bianchi à l’approche des années 80. Aux prémices du PSG, les présidents se succèdent aussi (Pierre-Etienne Guyot entre le 26 juin 1970 et le 4 juin 1971, Guy Crescent entre le 4 juin 1971 et le 17 décembre 1971, Henri Patrelle entre le 17 décembre 1971 et le 9 juin 1974). En signant au PSG Pilorget a connu deux présidents. Surtout un :

« J’ai surtout bien connu Francis Borelli (président entre le 9 janvier 1978 et le 31 mai 1991, ndlr). Il a été très longtemps mon président. Un grand dirigeant. J’ai retenu surtout de lui son côté humain. Il était très proche de ses joueurs, constamment à l’écoute. Dans les bons moments comme dans les plus difficiles. Par contre Daniel Hechter (président entre le 9 juin 1974 et le 6 janvier 1978, ndlr) je l’ai trop peu connu. Je ne peux donc pas porter un avis tranché. J’étais très jeune. C’était quelqu’un de très réservé ». 

« Quand je suis arrivé au PSG c’était presque un club amateur » 

Entre 1970 et 1979, beaucoup d’entraîneurs vont aussi prendre place sur le banc du PSG (Pierre Phelipon, Robert Vicot, Just Fontaine, Velibor Vasovic, Ilija Pantelic et Pierre Alonzo (le père de Jérôme), Jean-Michel Larqué, Camille Choquier…). Mais le club de la capitale ne gagne rien de significatif pendant ces années 70. Les Rouge et Bleu ont dû attendre 1982 pour remporter leur premier grand trophée (la Coupe de France). Pourquoi ? :

« Dans ces années 70, ce qui a manqué le plus au club pour aller encore plus haut c’était surtout le temps, témoigne Pilorget. Je répondrai exactement la même chose sur l’équipe actuelle et sur le fait qu’elle n’a pas encore gagné la Ligue des Champions. Il faut du temps pour construire. Il faut aussi savoir composer avec toute l’impatience d’un environnement. Que ce soit à mon époque ou maintenant, tout le monde est impatient ; les supporters, les médias. L’impatience c’est affreux car des mauvais choix sont faits, des erreurs sont commises et en découlent. Il faut laisser le temps au temps.Ce n’est pas forcément l’argent qui fait les choses. On le voit aussi avec Manchester City ».

Une chose est certaine. Quand Jean-Marc Pilorget a débarqué au PSG, on ne baignait pas du tout dans le même monde qu’actuellement et dans l’opulence. Mais cette époque avait incarné, avait amorcé le début de quelque chose : ces premières années constructrices et fondatrices en première division. Avant de savourer un premier titre de champion de France en 1986. On connaît la suite…

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