jeudi 23 mai 2024

RETRO : 1976, l’OGC Nice débute son match… À 10

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Jamais, en France, une équipe professionnelle de football n’avait débuté un match à 10. C’est pourtant ce qui est arrivé aux infortunés de l’OGC Nice en 1976, à Furiani, pour un huitième de finale retour de Coupe de France incandescent face au SC Bastia.

Ancestrale, la rivalité entre Nice et Bastia a atteint son paroxysme le 10 avril 1976 pour un match de Coupe de France qui n’a rien eu à voir avec le football. Plus qu’un derby, cet affrontement allait dépasser largement le cadre du sport en convoquant la haine et la violence dans un stade Furiani qui attendait ce match retour avec l’envie d’en découdre, la volonté de faire peur et mal.

A l’aller déjà (2-2), une altercation avait entraîné les expulsions de Toko (OGCN) et Heidkamp (SCB). Dix jours après, l’arrivée au stade des Aiglons laisse toujours un goût terriblement amer dans le souvenir de Dominique Baratelli. Ce n’était qu’un aperçu…

l’OGC Nice arrive au stade à pied

« Le bus nous avait laissés à une centaine de mètres des vestiaires de Furiani, on avait été obligés de marcher au milieu d’une foule plus qu’hostile avec le seul objectif d’arriver au stade. C’était irréel ! Deux joueurs de chez nous ont été blessés (Katalinski et Douis, Ndlr) qui n’ont pas pu jouer. »

A une époque où on n’avait droit qu’à un remplaçant, 12 2 = 10 joueurs pour débuter un match que les Niçois ont longtemps voulu ne pas disputer. « Parce que ce n’était pas du foot, c’était la guerre, se souvient Baratelli. Il y a eu beaucoup de discussions entre les dirigeants, et finalement pour ne pas envenimer les choses, on a tous décidé d’y aller. Mais sans se faire trop d’illusions sur l’issue du match. »

Prévu sur le banc, Rostagni débutait donc une partie à 10 contre 11 (une grande première qui ne s’est jamais plus renouvelée) que les visiteurs, choqués, ne débuteront jamais vraiment, laissant aux locaux une large victoire 4-0 synonyme de qualification, Baratelli ayant limité la casse :

Baratelli : « C’était irréel »

« J’avais passé le match loin de ma ligne de but, entre le point de penalty et la limite de la surface de réparation, pour éviter les projectiles lancés des tribunes, des cailloux, des pétards. Des choses qu’on ne voit heureusement plus aujourd’hui avec autant de violence. »

Donné à rejouer, sur terrain neutre, à Nancy, ce match retour n’aura finalement jamais lieu. Face aux intimidations incessantes qui touchaient les joueurs niçois, le magasin de sport de Jean-Noël Huck ayant même été plastiqué (!), c’est le Ministre de l’Intérieur, Michel Poniatoswki, et le maire de Nice, Jacques Médecin, qui demandaient au président niçois, Roger Loeuillet, de déclarer forfait.

A l’origine du mal, une altercation avait opposé Pantelic, le gardien yougoslave du Sporting, et Van Dijk, le buteur néerlandais des Aiglons, un soir de championnat de novembre 1972 dans un stade du Ray archi-plein qui allait être le témoin d’une bataille rangée.

Nice menait 1-0, tout allait bien, jusqu’à l’incident, anodin, mais aux lourdes conséquences. Pantelic et Revelli expulsés par M. Wurtz, la pelouse envahie par les supporteurs bastiais, les CRS débordés, des blessés à déplorer. Quatre ans avant, le début de la haine entre les deux clubs jusqu’à l’escalade de ce 10 avril 1976.

Tom Boissy

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