samedi 26 novembre 2022

Rétro : 1986, le PSG de Safet Susic ouvre la voie

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C’est à jamais le premier titre de champion de France du PSG. Rien que pour cela il a été très « spécial ». Une première grande ligne au palmarès qui restera pour toujours gravée. Retour sur image avec la légende Susic.

Cette équipe, cette année-là est en lévitation. Pourtant le club avait terminé à une bien mauvaise 13ème place la saison d’avant (à seulement quatre points des relégués Rouen et Tours). Les Joël Bats, Jean-Marc Pilorget, Safet Susic, Dominique Rocheteau, leur vaillant capitaine Luis Fernandez et consorts, vont réaliser un championnat fantastique.

La consécration de ce groupe coule de source tant il est supérieur aux autres. La troupe de Gérard Houiller ne sera jamais vraiment inquiétée pendant l’exercice. Et pour cause ! Le club de la capitale s’empare de la première place dès la troisième journée pour ne plus la lâcher. Au final le PSG termine avec trois points d’avance sur son dauphin Nantes (23 victoires, 10 nuls et 5 défaites).

Bien entendu les qualités footballistiques de ces joueurs ne se discutaient nullement. Mais l’autre grande force de ce PSG-là résidait surtout dans sa force psychologique collective. Les exemples n’ont pas manqué dans ce championnat pour traduire cet état de fait. Ce PSG n’était quasiment jamais battu jusqu’à la dernière seconde et pouvait renverser n’importe quelle situation alors qu’on la pensait perdue.

Le premier titre du PSG pour ses 15 ans

Certains chiffres à l’appui ? Les Parisiens avaient en particulier été capables de renverser un Lens pourtant très coriace en étant mené 0/2 pour inverser la tendance et gagner finalement 3/2. Ou encore de battre in extremis Monaco sur un but de Oumar Sène à la 89ème minute. Encore plus inimaginable ! Remarquer un Luis Fernandez dantesque et héroïque dans les cages à Metz en lieu et place de Joël Bats, blessé. Ce pragmatisme et cette détermination extrêmes auront permis à ce PSG d’établir un nouveau record d’invincibilité en première division, soit 26 matchs sans défaite.

Il fallait bien en passer par ce degré de performance incroyable pour remporter un premier titre domestique historique. Safet Susic est pour toujours une ancienne gloire du club. L’ancien milieu de terrain parisien entre 1982 et 1991 avait été un acteur fondamental de ce premier sacre (37 matchs joués, 10 buts).

Il avait déclaré plus tard : « C’est le premier de l’histoire du club. Il est forcément spécial. Nous n’étions pourtant pas favoris. Nous visions plutôt le podium pour pouvoir disputer la Coupe d’Europe. Nantes avait un effectif bien meilleur que le nôtre. Mais nous avions fait un très bon début de saison avec notamment une victoire (4-2) contre Bastia, dès la première journée. Nous avions eu aussi de la chance. Nous devions jouer ce match en Corse. C’était difficile à l’époque de jouer là-bas, encore plus de gagner. Or, finalement, il s’était disputé à Reims. Cette victoire nous avait mis en confiance pour la suite de la saison. Dès le début du championnat, nous avons pris de l’avance sur Nantes et nous avons donc réussi à la conserver ».

Susic : « Nous n’étions pourtant pas favoris, nous ne visions que le podium »

Eric Rabesandratana, futur joueur du PSG entre 1997 et 2001, est à l’époque tout jeune. Mais il se souvient : « A cette période j’ai 13, 14 ans. Je suis à Nancy. Je n’ai pas de souvenirs hyper précis de ce titre. Mais pas mal de joueurs du PSG formaient à l’époque l’ossature de l’équipe de France. Ils avaient marché sur le championnat. Sur le plan de la symbolique, ce premier titre domestique reste forcément très, très spécial. Le PSG comparé aux autres équipes, reste un club jeune. »

« Ce premier titre avait à cette époque une symbolique bien plus forte qu’on ne pouvait le penser. Pour gagner ce genre de titre dans une saison, il faut faire preuve d’une régularité assez importante. On a l’impression que c’est chose facile désormais avec Paris et les autres. Mais en fait c’est ce qu’il y a de plus dur à accomplir. C’est terriblement ardu de rester toujours performant. »

« Qui plus est quand le niveau des équipes adverses est assez proche. En plus ils avaient fait cavalier seul cette année-là. Quand tu fais la course en tête avec énormément d’équipes qui t’embêtent, c’est d’autant plus fort ! Et cette symbolique avait été renforcée par le fait encore une fois que le club est jeune. Quand on sait comment le club est né, on se dit alors qu’il n’a pas mis trop de temps à gagner. Je me souviens effectivement d’ailleurs sur un match de cette image quand Luis Fernandez avait pris la place de Bats dans les buts. Pas si anecdotique que cela… »

« Peut-être que de tous les titres remportés par le PSG ce premier est celui qui a le plus marqué les esprits. Symboliquement car il a été le premier donc il a provoqué énormément d’émotions et sans doute les plus fortes. Comme cela ne t’es jamais arrivé, tu n’attends qu’une chose c’est qu’elle arrive. C’est comme quand le club remportera la Ligue des Champions pour la toute première fois. Ce sera un truc tellement énorme que tu ne pourras jamais l’oublier ! ».

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