samedi 2 mars 2024

Rétro : Coupe du Monde 1986, le carré magique des Bleus

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Elaborée par Michel Hidalgo lors du Mondial 82, cette option aussi technique que tactique a beaucoup fait souffrir les adversaires.

Lors de la Coupe du monde en Espagne contre l’Irlande du Nord (4-1), le 4 juillet 1982, à Madrid, il y a la mise en place d’un « carré magique ». Tigana, Genghini, Giresse et Platini forment un quatuor particulièrement offensif. Michel Hidalgo à l’initiative de cette organisation rappelle :

« Ces quatre joueurs étaient d’abord de très grande valeur. Ils étaient des cracks de leur époque. Ils correspondaient à mes attentes et à mon approche du football.

De grands joueurs comme eux s’adaptent très vite. C’est ce qui faisait leur force, notamment. J’ai énormément apprécié ce temps lors duquel j’ai été sélectionneur. C’est aussi venu du fait que j’avais des éléments de ce calibre -là. Beaucoup de nos actions démarraient du milieu de terrain. Mais ces incroyables joueurs savaient marquer aussi…

Les autres sélectionnés étaient heureux d’évoluer à leurs côtés. Techniquement, ils étaient très forts. Ils savaient garder et donner le ballon. On les recherchait car, une fois qu’ils l’avaient dans les pieds, ils en faisaient bon usage. Ils étaient également efficaces. Cela n’a pas de prix à ce niveau. Un Michel Platini avait notamment ces caractéristiques-là. Avec en prime une belle mentalité.

Il a été un joueur juste exceptionnel. Platini savait tout faire. Il brillait et faisait briller les autres. Techniquement, il avait un bagage bien au-dessus de la moyenne. En évoquant le carré magique, on ne peut pas parler de perfection, car il manque toujours quelque chose, mais c’était difficile de faire mieux… ».

Avec l’arrivée de Luis Fernandez, le carré magique change de dimension. Avec Platini en 10, Giresse sur un côté, Tigana de l’autre, et donc Fernandez. Ce dernier avec Tigana a constitué un superbe duo sur le plan défensif. Platini et Giresse, eux, sur le plan offensif.

Complémentarité, entente, technique…

Après 82, le carré magique a été reconstitué. Les principes de jeu sont restés les mêmes. Avec une tactique légèrement différente. Genghini, joueur fidèle du premier carré magique, témoigne :

« J’ai perdu un peu ma place quand Luis Fernandez est arrivé. Le premier carré magique était particulièrement offensif. J’étais un peu plus en retrait, mais j’étais un n°10 dans mon club.

Quand Luis est arrivé, c’est devenu plus équilibré avec deux numéros 6. Le carré magique a commencé en Espagne. Il a constitué la grande force de l’équipe de France pendant plusieurs années. L’équipe avait souvent le ballon. C’était très technique. C’était davantage les adversaires qui couraient après.

Il est resté cette complémentarité entre les joueurs qui se comprenaient parfaitement bien. Il y avait aussi beaucoup d’intelligence de jeu et une très belle qualité de passe. Le carré magique a été la marque de fabrique de l’équipe de France ».

Des statistiques illustrent parfaitement les propos de l’ancien international français. Avec les arrivées de Tigana en 1980, la montée en puissance de Giresse à la même période et l’intronisation de Luis Fernandez fin 82, on a pu continuer à assister aux années fastes du carré magique.

Jusqu’à la Coupe du Monde en 1986. Au total, avec le maître à jouer Platini, ces quatre joueurs auront joué sur un intervalle de 18 ans, entre la première sélection de Giresse en 1974 et la dernière de Fernandez en 1992.

Entre juillet 1983 et juillet 1986, sur 34 rencontres, les performances n’ont pas du tout été les mêmes avec ou sans le carré magique. Alignés ensemble, ces joueurs ont gagné 14 rencontres sur 18 pour trois nuls (dont un victorieux aux tirs au but contre le Brésil lors du Mondial 86, et une seule défaite).

Ce revers a été lourd de conséquences puisque les Bleus se sont inclinés contre les Allemands en demi-finales (0-2). En dépit d’une sélection qui arrivait en fin de cycle, ces joueurs ont tout de même égalé leur performance de 82.

Et ce bien que les organismes étaient très diminués. Preuve en est que leur complémentarité (et leur talent) demeuraient bien leurs qualités premières. Un véritable carré d’as…

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