samedi 28 janvier 2023

Rétro : le jour où Bernard Hinault devient champion du Monde à Sallanches

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Le 31 août 1980, un mois et demi après avoir abandonné sur le Tour de France, Bernard Hinault frappe un grand coup en remportant avec autant de maîtrise que de panache son seul titre de champion du monde. En France, à Sallanches, en déposant Baronchelli dans la dernière ascension devant une foule en délire !

Le titre de champion du monde, conquis au crépuscule de la saison 1980, permet au Blaireau d’effacer la déception et (aussi) la polémique née de son abandon sur blessure dans le Tour (alors qu’il était maillot jaune au soir de la 12ème étape).

Il lui permet aussi de retrouver ses certitudes de champion et de nouveau cannibale lui qui vient de gagner Gand Wevelgem, le Dauphiné et Liège-Bastogne-Liège en 1977, la Vuelta en 1978, le Tour de Lombardie en 1979, ses deux premiers Tours de France en 1978 et 1979 et son premier Giro ainsi qu’un deuxième Liège-Bastogne-Liège en 1980. Sur le magnifique circuit de Sallanches, c’est avec panache qu’Hinault entre vraiment dans le coeur des Français.

Hinault entre dans la cour des grands

Malade quelques semaines auparavant sur le Tour du Limousin, la course contre la montre qu’il entame dix jours avant lui permet de se présenter à Sallanches sinon à son meilleur niveau physique en tout cas dans les meilleures dispositions mentales pour faire un exploit. Et quand le Breton est à ce point déterminé, il est difficile à battre.

« Aujourd’hui, il ne fallait pas faire de cadeaux, mais attaquer pour que personne ne puisse récupérer, déclarait-il à l’arrivée. L’équipe de France a toujours été devant et a été extraordinaire pour contrôler la course. »

Sur un circuit idéal pour son profil de costaud (20 tours d’un circuit de 268 km avec l’ascension de la cote de Domancy longue de 2700 mètres pour une pente moyenne de 8%), « un circuit qui ne pardonne rien », Hinault savoure son retour au premier plan. « Cette victoire remettait les choses au point ! »

« Vous me gardez dix tours et après je m’occupe du reste ! »

Car il faut se remettre dans le contexte de l’époque. « Je venais de gagner deux Tours de France et, forcément, certains pensaient que je trichais et que mon abandon à Pau en était une conséquence. »

Face aux jaloux ou aux sceptiques, Hinault répond sur la route en confiant à ses coéquipiers Bernaudeau, Chalmel, Villemiane, Thévenet, Martinez, Alban, Vallet, Ovion et Bourreau, lors du briefing : « Vous me gardez dix tours, et après je m’occupe du reste ! »

La légende raconte même qu’en quittant l’hôtel qui hébergeait les Bleus, il aurait lancé au patron : « Tu peux mettre le Champagne au frais, on va être champions du monde ! » Impeccable pendant les 268 km d’un circuit hyper exigeant, c’est dans le 20ème et dernier passage au sommet de Domancy qu’il va lâcher Baronchelli, le seul qui s’accrochait encore, les autres favoris, Pollentier, Criquelion, Moser, Kuiper, Zoetemelk, LeMond ou Millar ayant décroché.

« J’ai écouté son dérailleur, quand il a changé, ça a craqué et il n’est pas retombé sur la bonne dent. Moi, j’ai gardé le 20 dents, j’ai vite pris 10 mètres. Il s’est rassis, c’était fini ! » 18 ans après Jean Stablinski, un Français revêtait de nouveau le maillot arc-en-ciel.

Tom Boissy

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