vendredi 7 octobre 2022

Rudy Gobert : « J’espère que le prochain trophée sera le titre »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Désormais le sportif français le mieux payé, Rudy Gobert a fait du chemin depuis Saint-Quentin. Et, à 28 ans, le meilleur est encore à venir…

« J’ai commencé en benjamins à la JSC Saint-Quentin (il a débuté en école de basket à Gauchy, dans l’Ain, Ndlr). J’avais encore les lunettes, le swag n’était pas à 100% (rires). En minimes, je suis passé au Pôle Espoirs d’Amiens et j’ai rejoint le SQBB (Saint-Quentin Basket-Ball) qui avait une équipe de minimes France.

On a gagné le championnat et la Coupe de Picardie (en 2007, Ndlr). Avant d’opter pour le basket, j’ai pratiqué pas mal de sports comme l’athlétisme, le karaté, la boxe et même du ping-pong, mais principalement la boxe.

Aujourd’hui, Saint-Quentin est en Pro B. Je les suis. Je sais que certains basketteurs français ont investi dans des clubs, mais j’ai envie d’être présent, ce qui n’est pas possible pour l’instant. Mais je n’exclus rien pour le futur. L’aspect financier ne serait pas le plus important. L’idée serait plutôt d’accompagner un club, d’y avoir un impact, avec de grands objectifs. »

Les débuts en pro de Rudy Gobert avec Cholet

« Contre Pau lors de la Semaine des AS. Il y avait eu un blessé (Randal Falker sorti sur blessure, Ndlr) et j’avais eu la chance de jouer. J’avais dû marquer 2 points pour 7 rebonds (en 13 minutes pour une défaite 7678 en quarts de finale le 10 février 2011, Ndlr). J’ai encore les stats en tête !

J’étais super excité quand on m’a annoncé que j’allais jouer. J’ai fait deux saisons complètes à Cholet (entre 2011 et 2023, Ndlr). Généralement, les joueurs sont draftés à 20 ans, moi je l’ai été à 21 ans. J’ai attendu d’être mûr pour me présenter. J’ai passé six ans à Cholet. C’est un gros chapitre de ma vie. »

27ème choix de la draft

« Je pensais être drafté plus haut (dans le top 10 voire le top 5, Ndlr), mais je ne dirais pas que c’était une déception. En étant drafté au 1er tour et en arrivant en NBA, je réalisais quand même mon rêve et, au final, avoir été drafté plus bas a été plus une motivation qu’autre chose. J’ai d’ailleurs choisi le numéro 27 celui que je voulais prendre au départ était pris en référence à ma position à la draft (c’est aussi le jour de naissance de son père, Ndlr). J’avais été drafté par Denver, mais je savais avant la draft et même avec la casquette sur la tête que j’irai à Utah (échangé et envoyé au Jazz contre Erick Green et de l’argent, Ndlr). »

Premier match en NBA

« Marvin Williams était blessé donc j’ai débuté (contre Oklahoma le 30 octobre 2013, défaite 98-101, Ndlr). J’avais inscrit 2 points et pris 7 rebonds (en 23 minutes, Ndlr). Face à l’équipe de Kevin Durant, on perd sur le fil. J’étais quand même assez impressionné pour mon premier match en NBA. Mais je ne voulais pas me contenter d’y être. Je voulais m’y imposer. Je vise toujours l’étape suivante. C’est ma façon de raisonner. »

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Rudy Gobert défenseur de l’année

« C’était un gros objectif de marquer l’histoire et un tel titre, il n’y en a qu’un chaque année au monde ! C’est énorme et être allé le chercher en 2018 je pensais déjà l’avoir l’année d’avant (c’est Draymond Green qui l’avait eu, Ndlr), mais j’avais fini 2ème c’était une fierté. En plus, je le gagne de nouveau en 2019. Là, je ne l’ai pas eu, mais les mage qu’il n’y a pas eu ce dernier mois et que la bulle n’ait pas été comptabilisée. J’espère que le prochain trophée sera une bague de champion… »

Record de points

« C’était un match cool (35 points contre les Knicks le 22 mars 2017, victoire 108-101, Ndlr). Ce soir-là, l’équipe de 97 (qui avait atteint pour la première fois les finales NBA, Ndlr), avec Karl Malone, John Stockton, était honorée. C’est une soirée dont je me souviendrai toujours. Le match était en plus télévisé sur ESPN. Je me suis senti bien dès le début. Mes coéquipiers ont réussi à me trouver et, au final, quand j’ai regardé le compteur, j’avais marqué 35 points. Je sens que j’ai encore une grande marge de progression, notamment au rebond qui est un aspect du jeu sous-estimé. »

Sélection au All Star Game

« Un autre rêve de réalisé ! Une sélection au All Star Game que je visais depuis plusieurs années et que j’avais l’impression de mériter. Ce fut une super expérience. J’ai pris beaucoup de plaisir sur le terrain. Dommage qu’on n’ait pas gagné (le Team Lebron s’est imposé 157-155 le 16 février 2020 à Chicago face au Team Giannis avec 21 points et 11 rebonds du Français, Ndlr). »

Face à face Rudy Gobert – Lebron James

« Ma première année, je ne l’avais pas joué quand il était à Miami. J’étais en G-League. Je l’ai affronté la deuxième année quand il a rejoint Cleveland. C’est Gordon Hayward qui avait inscrit le panier de la victoire (102-100 le 6 novembre 2014, Ndlr). Jouer contre LeBron James, c’est quelque chose. C’est le joueur qu’on admirait tous quand on était jeunes. Il est sur le toit de la NBA depuis plus de 15 ans ! Quand tu arrives en NBA, c’est un match que tu notes car tu veux voir lebron James en vrai. A Cholet, je regardais les vidéos, je jouais à NBA2K… »

Le premier match de Rudy Gobert en bleu

« J’ai joué mon premier match contre l’Italie (victoire 74-54 le 27 juin 2012, 6 points et 5 rebonds en 12 minutes, Ndlr). C’était un match de préparation en vue des Jeux Olympiques de Londres. C’était une super expé-rience de participer à quelques matches (3, Ndlr) car ensuite j’avais rejoint les moins de 20 ans pour le Championnat d’Europe (médaille d’argent, Ndlr).

Aujourd’hui, l’équipe de France est toujours aussi importante à mes yeux. Ça a toujours été un rêve de porter le maillot de mon pays. En tant que compéti-teur, j’adore et j’ai envie de gagner des titres avec la France ! Après, il ne faut pas comparer avec la NBA ou opposer les deux. La NBA, c’est notre métier. En équipe de France, on n’y va pas pour l’argent, mais pour représenter notre pays. C’est notre devoir même si on prend des risques. »

Médaille de bronze à la coupe du monde

« Je n’avais pas beaucoup joué contre la Lituanie pour la 3ème place (2014, Ndlr). J’ai néanmoins beaucoup de bons souvenirs de cette compétition car on ne nous attendait pas. Même en France ! Décrocher cette médaille de bronze, la première pour la France en Coupe du monde, c’est un bel accomplissement. En 2019, on décroche de nouveau le bronze. Maintenant, il faut qu’on gagne en demi-finale ! Pour l’instant, il y a un blocage (en 2015, les Bleus terminent également 3èmes de l’Euro, Ndlr), mais ça va le faire ! »

Victoire contre les États-Unis

« C’est une victoire historique ! (89-79 en quarts de finale de la Coupe du monde le 11 septembre 2019, 21 points, 16 rebonds en 34 minutes, Ndlr). Je m’étais toujours dit que je battrais un jour les Etats-Unis. C’est un match que j’attendais depuis longtemps. Le rêve s’est réalisé et ça restera un de mes meilleurs souvenirs en Bleus. On est menés, mais on reste soudés, on revient en équipe et finalement on gagne ! C’était une opportunité énorme de se faire respecter.

Certes, les Américains nous ont toujours respectés car ils nous voient évoluer en NBA mais ils, surtout les jeunes, ne s’imaginaient pas perdre contre nous. Ensuite, on perd en demi contre l’Argentine (80-66, Ndlr). C’est dommage, mais il ne faut pas dire qu’on a pris ce match à la légère. C’est faux ! Dans le vestiaire, après le match contre les Etats-Unis, Evan (Fournier) et moi, on parlait déjà du match contre l’Argentine qui a simplement été meilleure que nous et avait plus de jus ce jour-là. C’est sûr que ça laisse des regrets car, quand tu bas les favoris, tu deviens le favori… »

Jeux Olympiques, les supers souvenir de Rudy Gobert

« Ce sont de super souvenirs de partager des moments avec les autres athlètes, de vivre dans le village. Mais on visait plus haut pour ces JO (battus en quarts par l’Espagne 92-67 le 17 août 2016, Ndlr). C’est décevant par rapport au potentiel de l’équipe, mais ça reste une belle expérience et je compte bien participer aux prochains cette année. L’objectif sera clairement de ramener l’or ! »

Chez les Gobert, un père basketteur

« A travers moi, il (Rudy Bourgarel, 19 sélections, Ndlr) vit son rêve car il aurait dû jouer en NBA (trois saisons à Marist College entre 1985 et 1988, Ndlr) s’il n’avait pas été rappelé pour le service militaire (qu’il n’a finalement pas fait, il jouera finalement au Racing et à Saint-Quentin où il rencontrera la mère de Rudy, Ndlr). Il allait être drafté, mais certains ont abusé de leur petit pouvoir à l’époque pour l’obliger à revenir en France. Ça n’a pas été facile à vivre pour lui. Mais, quand je vais le voir en Guadeloupe, je sais qu’il est content que j’ai pu accomplir ce rêve. »

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