dimanche 21 avril 2024

Safet Susic (ex PSG) : « J’ai un faible pour les numéros 10 et Messi »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

L’un des plus grands joueurs de l’histoire du club (345 matches, 85 buts entre 1982 et 1991)? Safet Susic est sous le charme d’un autre maître à jouer, Messi. qui va plonger le club de la Capitale dans une nouvelle dimension.

Que devenez-vous ?

Le dernier poste d’entraîneur que j’ai occupé c’était en Turquie (à Akhisar Belediyespor en 2018, Ndlr). Depuis, je suis en attente d’un projet qui me plairait vraiment. Mais, avec la pandémie, cela freine un peu mon envie de partir.

Mis à part Cannes (de 1994 à 1996) et Evian (en 2015/2016), vous n’avez pas entraîné en France. Cela vous plairait-il ?

Je recherche plutôt sur l’étranger soit en Turquie à nouveau car je connais bien ce football où j’ai multiplié les expériences, soit dans le Golfe.

A un moment, avez-vous été approché pour entraîner le PSG ?

Non, jamais.

Cela aurait-il été un rêve pour vous ?

J’ai arrêté de rêver il y a bien longtemps…

Que vous inspire la venue de Messi à Paris ?

C’est le meilleur joueur de tous les temps. J’ai pourtant vu Pelé à la télévision, j’ai vu la Coupe du Monde 1966. J’ai joué une fois contre Maradona. J’ai joué aussi contre Platini, Zidane.

Et même Johan Cruyff. Lui, je le considérais parmi les trois ou quatre meilleurs de tous les temps. Mais aucun d’eux n’a apporté ce que Messi a donné à Barcelone. Ronaldo ? Ne comparons pas Messi et Ronaldo.

Ce sont deux immenses joueurs pourtant mais, comme ancien n°10, j’ai un faible pour les n°10 (sourire). Sa venue est une excellente chose pour le PSG. Jusqu’au dernier moment je n’y ai pas cru. Je suis heureux que cela se soit fait.

Messi à Paris, Safet Susic sous le charme

Vous reconnaissez-vous un peu en Messi ?

J’étais capable de faire ce qu’il fait. Sauf que moi je le faisais une fois par mois et lui tous les jours ! En Argentine, il n’a jamais dépassé Maradona du fait qu’il n’a jamais gagné la Coupe du monde. Je les ai souvent comparés tous les deux en les regardant. Messi, c’est quand même un cran au-dessus.

Peut-il battre le record de buts en L1 en une saison (détenu par Josip Skoblar en 1970/1971 avec l’OM avec 44 buts) ?

Je ne crois pas. Il a Neymar qui figure parmi les trois plus forts au monde à côté de lui. Marquer autant de buts aujourd’hui c’est pratiquement impossible. Ne nous attendons quand même pas à ce que Messi fasse la même chose à Paris qu’à Barcelone !

Il a quand même 34 ans. J’ai joué jusqu’à 37 ans. Je connais la difficulté physique à partir de 32, 33 ans. Mais Messi peut faire encore de magnifiques choses avec le PSG. Il fera marquer beaucoup aussi.

Avec une telle armada, pensez-vous que la victoire du PSG en Ligue des Champions devienne une obligation ?

Le PSG est certes actuellement la meilleure équipe avec le meilleur effectif au monde, mais cela ne veut pas dire non plus qu’elle va gagner la Ligue des Champions à tous les coups. Ce n’est jamais garanti à l’avance que la meilleure équipe finisse par gagner. Certaines éditions l’ont prouvé. Sans oublier que les concurrents sont là comme le Bayern, Manchester City, la Juventus, Barcelone.

Meilleur équipe du monde mais pas l’assurance de gagner

Mais pourquoi le PSG n’a pas encore gagné cette compétition. Où est le problème ?

A partir des huitièmes, cinq ou six équipes peuvent gagner. J’espère que cette année le PSG y parviendra. C’est le grand favori. Mais il faut aussi que toutes les planètes soient alignées, que l’effectif soit au complet, que Sergio Ramos soit rétabli, que le groupe soit épargné par les blessures. Mais c’est vrai que pour le PSG c’est sans doute l’année ou jamais.

Qu’a le PSG en plus cette saison par rapport aux équipes d’avant outre l’arrivée de Messi ?

Ils ont maintenant deux très grands gardiens (Navas, Donnarumma). Ils ont pris aussi le capitaine des Pays-Bas, Wijnaldum. Je ne connais pas Hakimi sur le bout des doigts, mais c’est aussi un excellent joueur. Ils ont fait un excellent recrutement.

Que vous reste-t-il de vos années de joueur au PSG ?

De beaux souvenirs. Je ne suis pas quelqu’un qui collectionne. Je n’ai aucun maillot. Je garde surtout des images dans ma tête.

« Pour le PSG c’est sans doute l’année ou jamais »

Quel a été votre meilleur souvenir avec le PSG ?

Il y a évidemment le titre de champion de France qu’on a gagné en 1986. Cela reste un excellent souvenir, mais une surprise aussi. Nantes était plus fort que nous cette saison-là. Il y a eu aussi la Coupe de France en 1983 (3-2 contre Nantes, Ndlr). Même quand on a été champions de France, on avait une équipe moyenne.

On ne partait pas pour gagner le titre. D’autres équipes étaient davantage favorites. A l’époque, les dirigeants ne mettaient pas vraiment les moyens pour mettre en place une grande équipe. En plus, quand je suis arrivé au PSG (en 1982), on n’avait le droit qu’à deux étrangers, puis trois. Cela n’a rien à voir avec aujourd’hui. Donc ce n’était pas évident.

Pensiez-vous qu’un jour le PSG puisse se transformer à ce point et avoir une telle dimension internationale ?

Je m’y attendais. Dans une ville comme Paris, je me suis souvent demandé comment c’était possible qu’on ne puisse pas avoir une très grande équipe. Quand on regarde beaucoup de capitales, elles ont au moins deux ou trois grandes équipes.

Regardez à Londres le nombre de clubs en première division ! Pour attirer de grands joueurs, il faut avoir une grande équipe. Je savais que cela allait arriver. Surtout avec une plus grande circulation d’étrangers.

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