mardi 5 juillet 2022

Scouts : quand la NBA copie la France…

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Métier : scout. Mission : repérer, détecter, tracer et enquêter sur les jeunes joueurs très talentueux, potentiellement capables de rejoindre la NBA. Cette mission requiert bon nombre de qualités, comme l’intuition, l’écoute, le flair… Les franchises mènent l’enquête et les scouts sont dépêchés pour répondre aux besoins. Depuis plus de 20 ans, la France demeure le pays qui a fourni le plus de joueurs hors Etats-Unis à la NBA.

Le marché est donc crucial. Certains scouts sont rentrés dans la Ligue nord-américaine par cette voie. C’est le cas de Kevin Anstett, scout international pour Philadelphie, amené à devenir le prochain directeur sportif de Limoges. Alain Digbeu (92 sélections) est incontestablement le nom le plus connu en matière de scouting. Drafté en 1997 par Atlanta (50ème), il n’a finalement jamais joué dans la Grande Ligue, mais il l’a quand même intégrée en tant que scout des Hawks vingt ans plus tard avant de passer à Houston.

« Les équipes s’apprêtent à dépenser des millions. Elles veulent faire leur choix avec le plus d’infos possible »

Interrogé sur ce métier si particulier, celui qu’on surnommait « Air France » aime à répéter :

« C’est du 24h/24, 7j/7. Cela me passionne. On travaille étroitement avec la NBA. Tu voyages, tu vois le basket différemment, tu analyses, tu es observateur et puis tu construis ton réseau avec les managers généraux, les coachs, les préparateurs physiques. Tu parles avec tout le monde. Il y a du boulot live, de la vidéo avec des logiciels dédiés. Houston a deux scouts en Europe. On se répartit le boulot de recherche. Le background est capital. La vie personnelle, le parcours scolaire. On peut parler à des dizaines de sources pour un même joueur proches, amis, profs de lycée, compagnon de chambre à l’université… Cela peut aller jusqu’à dix rapports par candidat. Les équipes s’apprêtent à dépenser des millions. Elles veulent faire leur choix en âme et conscience, avec le plus d’infos possible en réduisant le plus la marge d’erreurs ».

Le scout se déploie dans le monde entier

Ancien scout des San Antonio Spurs, Jacques Vandescure revient sur ce rôle à part. « Pour les Spurs, je m’occupais en particulier de l’Afrique. Il y a des scouts en France, énormément en Espagne aussi car c’est là où on trouve le meilleur niveau de basket. La fonction reste la même : tu regardes les joueurs, tu prends les informations, tu rentres dans leur bulle pour comprendre les habitudes de travail, tu étudies comment ils ont grandi. Cela permet de définir comment ces joueurs peuvent être projetés dans un futur proche. Il faut regarder les joueurs jouer tout en amassant de l’information pour mieux comprendre leur caractère. Cela autorise à mieux imaginer comment ils réagiraient dans un endroit plus professionnel ».

En général, les clauses de confidentialité sont de mises. Le mouvement de scouting et de consultant s’est accru également par la pandémie empêchant les franchises de se déplacer, ainsi que par les droits télés et les contrats. Un des plus gros flops de l’histoire de la NBA se nomme Darko Milicic. Drafté en 2ème position (par les Pistons) en 2003 derrière LeBron James, ce raté serbe a été monumental. Ce ne serait plus possible aujourd’hui avec le travail de détection. Merci qui ?

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