mardi 27 février 2024

Stade Rennais : les dix dates qui ont fait l’histoire du club

À lire

Il aura fallu l’arrivée du Breton le plus riche de la planète, le milliardaire François Pinault, pour que le Stade Rennais se stabilise enfin au sommet du football français et découvre le parfum enivrant des soirées européennes. 122 ans après sa création, jamais le club breton n’a paru aussi solide.

27 MAI 1965 : Première victoire en Coupe de France

Ce qu’aucun club breton n’a encore jamais réussi à faire, le Stade Rennais Université Club le fait en 1965. Battus en finale en 1922 par le Red Star, en 1935 par l’OM, les Bretons s’y reprennent à deux fois avant d’avoir la peau du sanglier des Ardennes. Une première finale jouée pour la première fois au Parc des Princes, le 23 mai, n’est pas suffisante (2-2), qui oblige Sedan et Rennes à revenir trois jours plus tard pour le plus grand bonheur des joueurs de Jean Prouff (3-1). L’ancien joueur breton et international venait de prendre les rênes de son club dans un style résolument offensif qui ne tarde pas à faire ses preuves notamment grâce à l’efficacité de son meilleur buteur Daniel Rodighiero, buteur à trois reprises lors de ces deux finales.

22 SEPTEMBRE 1965 : Premier match européen

Dans la foulée de sa première Coupe de France, le Stade Rennais enchaîne avec sa première incursion européenne via la défunte Coupe des Vainqueurs de Coupes. Face au club tchèque du Dukla Prague boosté par sa star, Josef Masopust, Ballon d’Or en 1962, l’aller s’avère trop difficile (0-2) pour un retour sans but (0-0) qui laisse pas mal de regrets aux 13 495 spectateurs du stade de la Route de Lorient.

Pellegrini, Rodighiero, Dubaële et Watteau, le quator offensif d’un collectif organisé en 4-2-4, ne trouve pas la faille. Malgré Cardiet, Lamia, Loncle et Rodighiero, leurs internationaux, les Rouge et Noir chutent en 16èmes de finale face à une équipe qui atteindra les demi-finales de la Coupe d’Europe des Clubs Champions l’année d’après.

20 JUIN 1971 : Deuxième Coupe de France

C’est avec deux Jean aux commandes, Rohou président, Prouff entraîneur, que le Stade Rennais UC s’avance vers une saison 1970/1971 qui s’annonce compliquée en l’absence de son meilleur buteur, Rodighiero, transféré à Valenciennes. Mais avec le recrutement tardif d’André Guy (Lyon), celui du défenseur international de Bordeaux, André Betta, et surtout celui de l’Argentin Hector Toublanc, qui forme un duo explosif avec Serge Lenoir, tous les ingrédients sont réunis pour une nouvelle épopée en Coupe de France. Six ans après le premier succès, seuls Cardiet et Cedolin sont encore là pour un vrai marathon jusqu’à Paris. Après avoir sorti Monaco en quarts grâce à un retour de folie (0-2 et 3-0), l’OM de Skoblar n’a qu’un but d’avance avant le déplacement à Rennes. Dans un stade archi plein (28 000 spectateurs), l’OM ouvre le score avant que Guy égalise puis double la mise pour offrir à Rennes, pour la première fois de son histoire, une série de tirs au but. Face à un Skoblar maladroit, Marcel Aubour en arrête deux pour envoyer son équipe en finale face au Lyon de Domenech et Chiesa. A Colombes, en jouant à la pétanque avec des artichauts lancés par les nombreux supporteurs bretons ayant fait le déplacement, Marcel Aubour entre un peu plus dans la légende. André Guy ayant crucifié ses anciens coéquipiers, un but suffit pour provoquer la liesse dans toute la ville.

JUILLET 1998 : le début de l’ère Pinault

Le sauvetage presque miraculeux d’une nouvelle descente en L2, lors du dernier match de la saison 1997/1998, aura certainement été un déclic. Quelques semaines plus tard, la mairie de Rennes, actionnaire majoritaire du club depuis 1987, cède toutes ses parts à l’homme d’affaires et milliardaire breton, François Pinault, via sa holding Artémis. Pierre Blayau remplace René Ruello à la présidence, Paul Le Guen succède à Guy David sur le banc, Nonda, Arribagé, Revault, Sommeil, Dogon, Cissé arrivent… une nouvelle ère s’ouvre route de Lorient.

20 AOÛT 2005 : un record d’affluence

Inauguré le 18 août 2004 pour un match des Bleus face à la Bosnie-Herzgovine, le stade de la Route de Lorient rénové a une capacité théorique de 31 127 places. Mais, dans les faits, son record d’affluence reste scotché à 29 490 spectateurs pour la réception de l’OM le 20 août 2005 en championnat. Ce jour-là, après trois défaites consécutives, les joueurs de Bölöni se révoltent face à l’OM et gagnent 3-2 grâce à Utaka, Frei et Källström. Ce record ne sera pas battu tant que le stade ne sera pas agrandi car depuis la capacité a été réduite à 29 164 places pour installer deux écrans géants.

9 MAI 2009 : une finale 100% bretonne

Tout semblait pourtant réuni pour que, 37 ans après, le palmarès du club se garnisse d’une Coupe de France supplémentaire. Pour la première finale de coupe 100% bretonne de l’histoire, les joueurs de Guy Lacombe sont largement favoris face à Guingamp, alors en L2. Ce sont pourtant bien ces derniers qui gagnent 2-1… encore eux qui gagneront cinq ans plus tard, en 2014, en finale (2-0), renvoyant aux joueurs de Gourvennec cette image d’éternels vaincus qui leur collera aux crampons encore pendant dix ans…

12 JUIN 2015 : La fin du stade de la Route de Lorient

Complètement rénové entre 1999 et 2004, le stade de la Route de Lorient, érigé en 1912 et propriété de la ville de Rennes, devient le Roazhon Park en juin 2015 à l’issue d’une consultation publique qui fait la part belle à la culture régionale, Roazhon signifiant Rennes en langue bretonne.

7 MARS 2019 : Arsenal tombe au Roazhon Park

Marquée par un changement d’entraîneur en décembre, Julien Stephan remplaçant Sabri Lamouchi, la saison n’a cessé de monter en puissance, sinon en championnat (10ème au final), surtout en coupes avec les premières vraies émotions européennes de l’histoire du club. Sortis des poules à la faveur d’un véritable 32ème de finale gagné à domicile face à Astana (2-0), les Rennais réalisent leur premier gros exploit européen en s’imposant au Betis Séville 3-1, après avoir concédé le nul à la maison (3-3) en 16èmes de finale. Et ils soulèvent les espoirs les plus fous en 8èmes de finale en s’imposant 3-1 face à Arsenal, malgré l’ouverture du score des Gunners, dans un Roazhon Park en folie. Même si le retour est cruel (0-3), l’aventure aura été belle.

27 AVRIL 2019 : la remontada face au PSG

Il aura donc fallu attendre 48 ans pour voir un capitaine Rouge et Noir soulever une troisième Coupe de France. L’exploit est d’autant plus grand que les joueurs de Julien Stéphan battent l’immense favori parisien en finale, revenant de 0-2 à 2-2 pour s’imposer 6 tab à 5. Il fallait ça pour énerver Mbappé, exclu pendant les prolongations, et pousser Nkunku à manquer son dernier penalty pendant que les Rennais réalisaient un sansfaute (6 sur 6). Les héros s’appellent Niang, Grenier, Sarr, Bourigeaud, Ben Arfa ou André.

20 OCTOBRE 2020 : Dans la cour des grands

Rennes en Ligue des Champions. Il fallait bien que ça arrive un jour. Même s’il
n’a rien de prestigieux, même si la crise sanitaire lui impose une jauge à 5000 spectateurs, même si le rêve s’est ensuite vite évanoui face au réalisme de Chelsea et du FC Séville, ce premier match pour l’histoire face au club russe de Krasnodar (1-1) a été le premier, et le seul point gagné par la bande à Julien Stéphan (avant son éviction en mars 2021 au profit de Bruno Genesio). Sur penalty, à la 56ème minute, Serhou Guirassy à jamais le premier… et le second puisqu’il récidivera face à Chelsea lors de la 4ème journée (1-2).

Tom Boissy

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Actu

spot_img
spot_img

À lire aussi