vendredi 14 juin 2024

Stéphane Cordinier : « Isaïa aurait pu faire une belle carrière au hand »

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Lorsque nous l’avons joint, l’ancien ailier gauche de Créteil, du PSG-Asnières et du TV Niederwürzbach, Stéphane Cordinier demi-finaliste olympique à Atlanta en 1996, bronzé aux Mondiaux de 1997, se préparait à prendre la route depuis son domicile niçois pour aller encourager son fils, Isaïa, international français de basket au Virtus Bologne en Italie, en finale de l’Eurocoupe face à Bursaspor (victoire 80-67). Encore plus fier du parcours du fiston que de sa propre carrière…

Comment vous situez-vous entre le hand que vous avez connu dans les années 80 et le hand d’aujourd’hui ?

Nous avons fait partie de la première génération de handballeurs professionnels en France. Les premiers contrats pros ont été signés à Créteil, avec le frère de Bernard Tapie, Jean-Claude. Avant, tous les joueurs avaient un boulot à côté. On a mis en quelque sorte le pied à l’étrier. J’avais 18-19 ans, j’étais éducateur sportif, pouvoir me consacrer au hand à 100%, être payé pour ça, c’était un rêve, une opportunité incroyable. A Créteil, j’étais au bon endroit, au bon moment.

Quel regard portez-vous sur votre carrière ?

Je suis fier de mon parcours parce que je ne pensais absolument pas avoir la possibilité d’évoluer au plus haut niveau un jour. Comme d’autres avec moi, nous nous sommes laissés porter par la vague qui déferlait. A Créteil, nous avons eu de bons résultats, jusqu’en demi-finale de la Ligue des Champions, ce qui m’a permis de montrer mon potentiel et d’être appelé en équipe de France.

Stéphane Cordinier fier d’être la première génération de professionnels du hand

Quel souvenir majeur avez-vous de ces dix années de professionnalisme ?

Il est difficile de ne pas mentionner les JO à Atlanta en 1996, même si nous avons échoué à la plus mauvaise place, la quatrième. Avec cette demi-finale de Ligue des Champions disputée avec Créteil face au grand Barcelone, le sommet reste quand même les Mondiaux de 1997 au Japon. Alors que Costantini avait écarté plusieurs cadres parmi la génération des Barjots, personne ne nous attendait à ce niveau. La médaille de bronze n’en a été que plus belle.

Qu’avez-vous fait après avoir raccroché en 1999 après une dernière saison en Allemagne ?

J’ai d’abord joué puis entraîné quelques années à Monaco en N1 et en N2 tout en reprenant mon métier d’éducateur sportif pour lequel j’avais été mis en disponibilité pendant dix ans. Depuis six ans, je n’ai plus aucune fonction dans le hand, je n’entraîne plus, je me contente de suivre l’actualité et de m’émerveiller devant les résultats des équipes de France.

Avez-vous pris du recul aussi pour mieux suivre et accompagner la carrière de basketteur international d’Isaïa, votre fils ?

Oui, ça a joué pas mal. Quand ça a commencé à devenir sérieux, il était important qu’on se rende plus disponible pour l’accompagner. Je reste évidemment très impliqué auprès de lui et pas plus tard que demain matin (l’entretien a eu lieu le 10 mai dernier, Ndlr) nous prenons la route pour aller le voir à Bologne disputer sa première finale internationale. On a la chance d’habiter pas trop loin, on s’y rend de temps en temps pour voir des matches.

« A Créteil dans les années 80-90, j’étais au bon endroit au bon moment »

Isaïa a-t-il déjà joué au hand ?

Oui, bien sûr lorsqu’il avait 6-7 ans. Il était bon et je pense qu’il aurait aussi pu faire une belle carrière. Lorsqu’il s’est mis au basket, on a vite vu qu’il avait quelque chose de plus que les autres. Cette vision et cette intelligence de jeu, il aurait aussi pu les exprimer dans le hand. De là à imaginer qu’il suivrait cette trajectoire, on ne s’y serait pas risqué. Je connais trop la difficulté d’atteindre le haut niveau. Je n’en suis que plus admiratif.

Vous arrive-t-il de comparer vos deux trajectoires ?

On se projette forcément toujours un peu d’autant qu’il y a beaucoup de similitudes dans la préparation, la discipline, les exigences, l’hygiène de vie, les entraînements, etc.

Avez-vous l’ambition qu’il fasse mieux que vous, qu’il soit champion olympique, champion du monde ?

Quoi qu’il advienne dans le futur, je suis déjà très fier de tout ce qu’il a réalisé pour en arriver là. Tout ce qu’il a fait en termes de sacrifices et d’investissement autour du basket, c’est énorme. Il n’a jamais triché. Après, s’il pouvait gagner quelque chose, ça permettrait à la famille de se faire un palmarès. Parce que moi, je n’ai jamais rien gagné. Souvent placé, jamais gagnant (rires) !

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