dimanche 25 septembre 2022

Tiffany Cromwell et Valtteri Bottas : quand vélo et F1 font bon ménage

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Avec classe et élégance, Tiffany Cromwell la compagne du pilote de Formule 1 Valtteri Bottas se livre elle qui, à 34 ans, évolue dans l’équipe Canyon// SRAM Racing avec qui elle a participé au dernier Tour de France Femmes. Entretien pour Le Quotidien Du Sport et Cyclisme magazine.

Alors le Tour de France, c’est comment ?

Au moment où je vous parle, cela a été une expérience magnifique. Il y a une ambiance incroyable avec beaucoup de fans pendant les étapes. C’est très enthousiasmant de participer à une telle course avec une très belle couverture aussi.

On a vu Valtteri Bottas pendant une étape distribuer des bidons pour votre équipe Canyon//SRAM Racing. Vous attendiez-vous à cela ?

Oui absolument. Je n’ai pas été surprise. Il a pu avoir deux jours de libres. Ce n’est pas la première fois que Valtteri distribue de l’eau. C’est gentil de sa part de faire cela pour prendre un bidon (sourire). On le considère comme quelqu’un de l’équipe. Il aime bien faire cela quand il y a des courses.

« Quand il a du temps, il distribue les bidons… »

Quand vous aviez 14 ou 15 ans, auriez-vous rêvé participer au Tour de France ?

Pas du tout déjà car la course n’existait pas à cette période. Ce rêve relevait donc de l’impossible.

Pourquoi cette épreuve a mis autant de temps à revenir sur le devant de la scène ?

Bonne question (sourire). Demandez à ASO. Nous sommes un sport plus jeune que chez les garçons. Et ce même si notre discipline évolue petit à petit et progresse. Les équipes féminines deviennent de plus en plus importantes et professionnelles. Pas à pas, cela progresse. Probablement qu’ASO a attendu le bon moment pour faire les choses convenablement.

Cela prend du temps. Nos équipes World Tour prennent désormais de plus en plus d’épaisseur, que ce soit au niveau du staff, des compétitrices, des programmes. Ce sont des changements conséquents par rapport au temps où j’ai commencé (en 2010, Ndlr). La couverture audiovisuelle est bien meilleure aussi comme les prize money. Il y a certes toujours un fossé avec les hommes. Certaines choses peuvent encore être améliorées comme sur la détection des talents, mais les choses vont vraiment dans la bonne direction.

Quelle image avez-vous de Marion Rousse la directrice du Tour de France Femmes ?

En choisissant Marion, ils ont pris une figure importante. C’est une personne super. C’est très bien d’avoir une femme comme directrice de l’épreuve. Marion a fait carrière avant aussi dans le vélo. Elle est très présente également dans ses commentaires à la télévision, même sur ce qui touche le cyclisme masculin. Je ne la connais pas bien personnellement, mais à ce que j’en vois elle réalise de grandes choses. Elle a une bonne compréhension de comment la course doit être, palpitante, comment elle doit évoluer au niveau professionnel, tout en comprenant le point de vue des athlètes. C’est vraiment une grande personne pour diriger cette course.

Tiffany Cromwell rend hommage à Marion Rousse

En quoi cette course du Tour de France est-elle différente des autres ?

Déjà par son nom. C’est le Tour de France. C’est une marque aussi. Tout le monde la connaît. Même les gens qui ne s’intéressent pas du tout au vélo en connaissent le nom. Tout le monde a envie de la regarder. Le président des Etats-Unis (Joe Biden) et la first lady ont même tweeté. C’est dire la portée de cette épreuve. On reçoit une reconnaissance phénoménale. Après, sportivement parlant et de l’intérieur on retrouve les mêmes compétitrices.

Comment cette course est-elle diffusée en Australie ?

A travers la chaîne SBS. Elle retransmet les plus grandes courses. On peut dire que la compétition est bien couverte depuis mon pays et c’est une bonne chose. Mais traditionnellement cela a toujours été le cas avec le Tour en Australie. D’autres chaînes d’équipes, comme elles le faisaient avec les hommes sur le Tour masculin, se focalisent aussi sur notre compétition.

Pourquoi les Néerlandaises dominent-elles autant le cyclisme féminin ?

(rires) Bonne question. Disons que petites et depuis l’école, elles grandissent en montant sur un vélo dans le vent. Cela fait partie de leur culture. C’est probablement une raison essentielle et pourquoi elles sont si costaudes. Le vent peut être un puissant adversaire. Vous n’avez pas besoin forcément de vivre au milieu des montagnes pour être la plus forte.

Quels sont vos rêves de carrière encore à accomplir ?

Mon but est toujours d’être la meilleure compétitrice, la plus performante, et d’aider mon équipe au mieux. Je souhaite évidemment remporter les plus belles courses en donnant le maximum pour y parvenir tout en savourant ma carrière (elle compte 6 victoires, Ndlr).

Quand on est en couple avec un sportif de haut niveau, cela aide-t-il à relativiser les moments compliqués ?

Absolument. Car chacun comprend mieux la pression inhérente que l’autre doit vivre. Quand vous êtes avec un athlète, vous pouvez mieux gérer les hauts et les bas ensemble. Cela permet de mieux se soutenir. C’est important pour l’un et l’autre afin de performer au meilleur niveau possible.

Faîtes-vous souvent du vélo avec Valtteri ?

Oui car le vélo fait partie de son programme d’entraînement. Il a besoin de cette base aérobique dans la voiture. C’est toujours agréable quand je peux m’entraîner.

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