mardi 25 juin 2024

Van Aert / Evenepoel : les frères ennemis belges se déclarent la guerre

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Les Mondiaux ont marqué un profond traumatisme du côté de la Belgique. Favori de l’épreuve, Wout Van Aert a déçu, mais c’est surtout Remco Evenepoel qui a clairement critiqué la stratégie de l’équipe. La guerre est ouverte entre les deux stars belges.

Toute la Belgique rêvait de voir un successeur à Philippe Gilbert. Avec une épreuve sur les routes du Tour des Flandres, Wout Van Aert était le favori désigné au titre mondial, de l’aveu de l’ancien sélectionneur belge Rik Verbrugghe.

Alaphilippe a déstabilisé les Belges

« Il était le grand favori. Il avait une pression énorme. Je ne voyais pas qui pouvait le battre, mais c’était peutêtre bien ça le danger. On espérait avoir un bloc solide autour de Van Aert, mais Remco pouvait avoir un rôle libre durant la course après ce qu’il a montré au championnat d’Europe. »

En effet, Remco Evenepoel a bien eu un rôle déterminant dans la course qui a permis de couronner… Julian Alaphilippe. De l’aveu même de son patron Patrick Lefevere.

« Les Belges ont déroulé le tapis rouge pour Julian Alaphilippe. » Désormais, en Belgique, la trêve a laissé place à une guerre des mots entre Remco Evenepoel et Wout Van Aert. Le premier estimant avoir été bridé dans un rôle qui ne lui a pas permis de s’exprimer pleinement et de jouer sa carte personnelle sur les Mondiaux.

« Le vendredi soir, avant les championnats du monde, il y a eu une réunion avec tout le monde. Ce que l’on attendait exactement de moi n’était pas très clair. Je suis parti avec cette incertitude. Le lendemain, je suis allé voir Sven (Vanthourenhout, entraîneur national, Ndlr) et Serge (Pauwels, entraîneur de performance, Ndlr) et je leur ai demandé :

« Qu’attendez-vous de moi concrètement ? » J’ai également dit sans détour que je pensais que, dans un certain scénario, je pourrais être capable de gagner la course. « Est-ce que j’ai une chance ou pas ? » ai-je demandé. Non, fut la réponse. Ok, c’était clair. »

Une réponse qui n’était pas du goût de Remco Evenepoel qui a tout de même été irréprochable durant la course, en étant au service de son leader Wout Van Aert.

Un championnat du monde qui ne passe pas…

« Ils se sont tenus à la tactique prédéterminée : tout pour Wout. Je devais être un serviteur. Mon travail consistait à ne pas laisser partir les coureurs dangereux. Dans un tel cas, je devais toujours être présent. J’ai tourné l’interrupteur et je me suis résigné à cette tâche.

J’effectuerai toujours ce travail, dans notre équipe aussi, si on me le demandait. Si on choisit Julian Alaphilippe pour le Tour de Lombardie, pas de problème. Mais, dans ce cas, j’ai dit à Sven Vanthourenhout : c’est une occasion manquée, pour plusieurs gars. » Lui le premier !

Les mots de Remco Evenepoel ont clairement trouvé un écho chez Wout Van Aert qui s’est montré déçu de l’attitude de son jeune partenaire.

« Je regrette ces propos peu intelligents de Remco. Je n’ai pas été au rendez-vous, je m’attendais à des critiques diverses dès le moment où la Belgique n’a pas conquis le maillot arcen-ciel, mais je suis surpris que celles-ci viennent de l’intérieur de l’équipe. »

Pour autant, le coureur de la Jumbo-Visma avait loué le travail de son équipe tout au long de l’épreuve dès son arrivée et malgré la déception de n’avoir pas su répondre aux attentes du côté de Louvain.

Van Aert surpris par la course d’Alaphilippe

« Je suis humain et le cyclisme est très dur. Ce fut une course très exigeante, il a fallu rouler vite dès le début de course. Si on considère le moment crucial, le final, on voit que Julian Alaphilippe était le plus fort de tous, il a placé plusieurs attaques et a été le seul à pouvoir le faire. A la fin, il était impossible de répondre.

Le travail de l’équipe a été excellent, mais je ne m’attendais pas à ce que la pression nous soit mise aussi vite dans la course. Dès le premier circuit flandrien, à 200 kilomètres de l’arrivée, la course avait déjà explosé.

Mais, malgré la pression sur nos épaules, nous avons bien géré le stress, nous avons compliqué la tâche des autres nations en haussant le rythme en tête de course. La tactique a été respectée.

Je ne peux pas dire que j’ai été totalement mauvais, mais je n’avais tout simplement pas les jambes pour faire un bon final. J’ai donc dit à Jasper (Stuyven) de jouer sa propre carte, ce qu’il a très bien fait, mais il s’est classé 4ème, et c’est très dommage. »

Par le passé, la Belgique avait connu la rivalité entre Eddy Merckx et Roger De Vlaeminck. A croire que l’histoire pourrait se répéter entre Remco Evenepoel et Wout Van Aert…

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