mardi 4 octobre 2022

Victor Wembanyama : le phénomène nanterrien

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A 16 ans seulement, Victor Wembanyama (Nanterre) affole les compteurs et les défenses adverses.

Le pivot de Nanterre – il jouera aussi cette saison avec le centre fédéral en N1 (22 points, 10 rebonds et 7 contres pour 32 d’évaluation pour son premier match !) – a disputé son premier match en Jeep Elite contre Bourg à 16 ans, 8 mois et 20 jours. Il attire déjà les regards en NBA du haut de ses 2m18. Même Rudy Gobert, qui s’est entraîné avec lui et Vincent Poirier, est sous le charme.

« IL RESSEMBLE À PORZINGIS »

Pascal Donnadieu, son entraîneur à Nanterre

« On a immédiatement été impressionné par son gabarit. Il surprend par sa dextérité technique vue sa taille. Je n’ai pas hésité à lui donner du temps de jeu car c’est un garçon qui a la tête sur les épaules. Son envergure, son adresse, son physique sont ses principaux atouts.

Il ressemble à Kristaps Porzingis, un autre joueur vraiment atypique de par ses qualités techniques malgré sa taille. Victor Wembanyama est un garçon facilement coachable, il sent le basket. Il fait partie des joueurs hors normes, des surdoués. J’ai eu Fournier par le passé, aujourd’hui c’est Victor, des joueurs où l’on sait qu’ils finiront en NBA. J’espère qu’on pourra profiter de son talent le plus longtemps possible… »

« EN 15 ANS, JE N’AI JAMAIS VU UN TEL JOUEUR ! »

Bernard Faure, son sélectionneur en U17

« Il a fait l’Euro U16 avec nous, il était surclassé. On l’avait pris en avril pour un tournoi préparatoire, il avait été en difficulté. Il n’était pas habitué à matcher avec des garçons plus âgés. Je l’ai pris à part et je lui ai dit : “D’accord, tu es talentueux, mais il faut que tu travailles aussi”. Le message est immédiatement passé. Lors de la préparation estivale, il était mieux puis il est monté en puissance au fil de la compétition. Sur et en dehors du terrain, il s’adapte facilement.

Il est devenu un des leaders du groupe au fil de la compétition. Il s’intéresse vraiment au projet, il pose des questions. La plus grande de ses qualités, c’est sa facilité d’adaptation. Il est très joueur, il faut parfois le freiner. Il prend ses responsabilités naturellement, il tente des choses. Il doit s’étoffer physiquement, être plus solide, plus constant sur ses shoots, notamment à 3 points.

Défensivement, il faut qu’il soit plus fort dans les duels près du cercle, qu’il tienne les duels au sol. Cela fait 15 ans que je suis dans le milieu, je n’ai jamais vu un tel joueur aussi à l’aise techniquement et mobile malgré sa taille. Il a le profil de Porzingis, mais il sera plus mobile que le Lituanien. Il est difficile de prévoir l’avenir, mais il a toutes les qualités mentales et physiques pour aller très haut. »

« IL FAUT GARDER UNE GRANDE LUCIDITÉ MENTALE POUR GÉRER LES À-CÔTÉS »

Emmanuel Schmitt, Coach d’Aix Maurienne et détenteur du record de précocité (15 ans, 1 mois et 25 jours le 14 novembre 1981 avec Mulhouse à Monaco)

« J’ai été aligné par Jean Galle, mais ça n’avait pas été prévu longtemps avant. Je faisais de bons entraînements et je n’ai pas vécu ça comme quelque chose d’exceptionnel. C’était dans la logique des choses comme pour Victor. C’est encore plus fort d’être précoce aujourd’hui car il y a des équipes intermédiaires comme les Espoirs.

A mon époque, ça n’existait pas et, du coup, les entraîneurs nous mettaient directement en A. Aujourd’hui, l’entraîneur va préférer mettre un jeune en Espoirs. S’il est en A, c’est que c’est un phénomène. Victor est impressionnant, c’est clair, il faut qu’il soit bien entouré car avec les médias et les réseaux sociaux, un jeune est vite monté en épingle. Il faut garder une grande lucidité mentale pour gérer les à-côtés sans se brûler les ailes. »

« EN 2024, IL SERA PREMIER CHOIX DE LA DRAFT »

Emmanuel Saravas, son premier entraîneur à Versailles

« Sa mère, entraîneur au club, fait 1m90 et son père 2m05 donc il avait des prédispositions à être grand. En moins de 9 ans, il était déjà surclassé avec les moins de 11. A 10 ans, il mesurait déjà 1m68. Ce qui m’avait le plus marqué, c’est son avance en terme de motricité. Il était toujours concentré, avec l’envie d’apprendre.

Il a eu la chance d’être entouré d’entraîneurs très intéressés par l’évolution de leur joueur avec du travail individuel. Victor Wembanyama était un enfant mature, il n’était pas dominant dans le jeu, mais il restait sur le terrain car il avait besoin de temps de jeu. En général, en jeunes, les grands, on les met direct sous le cercle, mais lui on lui a fait travailler son jeu face au cercle, à 3 points, etc. pour lui permettre d’avoir un jeu plus complet. En 2024, il sera premier choix de la draft. »

« UN MIX DE GIANNIS, GOBERT ET PORZINGIS »

Jean-Aimé Toupane, son coach au Centre Fédéral

« Victor Wembanyama est un joueur à fort potentiel, une pépite. Il a tout : la vitesse, il est intelligent, très mobile. Au Centre, il pourra s’étalonner face à des joueurs supérieurs. Il jouera face à des adultes. Cela l’aidera à grandir. Il faut qu’il murisse, c’est normal vu son âge. Sa grande force est qu’il est bon des deux côtés du terrain, il est très mobile pour sa taille, sur son poste, c’est impressionnant. Je trouve que c’est un mix de Giannis, Rudy Gobert et Porzingis. Il possède les qualités de ces trois joueurs, c’est pas mal quand même. »

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