jeudi 25 juillet 2024

Vincent Collet : « Redevenir l’équipe qu’on était à Tokyo »

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Un an après une Coupe du monde décevante, le sélectionneur des Bleus espère porter la France vers une nouvelle médaille olympique. Pour cela, il faudra retrouver une solidité et une efficacité défensive.

Dans votre sélection finale, verra-t-on trois meneurs purs ou pas ?

C’est en suspens au niveau des trois meneurs, mais c’est la solution qui a le plus de chances d’être retenue. C’est comme cela que l’on imagine l’équipe. Ça reste en suspens par rapport aux arrières comme Nando De Colo, Elie Okobo, Nadir Hifi. C’est à ce niveau-là qu’il y a une hésitation. Pour l’instant, on n’a pas tranché entre une formation à 3+1 et celle à 2+2. Nolan Traoré comme les autres partenaires d’entraînement est lui reparti. Mais on le garde dans un coin de notre tête. Tout est envisageable jusqu’à la date fatidique du 8 juillet.

Comment gérez-vous les sollicitations autour de Wembanyama ?

Je ne suis pas très inquiet par rapport à cela. La Fédération, le Comité Olympique Français ont pris des dispositions pour que l’on soit dans les meilleures conditions pour travailler avec sérénité. La présence de Victor augmente l’attractivité de l’équipe et l’attention qu’elle va retenir de tout le monde. Mais Victor est très concentré, très mobilisé. Il est focus sur la compétition.

Sur le plan sportif, comment concevez-vous le projet de jeu avec Wembanyama et les ajustements avec Rudy Gobert ?

Le projet de jeu penche déjà d’un côté du terrain ; la défense. Ma conviction qui est partagée par l’ensemble du staff est que notre futur dans la compétition, notre ambition ne pourra se réaliser qu’à condition que l’on soit une équipe défensive exceptionnelle. C’est ce que l’on a présenté aux joueurs. C’est une condition sine qua none. Si l’on parvient à atteindre cet objectif, la deuxième condition, c’est qu’on retrouve ce qui a fait l’identité du basket français depuis fort longtemps : c’est de pouvoir courir. Au-delà de Victor, les nouveaux joueurs et les profils que l’on a dans le groupe ont cette capacité de course ce que l’on ne faisait pas l’an passé. On veut le retrouver. Le troisième point, c’est l’interrogation autour de l’association entre Rudy Gobert et Victor Wembanyama. J’en parle beaucoup avec mes assistants. Kenny Atkinson me dit qu’aux Etats-Unis on considère que c’est très difficile d’avoir deux joueurs de plus de 2m15 qui jouent ensemble. Il reconnaît que Victor (Wembanyama) a cette capacité malgré tout d’avoir une mobilité qui n’est pas celle d’un joueur de 2m15. Elle peut lui permettre de réussir cette association. Pour que cela puisse fonctionner, on aura besoin sur le jeu de demi-terrain de beaucoup de mobilité et de mouvement de la part des autres joueurs pour tourner autour de nos tours jumelles. C’est important qu’on ait un jeu qui soit rapide.

« Risacher aurait dû faire partie du groupe… »

Pourquoi avoir écarté Killian Hayes et avez-vous eu des contacts avec les clubs des joueurs récemment draftés ?

Les joueurs draftés ne sont pas disponibles. Les franchises ont besoin à minima d’un match de Summer League qui démarre le 4 ou 5 juillet. C’est très compliqué au niveau du calendrier. Si on n’avait pas cette contrainte, Zaccharie Risacher aurait fait partie de ce groupe initial qui a commencé le 18 juin.

On était obligé de faire des choix. Killian Hayes a participé aux séquences que l’on a pu travaillées avec les autres joueurs européens. Il nous a semblé que, par rapport à ses concurrents, il était en retrait.

Quels enseignements avez-vous tiré de la dernière compétition ?

Beaucoup ! C’est ce qui nous a permis de construire cette préparation, le projet que l’on a pour l’équipe. On était devenu une défense moyenne. Lorsqu’on a obtenu des médailles lors des précédentes compétitions, on était toujours dans les deux ou trois meilleures défenses de la compétition. L’an passé, on était la 16ème ou la 17ème défense de la Coupe du monde. Le gap était vertigineux à tout point de vue, que ce soit sur les rebonds, les pourcentages accordés à l’adversaire. Beaucoup d’éléments montraient que l’on avait sombré à ce niveau-là. Aujourd’hui, on souhaite reconstruire autour de cela. Pour la préparation, on a constaté qu’en respectant à la lettre les consignes NBA on n’était pas en mesure de faire une préparation digne de ce nom. L’an passé, on n’avait fait que 20 jours d’entraînement ce qui n’est pas suffisant pour nous pour aller disputer une compétition internationale. On a aussi manqué de cohésion. Il faut travailler dessus. On le fait via le travail d’entretiens. On n’aura pas de résultats si notre équipe ne redevient pas ce qu’elle était à Tokyo.

Comment les joueurs se sentent-ils ?

La forme des joueurs est plutôt bonne. On a fait une batterie de tests physiques pour les évaluer. Certains joueurs qui n’ont pas fait les play-offs NBA ont arrêté mi-avril, d’autres au contraire ont arrêté beaucoup plus tard. Mathias Lessort pète la forme, il est au sommet et pourtant il ne s’est pas arrêté. Nando (De Colo) va beaucoup mieux, sa cheville est dans un bien meilleur état. Il a pu jouer.

Propos recueillis par Yohan Mouchon

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