lundi 15 juillet 2024

Vincent Lavenu (AG2R la Mondiale) : « Champoussin s’est fait berner par son agent »

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Vincent Lavenu est un manager qui s’attend à une grosse saison de la part de son équipe après une année 2022 décevante.

Le bilan : « Il n’y a pas eu assez de victoires »

« La saison passée, notre trentième, ne fut pas notre meilleure, mais elle a tout de même été intéressante à plusieurs titres. Et d’abord parce que nous avons réussi à gagner une étape (la 9ème) du Tour, seule équipe française dans ce cas (avec Bob Jungels), ce n’est pas rien. Et c’est encore plus appréciable que nous avons rapidement perdu Ben O’Connor, notre atout n°1 qui avait terminé 4ème en 2021, et ensuite tous nos grimpeurs à cause du Covid. »

« Même si nous étions en position d’espérer davantage au départ de Copenhague, dans ces conditions exceptionnelles, nous avons su serrer les rangs et aller chercher une victoire, jamais anodine sur la plus grande course du monde. Je retiens aussi la victoire de Cosnefroy sur le Grand Prix du Québec et de belles places d’honneur sur des World Tour significatives, sur le Dauphiné avec O’Connor (3ème) juste derrière Roglic et Vingegaard, sur l’Amstel Gold Race (2ème) avec Cosnefroy. Malgré tout, il n’y a pas eu assez de victoires, pas assez de points récupérés, même si les aléas des courses et de la saison nous ont offert énormément d’émotions fortes. »

Le recrutement : « Champoussin s’est fait berner par son agent »


« Depuis deux ans, nous n’effectuons pas de recrutement important car nous faisons con- fiance à un effectif que nous avons surtout souhaité renouvelé et fidélisé, en offrant des engagements financiers supérieurs, et en valorisant les jeunes issus de notre centre de formation à l’image de Bastien Tronchon qui a déjà une étape du Tour de Burgos tout en étant stagiaire, et qui a le potentiel pour être rapidement compétitif. Nous aurons donc une équipe jeune. Je n’oublie pas qu’historique- ment notre formation a eu beaucoup de satis- factions avec de jeunes coureurs. »

« On verra si nous parvenons à trouver un équilibre entre la jeunesse et l’expérience, mais le fait est qu’il s’agit aussi d’un phénomène global qui tend à responsabiliser de plus en plus tôt les talents. Nous nous devons aussi de faire confiance aux jeunes issus de notre centre de formation, ne serait-ce que pour ne pas les perdre. Nous en avons perdu trop ces derniers temps pour ne pas leur avoir proposé des contrats pros. On s’adapte aussi à la réalité du vélo. De ce recrutement, je regrette les conditions du départ de Clément Champoussin. »

« Je regrette que le dialogue ait été impossible avec un agent qui s’est complètement approprié son coureur en le détournant d’une équipe où il avait fait toutes ses gammes et où il aurait été largement possible de discuter des conditions de son prolongement. Il avait encore le temps de grandir et de prendre sa place chez nous. Clément a manqué de maturité, je ne lui en veux pas, il s’est laissé berner. Il a pris un gros contrat ailleurs (Arkéa Samsic), tant mieux pour lui… »

Les ambitions de 2023 : « Réapprendre à gagner… »

« Une fois de plus, il faudra briller sur le Tour, plus incontournable que jamais. On se doit de retrouver le goût de la victoire, de réapprendre à gagner. Avec Cosnefroy, O’Connor, Van Avermaet – même s’il est plutôt sur la pente descendante, son charisme fait du bien à l’équipe -, ou Parret-Peintre. On y tourne tellement autour depuis un certain temps – on a fait 3ème sur Paris-Roubaix, sur Liège-Bastogne-Liège, 2ème sur l’Amstel Gold Race et de Milan-San Remo -, qu’on va bien finir par gagner un Monument un jour ! »

« Sur le Tour, la présence de Pogacar, Bernal ou Vingegaard complique les choses, mais lorsque nous avons fait 3ème avec Péraud en 2014, personne ne nous attendait à ce niveau. Lorsque Bardet finit 2ème en 2016, est à 26 secondes du maillot jaune à deux étapes de la fin, avant le contre- la-montre, nous n’y sommes pas très loin. On s’était dit : peut-être que c’est possible… car dans le sport de haut niveau tout est parfois possible. On rêve forcément d’aller chercher cette victoire que tous les Français attendent depuis plus de trente ans. »

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