lundi 4 mars 2024

Zaïre-Emery décrypté : pourquoi le vestiaire le surnomme “le robot” ?

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Julien Huët
Julien Huët
Journaliste

Devenu titulaire indiscutable et déjà indispensable au PSG, Zaïre-Emery, le milieu de 17 ans est également devenu international. Tout va très vite pour le nouveau phénomène du football français.

Warren Zaïre-Emery est « fascinant » pour Kylian Mbappé. Selon Thierry Henry, il « dégage quelque chose à part ». « C’est un diamant pour nous », déclare pour sa part Luis Enrique, son coach au PSG. Quand le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps dit de lui :

« Il a cette précocité, ce quelque chose en plus : la maturité ». Le pire, c’est qu’on pourrait continuer encore longtemps cette énumération de louanges car Warren Zaïre-Emery fait bel et bien l’unanimité dans la planète football depuis le début de la saison. Devenu titulaire en Ligue 1 lors d’une fin de saison passée sans enjeu avec Paris, le gamin a pris les rênes du milieu de terrain du champion de France dès le début de cette saison.

Mi-septembre, sa prestation XXL au Parc des Princes contre le Borussia Dortmund (2-0) l’a encore plus propulsé sur le devant de la scène. Enorme dans son jeu box-to-box, il avait aussi été remarquable, mégaphone en mains pour fêter la victoire avec les supporteurs. Rien d’anodin pour ce Titi parisien, natif de Montreuil, licencié dans son enfance à Aubervilliers avant d’être repéré par le Paris Saint-Germain à l’âge de 7 ans.

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Repéré par le PSG à l’âge de 7 ans

Dix ans plus tard, il est devenu le joueur mineur le plus valorisé au monde (60 M€) selon les estimations du site référent en la matière, Transfermarkt. Cela n’a rien de surprenant pour Arsène Wenger. L’ancien mythique entraîneur d’Arsenal (19962018), désormais directeur du développement du football mondial à la FIFA, a estimé que le milieu parisien de 17 ans était un « un mix entre Pogba, Kanté et Vieira ». Rien que ça !

Entraîneur du PSG depuis le début de cette saison, Luis Enrique l’avait immédiatement repéré et c’est sans doute pour cette raison qu’il a poussé Marco Verratti vers la porte de sortie. Sur le terrain, il lui demande de la verticalité dans le cœur du jeu. Cet automne, en conférence de presse, il n’hésitait pas à s’enflammer au sujet d’un garçon qui continuait alors de le bluffer semaine après semaine :

« Je l’ai vu jouer la saison passée, dans le couloir, au milieu. Il est exemplaire, spectaculaire, je ne peux que remercier le PSG de nous fournir des joueurs de la sorte. C’est un exemple pour ceux qui veulent devenir professionnels. Son travail sur les machines, sa préparation, les études, en dehors des heures d’entraînement… Ce n’est pas normal pour un joueur de 17 ans d’avoir un tel planning. C’est un exemple à suivre au PSG ou pour toutes les autres équipes. »

Zaïre-Emery est surnommé le robot dans le vestiaire du PSG

Kylian Mbappé pourrait ressortir une nouvelle fois sans rire sa fameuse formule « lui, tu ne lui parles pas d’âge » tant elle sonnerait juste pour ce gamin de 17 ans qui semble déjà jouer et surtout se comporter comme un champion. Celui qui est surnommé « le robot’’ dans le vestiaire parisien avait justifié pleinement ce surnom lors d’une prestation énorme en Ligue des Champions, face à l’AC Milan (3-0).

L’entraîneur italien Stefano Pioli en avait été tout retourné : « C’est un joueur très jeune, mais qui semble très mature sur le terrain. Il est très complet, technique, avec une bonne qualité de passe. Il est très fort. »

Double passeur décisif, « WZE » avait commenté avec une grande humilité sa propre performance, évoquant même spontanément devoir regarder ce qu’il allait pouvoir améliorer. Car le jeune homme en veut toujours plus et regarde toujours devant. Son horizon le mènera probablement en Allemagne avec l’équipe de France l’été prochain.

Convoqué chez les Espoirs par Thierry Henry, et propulsé capitaine dès sa deuxième cape, le Parisien ne s’est pas éternisé dans cette catégorie, qu’il a quittée au bout de quatre matches pour rejoindre les A. Absolument rien de surprenant pour Thierry Henry, notamment dithyrambique au sujet de la sérénité et du charisme de Warren Zaïre-Emery :

« Je l’ai vu arriver au château de Clairefontaine. Sur l’escalier, on a l’impression qu’il est là depuis longtemps. Il a quelque chose à part. Maintenant, j’espère que tout va bien se passer pour lui. Mais cela faisait longtemps que je n’avais pas vu quelqu’un aller en A où j’ai trouvé que tout le monde était content. Tout le monde avait le sourire. Warren dégage quelque chose à part. Quand il rentre dans une salle ou quand il joue, même si ce ne sont pas des petits ponts ou des retournés, il dégage une sérénité qui devient contagieuse et tu as envie de le voir bien faire. »

Thierry Henry impressionné par le titi parisien

Les mots de Thierry Henry sont évidemment allés droit au cœur du Parisien, qui ne compte pas s’arrêter là : « Je suis allé voir Thierry Henry, il était très heureux pour moi et m’a rappelé que le plus important n’est pas d’être appelé en Bleus, mais d’y rester. C’est l’objectif que je me donne au quotidien et pour lequel je travaille. »

Milieu de terrain d’1m78, le numéro 33 du PSG est un joueur qui impressionne par sa polyvalence dans le cœur du jeu. S’il brille par ses longues courses ballon au pied pour casser les lignes, il est également diaboliquement habile pour trouver des partenaires démarqués dans les petits périmètres ou pour renverser le jeu à l’opposé par des transversales hyper précises.

Défensivement, son volume de courses phénoménal lui permet d’être très présent à la récupération. Associées à son impressionnante maturité, toutes ses qualités pourraient bien déjà en faire un titulaire avec les Bleus à l’Euro. Didier Deschamps, pourtant rarement dithyrambique sur les cas individuels, est bien l’un des rares à monter au créneau pour tenter un peu de calmer l’engouement médiatique et populaire :

« Vous aimez bien déclasser les joueurs. Vous voyez Warren déjà titulaire. Or, c’est déjà bien qu’il soit là avec nous. Je ne vais pas le traiter différemment des autres. Il y a quand même quelque chose à prendre en compte et je ne sais pas si c’est audible : le poids du maillot de l’équipe de France. Il y a des exigences particulières quand même. Qu’il s’agisse d’un joueur de 17 ans ou de 32, le principe est toujours le même : prendre confiance, se libérer, faire le mieux possible à titre individuel et pour l’équipe. Ensuite, la lumière est beaucoup plus forte quand tu joues en équipe de France. Et ça, il faut l’appréhender. »

Deschamps plus prudent sur Zaïre-Emery

Cela n’a pas semblé poser de problèmes à l’intéressé, buteur au bout de 20 minutes dès sa première sélection le 18 novembre dernier contre Gibraltar (140). Un but qu’il n’a malheureusement pas pu fêter, étant blessé à la cheville sur cette action.

Dans la foulée, le PSG communiquait sur une absence jusqu’au début de l’année 2024. Mais c’était sans compter sur la capacité de récupération et le mental de fer hors-normes du garçon, revenu sur les terrains trois semaines plus tard face à Nantes (2-1), le 9 décembre. Quatre jours plus tard, Luis Enrique le titularisait même à Dortmund (11) pour une rencontre cruciale. Et c’est lui qui marquait le but égalisateur décisif pour la qualification du PSG pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions. What else ?

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