mardi 23 avril 2024

Ça donne quoi les derbys du hand ?

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Dans les sports collectifs, les rivalités existent. Encore plus quand il s’agit des derbys. Mais qu’en est-il dans le monde du handball ?

Le derby est une rencontre entre deux communes voisines. Il suffit de regarder la carte de la StarLigue pour se convaincre qu’il y a quelques rencontres et des oppositions qui ne manquent pas de piment. Mais, contrairement aux idées reçues, elles ne sont pas aussi nombreuses que cela.

En région parisienne, le Paris Saint-Germain est pourtant hors catégorie malgré le peu de distance qui le sépare de Créteil ou d’Ivry. En effet, le PSG est l’équipe à battre dans toute la France et ce n’est pas que les formations franciliennes qui souhaitent réussir l’exploit de battre Paris. De l’aveu même des joueurs, le véritable derby de la région parisienne reste le match entre Créteil et Ivry. Ancien joueur du PSG et de Créteil, Nedim Remili a pu en juger.

« Dans le handball, je trouve que ce n’est pas si important par rapport à d’autres sports. Mais le Créteil-Ivry, de mon époque, c’était plus qu’important. Il y avait une rivalité naturelle. Déjà Créteil-Tremblay ou Créteil-Pontault, c’était chaud, mais le Créteil-Ivry, pour ma première année en pro, je l’ai connu. En plus, on était dans une phase de reconstruction. On se battait pour le maintien. »

Créteil-Ivry, un derby puissant dans le hand

« C’est le match qui m’a le plus marqué dans ma première saison dans le monde professionnel. Il y a eu un match entre les deux clubs avant la coupure, je sais l’énergie qu’a mis mon père (Kamel, manager général de Créteil, Ndlr) pour l’organiser. D’habitude, le Palais des Sports de Créteil est dur à remplir mais, sur ce match, c’était plein à craquer dans une ambiance de folie. Mon père était content de les avoir battus. Il y a une vraie rivalité. C’est la guerre. Ce sont en plus des clubs formateurs. Donc à tous les niveaux, ça se ressent. »

Ancien d’Ivry, Mahamadou Keita a croisé la route de Nedim Remili le Cristolien. Très souvent avec des jeux de corps très limites. Mais avec toujours le respect dû aux adversaires.

« Chaque derby est un match différent, explique-t-il. Il y a un surplus d’âme en plus. Il y a plus de détermination et d’engagement que les autres matches où l’on se donne à 100%. Il y a le public qui pousse. On n’a pas envie de faire plaisir aux adversaires. Ivry et Créteil, c’était la guerre sur le terrain. Mais j’avoue que la rivalité entre le Benfica et le Sporting, c’est au-dessus. On voit à quel point les supporteurs portugais le vivent intensément. Au Sporting, j’avais même reçu des crachats et des briquets à la mi-temps. Ils étaient dans un état second. Sur le terrain, tu veux tout donner. Les derbys restent spéciaux et tu ne veux pas perdre contre ton ennemi juré. Quand tu gagnes, c’est magnifique. »

« Gagner pour marquer notre territoire »

Depuis quelques saisons, Cesson-Rennes et Nantes font honneur aux derbys bretons, mais c’est encore loin de la force d’un derby entre Montpellier et Nîmes. Une rivalité historique à tous les niveaux qu’a pu connaitre le jeune Nîmois, Guéric Vincent.

« C’est différent. On rêve d’en vivre tout le temps. Ce n’est pas le même niveau en jeunes. Ce n’est pas la même ambiance. Il y a plein de choses qui changent. Avec les pros, on change de dimension. Ça donne envie de jouer et de tout faire pour aller gagner ce genre de match. »

Pour l’avoir connu avec le MHB, Ludovic Fabregas reconnaît que la concentration n’est pas la même quand Montpellier affronte Nîmes, surtout quand les deux équipes visent l’Europe.

« Il y a toujours un engouement autour des derbys. Et dans tous les sports. Pour avoir joué des Montpellier-Nîmes, il y a toujours un engouement particulier. C’est vraiment un match spécial. J’ai pu le comparer à Barcelone, j’ai pu voir que Granollers a rempli sa salle, chose qui est rare d’habitude. Il y a une saveur particulière. On veut toujours les gagner pour marquer les territoires et gâcher la fête quand c’est à l’extérieur. Et savourer quand c’est à la maison. »

En ProLigue, l’unique derby chaud reste Cherbourg-Caen. Quand chez les femmes, on retrouve des matches chauds entre Brest et Nantes, Nice et Toulon, mais également Dijon et Besançon. Avec, à chaque fois, l’idée qu’un derby, ça ne se joue pas, ça se gagne !

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