mardi 5 mars 2024

2023 : Peter Sagan et Wout van Aert très attendus

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Des espoirs de revoir un Français sur le podium à Paris à l’impuissance de Jérôme Pineau pour sauver son équipe, des retraites de Nibali, Dumoulin, Valverde ou Gilbert aux promesses de leurs jeunes prétendants, Evenepoel en tête, l’année 2023 ne ressemblera à aucune autre.

Attendus

On les attendait tellement haut en 2022 qu’ils nous doivent forcément une revanche en 2023. Ils, ce sont Peter Sagan, Mathieu Van der Poel et Thibault Pinot. Arrivé chez Bernaudeau pour rebondir et tirer TotalEnergies vers le haut, le triple champion du monde n’a levé les bras qu’à deux reprises sur une étape du Tour de Suisse et pour endosser le maillot de champion de Slovaquie. Après un premier Tour prometteur, en jaune pendant six jours, Van der Poel n’a toujours pas réussi à dompter la Grande Boucle. Son abandon lors de la 11ème étape laisse planer le doute. Est-il vraiment fait pour ça ? Pinot, lui, a déjà montré qu’il était l’homme des grands Tours. Mais après sa 3ème place de 2014, si elle est encourageante, sa 15ème de 2022 ne suffit pas pour rallumer la flamme. A 32 ans, le temps presse pour sa dernière saison.

Barème

Pour valoriser les grands Tours, mais aussi les Monuments, et équilibrer épreuves d’un jour et celles à étapes, l’UCI a modifié l’attribution de ses points. Ainsi, les trois grands Tours seront pourvoyeurs de davantage de points, pour le général comme pour les victoires d’étapes ou les classements annexes. Une catégorie spéciale a été créée pour les 5 Monuments avec plus de points à gagner que pour les épreuves d’un jour. Mondiaux, JO et autres épreuves de l’UCI World Tour comme de l’UCI ProSeries sont aussi réévaluées afin de valoriser le mérite sportif. Enfin, le classement qui détermine les attributions de licences tous les trois ans sera désormais calculé par le cumul des points obtenus par les 20 meilleurs coureurs de chaque formation (et non plus 10).

Championnats d’Europe

C’est dans la Province de Drenthe, aux Pays-Bas, qu’auront lieu les 29èmes Championnats d’Europe, avec 13 disciplines au programme, pour une compétition de plus en plus prisée, à l’instar des championnats de France et du monde. Le palmarès de ces dix dernières années le démontre avec les sacres des meilleurs sprinteurs du monde; Sagan, Kristoff, Trentin, Viviani, Nizzolo, Colbrelli ou Jakobsen l’an passé en Allemagne.

Démare

Vainqueur de trois étapes du Giro, d’une de la Route d’Occitanie, d’une autre du Tour de Pologne, Arnaud Démare a aussi levé les bras au Grand Prix d’Isbergues pour terminer 2022 en apothéose (7 succès) en remportant Paris-Tours, et ainsi d’être, pour la troisième année d’affilée le coureur français le plus prolifique sans pour autant faire mieux qu’en 2021 (9 victoires), 2020 (14), 2018 (9), 2017 (10) ou en 2014, son record (15), il confirme qu’il est bien un des principaux leaders du cyclisme français. A 31 ans, il attend toujours un challenger.

Evenepoel

Révélation de 2022, le champion du monde belge de 23 ans sera particulièrement attendu en 2023. Pas encore sur le Tour, mais sur le Giro, qu’il abordera en position de favori, avec trois c-l-m qui devraient lui permettre d’accrocher un deuxième grand Tour à son palmarès après la Vuelta. Avant de le grand saut en 2024 ? « Il faut avancer pas à pas » déclarait-il en fin d’année.

Français

En 2025, on fêtera les 40 ans de la dernière victoire française (Hinault) sur le Tour. Le cyclisme français a-t-il les moyens d’éviter de célébrer ce triste anniversaire ? Il ne reste que deux éditions pour ça, et peu de candidats au succès final. A moins d’un improbable sursaut de Pinot, d’une montée en puissance de Bardet, d’un concours de circonstances favorable à Alaphilippe, ceux qui s’en sont approchés le plus dernièrement, les regards se tournent vers la nouvelle génération, Gaudu en tête, Champoussin dans ses roues… « Le prochain vainqueur français du Tour est déjà né » prophétise Bernaudeau. De quoi éviter de fêter aussi les 50 ans ?

Glasgow

La première édition des Championnats du monde, nouvelle formule, se déroulera en Ecosse, à Glasgow, sur deux semaines d’août 2023, avec pas moins de 13 disciplines réunies sur une même compétition et un même lieu pour la première fois de l’histoire. Ensuite, ces Mondiaux newlook auront lieu tous les quatre ans, en été, l’année précédant les JO. En 2027, c’est la France qui accueillera ce nouveau grand barnum médiatique du côté de Sallanches en Haute-Savoie.

Hazebrouck

Après Cholet, c’est Hazebrouck, dans le Nord, qui accueillera les championnats de France, le 25 juin, avec un départ de la course sur route sur la Grande Place de la ville, avant de rejoindre le Mont Cassel, un parcours que connaissent bien les habitués des 4 Jours de Dunkerque, et qui n’évitera pas les secteurs pavés, à l’instar de la 4ème étape du dernier Tour entre Calais et Dunkerque. Sur ces 238,4 km, Florian Sénéchal a le profil pour conserver son maillot tricolore.

Italie

A 31 ans, Warren Barguil va disputer son premier Giro. Le coureur de chez Arkéa Samsic en a fait sa priorité de la saison l’année où le Tour d’Italie annonce un plateau exceptionnel avec les présences d’Evenepoel, Roglic, Carapaz, Almeida mais aussi Pinot, Barguil ou Geraint Thomas et Pedersen attirés par les caractéristiques d’un parcours très roulant.

Julian Alaphilippe

Sa saison quasi blanche, sans succès de prestige (2 victoires), la perte de son maillot arcen-ciel l’ont ramené dans le rang. S’il n’a peut-être plus les moyens d’aller chercher 12 victoires comme en 2018 et 2019, il les a encore d’ajouter un second Monument à son palmarès, et un troisième titre de champion du monde. Son retour sur le Tour sera également très attendu.

Kilos

Son profil de coureur complet, capable de gagner des sprints, des c-l-m ou en montagne est parfait pour mettre le feu et faire le spectacle. S’il veut viser le général, Wout Van Aert sait qu’il devra non seulement mieux cibler ses efforts, mais aussi affiner sa silhouette (77 kg) pour suivre les meilleurs, partout et tout le temps en montagne, sans perdre trop de puissance. L’énigme est difficile à résoudre, mais indispensable pour rivaliser avec les 65 kg de Bardet, les 61 d’Evenepoel ou les 66 de Pogacar.

Laporte

« Mon rêve ultime est de remporter Paris-Roubaix ! » C’est sur ces mots que Christophe Laporte a terminé une première saison chez Jumbo-Visma magnifiquement gérée avec cinq victoires à la clé et l’impression que le meilleur était à venir pour le Varois en 2023. Enfin décomplexé ?

Matériel

Seize marques de vélos sont représentées en 2023 sur le World Tour avec deux nouveaux venus, Bianchi chez Arkéa Samsic et Look chez Cofidis à la place de Canyon et de De Rosa. Avec trois équipes sous contrat, Specialized est la plus représentée. BMC (AG2R Citroën), Canyon (Alpecin-Deceuninck, Movistar), Bianchi (Arkéa Samsic), Wilier (Astana Qazaqstan), Merida (Bahrain-Victorious), Specialized (BORA-hansgrohe, Soudal-Quick Step, TotalEnergies), Look (Cofidis), Cannondale (EF Education-EasyPost), Lapierre (Groupama-FDJ), Pinarello (INEOS Grenadiers), Cube (Intermarché-Circus-Wanty), Cervélo (Jumbo-Visma), Scott (DSM), Giant (Jayco AlUla), Trek (Trek-Segafredo) et Colnago (UAE Team Emirates).

Noms

Trois formations ont changé de nom, et donc de maillots, en même temps que d’année. Celle d’Alaphilippe, Quick-Step Alpha Vinyl, devient Soudal-Quick Step, celle de Simon Yates, BikeExchange Jayco, devient Jayco AlUla et celle de Biniam Girmay, Intermarché Wanty Gobert Matériaux, devient Intermarché-Circus-Wanty.

Onze

En gagnant 49 courses en 2022, la formation belge de Patrick Lefevère, Quick-Step Alpha Vinyl, Soudal-Quick Step cette année, a terminé en tête du classement UCI pour la onzième année de suite. En 2012, c’est sous l’appellation Omega Pharma Quick Step que débutait une série qui a atteint son paroxysme en 2018 avec 73 bouquets.

Puy De Dôme

35 ans après son dernier passage, un an avant le 60ème anniversaire du célèbre duel qui opposa Poulidor à Anquetil sur ses pentes, le Tour arrive tout en haut du Puy de Dôme pour la 9ème étape au départ de Saint Léonard-de-Noblat, le 9 juillet, en quête d’un 14ème vainqueur, peut-être un second Français après Matignon en 1969.

Quatre

Mine de rien, avec AG2R Citroën, Cofidis, Groupama-FDJ et grâce à l’accession d’Arkéa Samsic, la France sera la nation la plus représentée en World Tour cette année avec quatre équipes, devant la Belgique avec trois représentants (Alpecin-Deceuninck, Intermarché-Circus-Wanty et Soudal-Quick Step), les Etats-Unis, deux (EF Education-EasyPost et Trek-Segafredo), et les Pays-Bas, deux (Jumbo-Visma et DSM).

Retraités

En perdant cette année Sonny Colbrelli, Vincenzo Nibali, Richie Porte, Alejandro Valverde, Philippe Gilbert et Tom Dumoulin, le peloton s’était rarement délesté d’autant de grands champions en même temps dans toute son histoire, des vainqueurs de Monuments et de grands Tours qui, du coup, rejettent dans l’ombre les retraites de Niki Terpstra, Alex Dowsett, Mikel Nieve ou Anthony Roux, Juraj Sagan, Cyril Lemoine, Stéphane Rosseto ou Asbjorn Kragh-Andersen et Pierre Rolland.

Slovène

En devançant Van Aert et Evenepoel, Pogacar a terminé en tête du classement UCI pour la deuxième année de suite. Il avait pris le leadership à Wout Van Aert en septembre 2021, après l’avoir eu pendant 8 semaines en juillet et août 2021. Désormais sur une série de 66 semaines d’affilée, il a déjà fait mieux que Peter Sagan (69 semaines dont 54 d’affilée entre 2016 et 2017).

Transferts

Si aucun grand leader n’a changé de formation cet hiver, certaines têtes d’affiche découvriront un nouvel univers en 2023 à l’instar de Tim Merlier chez Soudal-Quick Step, de Bob Jungels chez BORA-hansgrohe, de Tim Wellens et d’Adam Yates chez UAE Team Emirates, de Richard Carapaz chez EF Education-EasyPost, de Thymen Arensman chez INEOS Grenadiers, de Dylan Van Baarle chez Jumbo-Visma, de Fernando Gaviria chez Movistar et des trois plus significatifs pour les Français, Clément Champoussin chez Arkéa Samsic, Franck Bonnamour chez AG2R Citroën et Lilian Calmejane chez Intermarché-Circus-Wanty.

Ukrainien

La dernière recrue d’Arkéa Samsic pour étoffer son effectif en vue de sa montée en World Tour est un jeune de 20 ans qu’Emmanuel Hubert présente de la sorte : « Une promesse et une histoire ! » A 20 ans, Andrii Ponomar sera un des représentants ukrainiens dans le peloton 2023. Champion d’Europe juniors un an après Evenepoel, il a déjà deux Giro à son actif et un titre de champion d’Ukraine élite alors que sa mère et sa soeur ont dû s’exiler en Italie pour fuir la guerre, et laisser le père sur le front.

Vingegaard

Sa victoire dans le Tour fut aussi inattendue que la longue pause, inhabituelle, qui a suivi. Son retour à la compétition pour gagner deux étapes du Tour de Croatie, deux mois après son sacre sur les Champs-Elysées, a suscité autant de commentaires que de suspicions. En 2023, Jonas Vingegaard aura la double et lourde tâche de confirmer son talent et de rassurer ceux qui doutent de lui.

World tour

18 équipes sont au départ de la saison en World Tour, Arkéa Samsic et Alpecin-Deceuninck promues, remplacent Lotto Dstny et Israel-Premier Tech reléguées en Pro Teams d’où disparait malheureusement B&B Hotels-KTM de Jérôme Pineau et où on retrouve également 18 équipes dont une seule française, TotalEnergies.

X, l’inconnue bernal

Gravement accidenté en janvier, revenu à la compétition en mars sans parvenir à retrouver un niveau satisfaisant, de nouveau opéré d’une pathologie nasale en décembre, Egan Bernal ne gardera pas un grand souvenir de l’année 2022. Il a débuté 2023 par le Tour de San Juan fin janvier avec le Tour de France comme perspective et toujours cette interrogation : pourra-t-il redevenir le Bernal de 2019, vainqueur du Tour, celui de 2021, vainqueur du Giro ?

Yates

A 30 ans, le Britannique Adam Yates rebat les cartes de sa carrière en rejoignant UAE Team Emirates pour se mettre au service de Pogacar… et gagner un quatrième tour en quatre ans après celui de Croatie en 2019, des Emirats Arabes Unis en 2020, de Catalogne en 2021 et d’Allemagne en 2022 ? A défaut du Tour de France, programmé pour son leader, il rêve désormais du Giro ou de la Vuelta.

Zéro

Jérôme Pineau aura tout essayé, remué ciel et terre pendant des semaines et des semaines, jusqu’aux limites imposées par l’UCI, jusqu’à se rendre à l’évidence : les promesses faites par des partenaires rencontrées tout au long de cette année ne se concrétiseront pas. Même en Conti, le budget eut été insuffisant… Débutée en 2018 avec Vital Concept, l’aventure bretonne aura duré cinq ans et laissé autant de regrets que de coureurs sur le carreau, parmi eux Pierre Rolland qui aurait mérité une autre sortie. Tom Boissy

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