mardi 4 octobre 2022

3ème mi-temps, une tradition qui se perd dans le rugby

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Une tradition qui se perd intimement liée à l’esprit du monde de l’ovalie, la 3ème mi-temps perd un peu plus chaque année d’importance. Quand cette dernière ne souffre pas de fais divers, c’est avant tout le professionnalisme et l’évolution des réseaux sociaux qui semblent la freiner.

Depuis que le rugby est devenu un sport professionnel, en 1995, il y a une évolution voire une révolution à tous les niveaux, que ce soit au niveau du jeu, des stratégies, mais aussi des exigences sur et en dehors du terrain. Et cela peut se constater au niveau de la 3ème mi-temps.

Si, en amateurs, elle reste précieuse, on sent que chez les professionnels il y a désormais un fossé qui se creuse. C’est en tout cas le constat que fait Alain Gex, journaliste et auteur du livre, Secrets de 3ème Mi-temps (Edition de La Martinière).

« Je ne pense pas que ce soit compatible avec le monde professionnel. Le paysage a totalement changé. Les joueurs étaient, avant tout, des hommes. Maintenant, ils sont devenus des gens assistés. J’en veux pour preuve, les managers qui sont plus nombreux qu’avant. Les joueurs étaient plus livrés à eux-mêmes avant. Ils étaient moins bordés que maintenant. Le seuil est atteint. La professionnalisation dicte sa loi. On ne s’en sort plus. »

« Les joueurs sont plus assistés »

Et quand ce ne sont pas les faits divers comme le décès récent du joueur de Montauban, Kelly Meafua, mort noyé après une soirée plus qu’arrosée, ce sont les réseaux sociaux qui interviennent pour empêcher les joueurs de se lâcher comme les anciens avant eux.

« Je ne reconnais plus les joueurs et les hommes, explique Alain Gex. Les réseaux sociaux ont fait leur œuvre. Ils jouent les arbitres. J’ai le regret du temps qui passe. » Pour l’ancien journaliste de l’AFP, pas sûr que les histoires de 3ème mi-temps soient aussi intéressantes aujourd’hui.

« Il me serait plus difficile d’écrire mon livre. Plus rien ne filtre. A l’époque, j’avais fait un choix parmi un tas d’anecdotes. J’en étais le sélectionneur. Aujourd’hui, il n’y en a plus. C’est devenu problématique. Avec le téléphone portable, tout le monde serait au courant si un joueur déconne dans une soirée. A l’époque, on pouvait garder une histoire durant des semaines et des mois sans que ça ne filtre. C’est dommage. Je suis nostalgique de cette époque. »

Les temps changent et la 3ème mi-temps avec. Le rugby a de nouveaux codes, tout comme la société, reste à savoir si ceux du passé peuvent encore exister en étant compatibles. Pas si sûr.

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