jeudi 23 mai 2024

À Nancy, les symptômes d’une expérience en Starligue ratée

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

La première saison de Nancy en Starligue aura été bien difficile. La descente quasiment actée depuis leur défaite face à Dunkerque au soir de la 23ème journée. Cette première saison de l’histoire du club dans l’élite fut le symptôme d’un club pas encore tout à fait prêt pour l’élite.

Ils sont déjà passés à autre chose. En recrutant Rohan Conte Prat (24 ans), défenseur de Sarrebrouk où il tournait cette saison à trois buts par match, Maciej Zarzycki, demi-centre international polonais de Gwardia Opole, Benoit Deghaud, arrière gauche de Mulhouse, pour les deux prochaines saisons, en faisant signer son premier contrat pro à Thibaut Van Deik, pivot de 21 ans formé au club, en prolongeant ceux de l’ailier droit Théo Muller, blessé sur la deuxième partie de la saison, et du capitaine, l’emblématique Yann Ducreux (jusqu’en 2023), le GNMH n’a pas attendu l’officialisation de la relégation en Proligue ou son maintien sur le fil pour préparer l’avenir et compenser les départs déjà actés du pivot portugais Tiago Rocha (Cesson-Rennes), de l’arrière gauche islandais Elvar Asgeirsson (Esbjerg) et du demi-centre Aurélien Tchitombi, dispensé de sa dernière année de contrat.

Yérima Sylla arrive à Nancy pour relancer la dynamique

Surtout, en confiant les clés du camion à Yérima Sylla, ancien joueur international sénégalais, le président Hervé Alt a clairement affirmé sa volonté de ne pas lâcher l’affaire et de continuer à faire grandir son club. A l’ancien joueur de Dunkerque, Pontault-Combault et Livry-Gargan, qui a ensuite coaché Dunkerque (2006-2012), Cesson-Rennes (2014-2018) puis l’équipe nationale de Belgique à quatre reprises (2011, 2014, entre 2915 et 2018, enfin depuis septembre dernier) de remplacer Benjamin Braux, le coach de la remontée dans l’élite (20 ans après) qui ne sera donc plus là la saison prochaine. Libéré par ses dirigeants quand bien même il avait prolongé jusqu’en 2023, le futur coach de Saint-Raphaël analyse de la sorte cette saison bien difficile.

« Déjà, en raison de la crise sanitaire et de nos difficultés à recruter, notamment à trouver ce joueur d’expérience qui nous a fait défaut toute la saison, nous n’étions pas très bien placés sur la ligne de départ. » Malgré ça, malgré le fossé qui demeure, large et toujours aussi difficile à franchir pour les promus, entre la Proligue et la Starligue, Nancy n’a jamais démérité. « Nous n’avons jamais subi de gros écarts, toujours été en capacité de rivaliser jusqu’à la 50ème minute. Ce sont les dix dernières qui ont fait la différence. »

Les causes de cette première saison difficile des Lorrains sont à chercher dans cette incapacité chronique à bien gérer le money-time. Sportives, elles ont aussi à voir avec les structures, le fonctionnement et l’environnement d’un club qui n’avait plus connu l’élite du hand français depuis deux décennies (en 2002, il a fusionné avec le SLUC Nancy rétrogradé de D1 en N1 pour des problèmes financiers).

« Au club, plus personne ne connaissait la D1 »

« Au club, plus personne ne connaissait la D1, poursuit le futur ex-coach, et chacun a pu mesurer l’énorme écart qu’il y avait avec la Proligue. Après tant de temps passé en D2, et même si on a la légitime impression d’y avoir fait du bon travail, une fois en Starligue, ce n’est pas suffisant. »

En trois ans, avant de s’envoler vers Saint-Raphaël poursuivre sa propre progression, Benjamin Braux a tout de même beaucoup apporté au GNMH.

« J’espère que le club est plus fort aujourd’hui que quand je suis arrivé. J’ai oeuvré pour ça. La réserve était en N3, elle joue les premiers rôles en N2 aujourd’hui. J’ai mis en place un centre de formation et participé à la création de plusieurs emplois au sein de l’association. Nous sommes passés d’une salle de 2000 à une autre de 5000 places (palais des sports Jean Weille, Ndlr) et nous avons montré qu’on était capable de rivaliser en Starligue… pendant 50 minutes ! »

Ces dix minutes manquantes, essentielles, ce sera désormais à Yérima Sylla d’aller les chercher. Avec un groupe profondément renouvelé qui n’a aucune envie d’attendre 18 ans pour voir s’il est capable de tenir jusqu’à la 60ème minute…

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