mardi 25 juin 2024

Cyclisme : Adam Hansen veut humaniser le peloton

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Après 13 ans comme coureur professionnel (T-Mobile, High Road, Colombia-HTC, Omega Pharma-Lotto, Lotto-Soudal), l’Australien Adam Hansen (42 ans) ne manque pas d’activités, notamment après avoir repris une licence en amateur chez les Autrichiens du WSA KTM Graz, mais surtout en ayant pris la succession de Gianni Bugno, à la présidence du CPA (Cyclistes Professionnels Associés). Le recordman aux 20 participations successives sur les grands Tours (Giro, Tour, Vuelta) revient sur son nouveau rôle. Entretien pour Cyclisme magazine et Le Quotidien Du Sport.

Comment se passe votre vie depuis votre retraite des pelotons en 2020 ?

Ma nouvelle vie se passe surtout du côté de la société Leomo où je suis Data analyste. C’est une société qui est spécialisée sur l’analyse des performances de différents sports et athlètes. J’y fais un gros travail. Je suis aussi depuis le mois de mars le président du CPA (Cyclistes Professionnels Associés, Ndlr). C’est vraiment un honneur. Ça demande également du temps et de l’implication au quotidien. A côté, je continue d’être un coureur au sein de l’équipe autrichienne du WSA KTM Graz.

Je fais certaines courses car j’aime vraiment le vélo et je ne me sentais pas capable de couper complètement. On avait un deal à la fin de ma carrière. J’y avais débuté et j’avais promis d’y revenir. C’est sympa d’être aux côtés de jeunes coureurs même si je ne peux pas courir comme je le voudrais avec mes différentes activités professionnelles.

J’essaie maintenant de m’impliquer au maximum avec le CPA en étant à la pointe de l’intérêt des coureurs et notamment sur la protection et la santé des cyclistes professionnels.

Adam Hansen veut humaniser le cyclisme

Etait-ce important pour vous de rendre à votre sport ce qu’il vous a donné au moment de vous présenter comme président du CPA ?

Le cyclisme est un sport difficile et il faut protéger ses acteurs que sont les coureurs. Il y a tellement à faire. Ça demande un travail en commun avec les équipes et les organisateurs des courses. Il est important que les coureurs sachent qu’ils peuvent compter sur une voix forte qui peut les représenter et qui comprend surtout leurs problèmes au quotidien.

Au moment où le cyclisme mondial évolue avec de nombreuses courses et un calendrier de plus en plus lourd, sentez-vous que les coureurs ne sont pas assez entendus ?

Le monde professionnel a évolué depuis mes débuts. Il faut remettre l’humain au centre des débats. Quelquefois, c’est compliqué d’avoir leurs opinions. C’est pour cela que je peux m’appuyer sur mes connaissances et sur un petit groupe de coureurs qui ne manquent pas de me faire des retours pour s’éviter des quiproquos ou des protestations comme il y a eu par le passé.

Que pensez-vous de votre carrière ?

(Sourire) J’en suis fier. Je suis heureux de ce que j’ai réalisé et jamais je ne m’en serais cru capable. Après, il est difficile de mettre en avant un souvenir plus qu’un autre. J’en ai tellement ! A la limite, les victoires ont forcément une saveur particulière, mais je n’ai pas envie de les mettre en avant. Je veux surtout parler de l’environnement que j’ai connu. J’ai eu la chance de connaître de grandes équipes, des gars sympas, des coéquipiers fantastiques… C’est plus cela dont je me souviens. Maintenant, ça me permet de profiter de cette expérience pour les représenter.

« Il faut remettre l’humain au centre des débats »

Avec 28 participations aux trois grands Tours, dont 20 consécutifs entre 2011 et 2018 et toujours terminés, pensez-vous pouvoir être une inspiration pour les jeunes en étant le symbole d’un coureur qui n’abandonnait jamais ?

(Il réfléchit) Je l’ai surtout ressenti au fil des ans que je continuais à enchaîner les grands Tours ; Il y avait vraiment du respect ; Il y avait de jeunes coureurs à la fin de ma carrière et ils étaient toujours à la recherche de conseils, notamment pour connaître mon secret de longévité et ma préparation. Je sentais dans leurs yeux qu’ils savaient que j’étais le mec qui venait de faire une année à trois grands Tours. Ça m’a toujours motivé à l’idée de continuer à être un exemple pour qu’ils se dépassent et indirectement que je me dépasse aussi.

Quelle est votre relation avec la France et les courses françaises ?

C’est le pays du cyclisme dans le monde avec la plus grande course, le Tour de France. C’est le top pour les coureurs d’y venir. Finir le Tour de France est quelque chose d’unique au monde. Tous les coureurs rêvent de participer au Tour de France et quand on arrive à gagner une étape, c’est encore plus fort. L’image des avions de la patrouille de France avec la fumée tricolore, sur les Champs-Elysées, c’est spécial. Sans oublier les autres courses comme Paris-Nice, le Dauphiné… Il y a tellement de belles courses uniques et spéciales pour moi.

Tout comme boire une bière dans la montée de l’Alpe d’Huez !

(Rires) Je n’étais pas un fan de la montée, j’avais besoin de me rafraichir.

Pour finir, quelle est votre ambition avec le CPA?

Je veux surtout tout faire pour aider les coureurs à ne plus connaître de chutes graves ; Je vais tout faire pour les représenter. Je suis à leur service. Le cyclisme professionnel demande tellement de sacrifices. Certains viennent de loin pour réussir. Et de plus en plus jeunes. C’est important d’être à leurs côtés. Ils ont besoin d’une voix et je vais être cette voix. J’espère faire un bon travail et je ferai tout pour.

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