jeudi 23 mai 2024

Argent, guerre d’égos, individualisme… Comment on a tué l’arbitrage français

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Que faut-il attendre pour avoir un arbitrage français au niveau ? Cela fait une décennie que les Fautrel, Duhamel et Lanoy ont quitté le rectangle vert. Ils ont laissé une nouvelle génération prendre la relève et qui symbolise la déconnexion des arbitres avec les aspects fondamentaux du football.

C’est un sujet qui brûle les lèvres depuis des semaines mais qui vit un malaise depuis des années. L’arbitrage français dans son conservatisme le plus pur et d’une guerre d’égo qui ne s’arrête jamais a réussi la plus mauvaise saison dans l’élite depuis bien longtemps. La faute à une gouvernance à deux têtes qui n’a jamais trouvé son rythme de croisière.

Ni Stéphane Lanoy aujourd’hui licencié par la FFF et réputé proche des Présidents, ni Anthony Gauthier fraîchement retraité des terrains et en charge de l’arbitrage pour la LFP n’ont à faire évoluer les choses. C’est aussi le symbole de deux institutions qui n’arrive pas à mettre en commun leurs ressources et connaissances au profit de la Ligue 1. La crise de l’arbitrage professionnel symbolise en réalité une pyramide et une politique de l’arbitrage à revoir de fond en comble.

Et ce pour éviter une nouvelle déconvenue. Au-delà de la performance des clubs français sur la scène européenne, que dire de nos arbitres de Ligue 1 sur la scène européenne ? Clément Turpin a arbitré la finale de la Ligue de Champions au stade de France en 2022, François Leteixier était celui de la demi-finale aller entre le City et le Real.

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Des égos et des individualités hors connexion

Depuis trop longtemps, la maison de l’arbitrage français souffre des égos des uns et des autres dans un univers impitoyable. Alors que les salaires des arbitres de Ligue 1 n’ont jamais été aussi élevés, chacun pense à sa petite carrière sans pour autant faire progresser les directives.

Le nombre d’erreurs cette saison en Ligue 1 et sans commune mesure avec les années précédentes. Sans oublier toutes les différences d’interprétations et d’utilisation du VAR par des arbitres très aléatoire sur le sujet.

La faute à une désignation toujours partisane des arbitres avec le car du VAR. Une anomalie que personne n’avait soulevé auparavant mais qui durait depuis trop longtemps. Si les arbitres français n’ont pas une grande popularité auprès des supporters, ils ont réussi à susciter le mécontentement permanent des arbitres de Ligue 1.

Mieux encore, la différence de statut au sein de l’élite de l’arbitrage provoque des tensions et une arrogance bien française. Alors que le rôle de l’arbitre est d’assurer la tenue du jeu et le respect des règles, il en est aussi celui du spectacle. Il suffit de comparer les matchs européens et la Ligue 1 pour s’en rendre compte.

Leteixier, le symbole d’un arbitrage à deux vitesses

François Leteixier a symbolisé bien malgré lui la dichotomie qui existe entre l’arbitrage à la françasie et celle de l’UEFA. D’ailleurs, les spécialistes du football ne s’y sont pas cachés quand il a fallu y voir une comparaison bien malade des hommes en noir de l’Hexagone.

Presque parfait, Leteixier a eu le mérite de suivre et laisser le jeu se dérouler. Quoi de mieux pour le spectacle. Mieux encore, il a su avec sagesse mener son match de bout en bout et cela est à saluer. Reste que sur la scène nationale, nous assistons à une toute autre musique. Deux salles, deux ambiances à vrai dire et ce n’est pas terminé. Que dire de la suite des événements quand il faudra mettre en avant le flop de l’arbitrage français sur cette saison 2023-2024 ?

Reste que, la sonorisation prochaine des arbitres en Ligue 1 est une excellente nouvelle. Encore faut-il ne pas forcer le trait de la transparence des paroles. Nul doute que certains arbitres ne vont pas y voir d’un bon oeil.

En revanche, c’est peut-être la mesure la plus emblématique pour remettre l’arbitrage français au bon coup de sifflet.

Une politique de l’arbitrage à revoir de bas en haut

Du district au plus haut niveau du football français, c’est un travail important qui attend l’ensemble des dirigeants du foot français. Si les districts suivent les consignes fédérales et régionales, il n’en demeure pas moins que chacun peut agir à son niveau.

Reste à savoir qui veut faire quoi dans cette filière si particulière de l’arbitrage. Il ne s’agit pas de condamner l’ensemble de la chaîne mais bien d’y associer les meilleurs éléments pour apporter plus de légèreté dans la relation entre les arbitres et tous les acteurs de terrain.

Pour cela, il faudrait que clubs et arbitres puissent participer à des ateliers communs pour mieux se connaître et analyser ensemble lois et situations de jeu. Créer du lien entre les clubs et la grande famille de l’arbitrage ne serait-ce que renforcer les opérations comme cela est le cas aujourd’hui.

Malgré que la journée nationale de l’arbitrage soit un bon outil, il en reste un moyen limité pour renforcer une certaine cohésion au service du football.

L’arbitre n’est pas le patron mais un manager du jeu. Et c’est bien la différence. Il est là pour assurer le spectacle et l’intégrité du jeu et des acteur. En l’occurrence, il doit se mettre à hauteur d’homme pour mieux appréhender son match et le mener comme un chef d’orchestre qui distribue la partition de règlement dans la bonne mesure.

Diriger une rencontre demande aussi des ressorts psychologiques et mentaux de bonne qualité. Trop peu de formation continue manque aux arbitres, faute de ressource pour les hommes en noir à tous les niveaux sauf au sommet. Il faudrait pour fidéliser cette famille et accueillir de nouveaux membres, une nouvelle dynamique pour protéger le football d’un désastre humain qui n’en vaut pas la peine.

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