lundi 24 juin 2024

Arthur Anquetil et Chambéry, une histoire d’amour familale

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

A 26 ans, l’ailier gauche de Chambéry Arthur Anquetil perpétue la réussite familiale.

Dans le microcosme du petit monde du handball, le nom Anquetil est bien connu. Il y a eu Frédéric, le père, l’ancien capitaine de Montpellier. Grégory Anquetil, l’oncle, l’ancien double champion du monde en 1995 et 2001. Et maintenant Arthur ! » Ce nom m’a aidé. Mon père jouait. Il m’emmenait aux entraînements et aux matches. On regarde, on perçoit, on comprend. On reproduit ensuite. Je n’ai pas commencé le handball tôt, vers 11 ans. Mais, assez vite, je me suis mis au niveau des autres. J’avais emmagasiné des choses dans le cerveau et en images mentales depuis ma jeunesse ».

Et Arthur Anquetil de pointer le travail spécifique de son père. « J’ai eu la chance d’avoir mon père comme formateur. Il était mon entraîneur au centre de formation à Montpellier. Il ne me lâchait pas. J’ai appris énormément. Il m’en demandait davantage à moi qu’à d’autres. Je me suis développé rapidement. J’ai acquis des ressources et j’ai signé professionnel dans la foulée ». Né à Montpellier, l’ailier gauche ne s’est pourtant jamais vraiment imposé dans l’équipe fanion.

« Je suis lucide. A l’époque, j’étais trop immature. Je n’avais pas un niveau assez important pour jouer à Montpellier. Avec les ambitions de ce club, je ne pouvais pas espérer être et supporter ce poste de 2ème ailier gauche. Aujourd’hui, il y a deux stars internationales sur le poste (Descat et Pellas, Ndlr). Je n’en étais vraiment pas là à l’époque. Je n’étais pas prêt. Je n’en veux pasà Patrice Canayer. Un retour à Montpellier un jour ? Pourquoi pas. Je ne m’interdis pas de rêver. Mais à Chambéry je suis très épanoui. C’est comme une deuxième famille. »

Arthur Anquetil et Chambéry, une histoire de famille

Ayant prolongé jusqu’en 2023, cette décision a découlé d’une motivation forte : « Après deux ans à Chambéry, je n’avais pas encore gravé mon nom dans l’histoire du club. Je voulais aller plus loin. Je tenais à signer un nouveau contrat pour imprégner mon âme dans ce club. C’est ce qui est en train de se passer ». Avec des progrès significatifs cette saison.

« J’ignore si c’est mon meilleur début de saison. Cependant, je gagne en maturité et en expérience. Je saisis mieux les subtilités. Je suis moins enfantin. Je suis surtout plus constant. J’espère que cette régularité va perdurer. Avant, je pouvais faire de bonnes choses, mais elles ne s’inscrivaient pas dans la durée. Ma maturité m’a fait gagner en régularité. Je dois rester focus sur cette ligne-là ».

L’intéressé n’oublie pas de donner du crédit à Erick Mathé : « Avec lui, tout est carré, cadré et pensé. C’est aussi grâce à cela que j’ai gagné en maturité. Le côté rigoureux d’Erick m’a fait me ranger dans un moule plus professionnel. Maintenant je fais un métier. Je vais tous les jours au charbon pour aligner les performances et pour ne pas m’arrêter. »

Et l’Héraultais de naissance d’imaginer la fin de saison pour le club savoyard : « On combat contre des équipes qui visent les places européennes. On va être une équipe à abattre, mais j’aime cela. »

« Être la meilleure version de moi-même »

« Car quand on est outsiders, mais à abattre, on est plutôt bons. Quand on a peur, souvent on se transcende. Nos capacités sont alors décuplées. Je n’ai pas de doute sur la qualité de ce groupe à faire une belle deuxième partie de saison. L’objectif est de finir dans les cinq. L’an dernier, on a fini 7ème et le 6ème était qualifié pour la Coupe d’Europe. J’espère qu’on ne va pas revivre cela… Le but est de disputer cette Coupe d’Europe. Si je suis venu à Chambéry, il y a quatre ans, c’était pour m’ancrer dans ce projet-là ».

Et qui sait. Cette belle dynamique collective et individuelle l’aidera peut-être à se rapprocher de l’équipe de France« Représenter son pays reste le Graal. Mon objectif reste le même : être la meilleure version de moi-même. Si cette version peut atteindre l’équipe de France, j’en serai très heureux. Il y a énormément de monde et de talents au poste. Ce n’est pas en réussissant une demi-moitié de saison qu’on peut l’espérer. Je veux déjà garder ce cap, augmenter encore mon degré de performance. Pour l’instant, je reste dans le travail. Je pense aux Bleus… de loin, mais ils restent dans un coin de ma tête ». L’histoire serait alors belle pour Arthur Anquetil. De quoi rendre fiers ses glorieux aînés.

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