jeudi 25 avril 2024

Aussi redoutable que volcanique, Aurelio De Laurentis (Naples), un président qui ne laisse pas indifférent

NAPLES - BARCELONE (21H)

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NAPLES – BARCELONE (21H)

Président du Napoli depuis 2004, Aurelio De Laurentiis a construit sa richesse grâce au foot, mais aussi, et surtout, grâce au cinéma. Dans l’univers du ballon rond, il apparaît comme un personnage excentrique et clivant. Pas plus tard qu’il y a deux jours, le septuagénaire a encore fait des siennes. 

Sur le toit de l’Italie la saison passée, le Napoli de De Laurentiis est actuellement 10ème. Et le président en est déjà à deux entraîneurs limogés. Après Rudi Garcia, c’est désormais Walter Mazzarri qui passe à la trappe. Le 7 février dernier, De Laurentiis répondait à un journaliste en conférence de presse : « Mais tu crois que je vais chercher un autre coach ? […] A partir du 18, il aura toute l’équipe et tu pourras lui dire qu’il est bon ou pas bon […] Nous sommes en février, on verra en avril

Résultat : le 19 février, au lendemain d’un match nul 1-1 à domicile contre le Genoa, De Laurentiis évince Mazzarri. À deux jours d’un match important contre le FC Barcelone (manche aller des huitièmes de Ligue des Champions), c’est un choix aussi fort qu’excentrique.

Un caractère bien trempé

Connu pour ne pas avoir sa langue dans sa poche, il s’est emporté plus d’une fois devant les médias. Comme lorsqu’il balance à un journaliste, « Je vais vous frapper si vous continuez ! », il y a de ça une dizaine d’années. Et ce n’est clairement pas la seule personne qu’il a insultée, ou menacée.

De Laurentiis a également fait preuve, à bien des reprises, d’un franc-parler qui défraye la chronique. Notamment lorsqu’il parlait de Rudi Garcia et de son échec à la tête de l’équipe, en début de saison. « Lors de son dernier match je lui ai fait savoir qu’il faisait trop d’erreurs et il m’a dit “laisse-moi faire”. […] À la mi-temps, je lui dis : “Qu’est-ce que tu fous ? Tu veux vraiment être viré ?”. […] Puis ça s’est passé comme j’avais prévu et une fois le match terminé, je lui ai dit de se faire foutre », a-t-il raconté en conférence de presse, début février.

Au fil des années, le natif de Rome n’a cessé d’être un personnage clivant, avec son lot de détracteurs. Notamment au sein des supporters napolitains. Les tifosi du Napoli rappellent d’ailleurs assez souvent à De Laurentiis, au travers de chants, qu’il est Romain, et pas Napolitain.

En Europe, De Laurentis est aussi connu pour être très dur dans les négociations. Le PSG qui payé le prix fort pour Cavani, Lavezzi ou Ruiz, est bien placé pour le savoir. Il sait ce qu’il veut. A l’image de la prolongation d’Osimhen pour mieux partir, contre plus de cent millions d’euros.

S’il ne fait pas toujours l’unanimité, personne ne peut lui enlever son charisme. Cheveux gominés, il a le style des mafieux italiens dans les films, et personne ne lui marche sur les pieds. En parlant de films, c’est d’abord avec ça qu’il a connu, et continue de connaître le succès.

De Laurentiis a fait fortune dans le cinéma…

Et ce succès, c’est en tant que producteur de cinéma qu’il l’a obtenu. Il est à la tête de la société Filmauro, lancée en 1975 par son père Luigi, et lui-même. Au vu du nombre mirobolant de films produits depuis son décollage (plus de 400), et des récompenses qui en ont découlé, il ne serait pas étonnant de voir Aurelio davantage intéressé par le grand écran, que par le rectangle vert. Avec des comédies sur Noël ou encore des films comme Per amore, solo per amore, ou Manuale d’amore, le septuagénaire a glané de nombreux prix. Entre autres, 15 David Di Donatello (les Oscars italiens), 50 Biglietti d’Oro (récompensant les meilleurs films au box-office italien), et même 7 Nastri d’Argento (prix décernés par des journalistes).

…Et connaît désormais la gloire dans le foot

Son plus beau trophée, il n’est pas dans le cinéma, mais dans le foot. Au printemps dernier, De Laurentiis remporte son premier Scudetto (championnat) à la tête du SSC Napoli. Une délivrance pour les tifosi napolitains, qui attendait cet exploit depuis 33 ans. Le club du Sud-ouest de l’Italie n’avait plus remporté le championnat domestique depuis 1990, avec les prouesses d’un certain Diego Armando Maradona.

Sinon, De Laurentiis n’a eu que trois Coupes d’Italie à se mettre sous la dent (2012, 2014, 2020), et une Serie C (2006), deux après sa reprise du club, alors au bord de la faillite. Avec son âme d’entrepreneur, de leader et d’homme dur mais bon en affaires, il a donc réussi à rendre au Napoli sa grandeur. Alors qu’il vient de nommer Francesco Calzona (un ancien du club) à la tête de l’équipe, De Laurentiis montre qu’il fait attention à la santé du club, et qu’il ne veut laisser aucune place à l’échec.

Depuis 6 ans maintenant, De Laurentiis est aussi le propriétaire de l’AS Bari (qu’il a renommé en SSC Bari). Après sa faillite, le Romain reprend le club, et le remonte de la Serie D à la Serie B.

Adrien VIRICEL

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