samedi 2 mars 2024

Benjamin Bourigeaud, le baromètre du Stade Rennais

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Julien Huët
Julien Huët
Journaliste

Pour remonter au classement et passer en Coupe de France face à l’OM, le Stade Rennais va avoir besoin rapidement d’un très bon Benjamin Bourigeaud, le baromètre de l’équipe bretonne.

Rennais depuis 2017, prolongé en septembre jusqu’en 2026, le milieu de terrain, Benjamin Bourigeaud est l’un des cadres du club breton. Un temps proche de l’équipe de France, il est assurément l’un des meilleurs joueurs du championnat de France, quand il est à son meilleur niveau. Auteur d’une première partie de saison très moyenne, l’ancien joueur de Lens devra hisser son niveau pour ramener Rennes vers le haut.

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Avec 45 matches en moyenne par saison depuis son arrivée à Rennes en 2017, Benjamin Bourigeaud (30 ans) est l’un des joueurs les plus utilisés en Europe depuis plusieurs années. Cette saison encore, il était parti sur des bases élevées puisqu’il n’avait raté à mi-parcours que les deux dernières journées de la phase aller en raison d’une blessure à la cheville.

Le natif de Calais a toutefois vécu une drôle de mésaventure au cœur de l’automne quand Julien Stéphan, fraîchement revenu au club pour prendre le relais d’un Bruno Genesio épuisé, l’a destitué du brassard de capitaine au profit de Steve Mandanda.

Bourigeaud légende de Rennes ?

« C’est une légende du club, « Bourige », depuis le temps qu’il est là et tout ce qu’il représente, a expliqué le coach. Mais j’ai estimé c’était une décision à prendre. Steve a de l’expérience et a longtemps été capitaine à Marseille. Ce n’est absolument pas contre Benjamin, bien au contraire. » Que veut dire ce « bien au contraire » un brin énigmatique ?

Que Bourigeaud, intronisé capitaine l’été dernier après le départ d’Hamari Traoré (puis vice-capitaine derrière Steve Mandanda) à la Real Sociedad, s’est trop dispersé dans ce rôle ? L’intéressé n’en a pas fait une affaire d’état :

« Je ne vais pas vous dire ce qu’on s’est dit, mais ça a été plusieurs échanges constructifs avec beaucoup de respect de part et d’autre ; Je lui ai donné mon ressenti, il m’a donné le sien. Je lui ai laissé le choix, je n’ai pas mon mot à dire. Il a pris sa décision après plusieurs échanges avec moi. Moi je lui ai dit que ce n’était pas un poids et que, quoi qu’il arrive, mon rôle ne changerait pas. Que j’ai le brassard ou non, je défendrai les couleurs du club au maximum comme je l’ai toujours fait ».

Un vice-capitaine légitime

Il l’a prouvé immédiatement en étant buteur et passeur lors du match d’après face à Reims (31) offrant alors ainsi au Stade Rennais son premier succès en Ligue 1 depuis quasiment deux mois. Rien de surprenant pour un joueur habitué à empiler les actions décisives. En 2021/2022, avec 12 buts et 16 passes décisives toutes compétitions confondues à la fin de l’exercice, il avait même tapé à la porte des Bleus pour la Coupe du monde au Qatar.

Préconvoqué en Bleus lors de l’automne précédent, il n’avait malheureusement jamais été retenu par le sélectionneur. De quoi crier à l’injustice ? Certains le font pour lui tant son profil, sa polyvalence et son état d’esprit exemplaire auraient mérité de lui offrir au moins une chance au niveau international.

Mais, une fois encore, Benjamin Bourigeaud n’est pas du genre à monter au front : « Comme je l’ai toujours dit depuis le début, à partir du moment où tu n’es pas sélectionné, c’est que tu dois redoubler d’efforts pour l’être », avaitil expliqué dans l’émission Rothen s’enflamme sur RMC.

« Son esprit d’équipe est précieux »

Joueur le plus décisif du Stade Rennais ces trente dernières années, il fait l’unanimité en Bretagne où il est considéré comme une source d’inspiration pour les jeunes, un joueur humble et dévoué pour son club. « Son esprit d’équipe est précieux dans un groupe et même en dehors », vantait Bruno Genesio à son sujet. Son ancien entraîneur appréciait particulièrement sa capacité à jouer juste et à faire briller les autres.

Cette saison, Bourigeaud se classe à la 95ème place des joueurs qui dribblent le plus en Ligue 1. Etonnant pour un milieu porté vers l’avant ? Pas vraiment pour ce défenseur d’un football simple, doté d’une qualité de passe impeccable facilitée par son excellente vision du jeu. Formé au Calais Beau-Marrais, il avait intégré le centre de formation voisin du RC Lens et disputé son premier match à 18 ans, alors que Lens évoluait encore en Ligue 2.

Un joueur respecté à Rennes

Recruté par Rennes en 2017, il a fait partie de l’équipe qui a marqué l’histoire du club breton en lui offrant son premier trophée depuis 1971, la Coupe de France 2019. Buteur en quarts, passeur décisif en demi, il a été titulaire lors de la finale remportée contre le PSG (2-2, 6 t.a.b à 5). Une émotion qu’il rêve de revivre avec le Stade Rennais (qui affrontera Rennes au Roazhon Park en 16èmes), un club auquel il est très attaché, mais qu’il avait réfléchi à quitter l’été dernier :

« Je n’étais pas dans la certitude de vouloir quitter le club. J’avais aussi envie de continuer à écrire l’histoire avec Rennes ». Pour le plus grand bonheur des supporteurs bretons.

Balloté de poste en poste par Bruno Gébésio en début de saison, le Breton d’adoption a eu du mal à montrer son meilleur visage. Pour permettre au club, de rêver, notamment d’un exploit contre Milan en Ligue Europa, il sait qu’il doit faire mieux. Et il n’a jamais déçu.

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